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BRANCHE DE SUEZ

A la date du 1*' juillet, la navigation sur la branche de Suez était interrompue depuis deux mois par suite des eaux basses du Nil.

L eau qui avait été ménagée avec le plus grand soin dans le dernier bief, près de Suez, n'étant plus renouvelée, c'est-à-dire se trouvant stagnante au milieu de terrains jadis saturés de sel, et qui n'étaient pas encore suffisamment délavés, était devenue saumâtre ; et la population de Suez, qui avait joui pendant quelques mois des bienfaits d une grande abondance d'eau douce, se trouva de nouveau condamnée à la ration restreinte des arrivages par chemin de fer. De nouvelles démarches instantes furent renouvelées auprès du Vice-Roi pour l'exécution la plus prompte possible de la prise d'eau du Caire et de la portion de canal que le Gouvernement s'était engagé à construire par la convention du 18 mars 1863.

L'eau douce arriva enfln de nouveau à Suez dans les derniers jours de Juillet; mais elle ne se trouvait pas encore assez abondante dans le canal pour permettre une bonne navigation sur toute sa longueur. La navigation, qui avait dû être momentanément interrompue sur la branche principale pour fournir de Teau à la branche de Suez, avait été rétablie. Comme la ville de Suez était maintenant convenablement alimentée et qu'il importait surtout alors d'assurer une bonne navigation sur la branche principale, où l'on avait à effectuer de nombreux transports pour l'évacuation d'une partie des énormes approvisionnements du magasin d'ismaïlia, la navigation jusqu'à l'extrémité de la branche de Suez ne put être rétablie qu'un peu plus tard.

342 HISTORIQUE DE l'exÉCDTION DES TRAVAUX

BATIMENTS ET ADRIS

Tous les bâtiments qui étaient encore en cours de construction au commencement de l'année furent terminés quelques mois plus tard. L'installation de la Compagnie se trouvait maintenant complète sur toute l'étendue de la ligne des travaux. On n'avait plus, pour le moment du moins, à entreprendre de nouvelles constructions ^ Par suite même de la simplification des services et de la réduction du personnel de la Compagnie à la suite des marchés d'entreprises de travaux, on put mettre à la disposition des entrepreneurs un certain nombre de maisons d'habitation afin de leur éviter une partie des difficultés de la première installation et de leur faciliter ainsi la prompte mise en train de leurs travaux.

Ateliers de Port-Saïd. — Les ateliers de Port-Saïd, à la date du 27 juin 1864, furent cédés en location, au prix de 50.000 francs par an, à MM. Borel, Lavaliey et C'*, chargés, par leur marché d'entreprise du 26 mars de la même année, de l'exécution des travaux du lot de Suez du canal maritime.

Quelques mois plus tard, MM. Borel, Lavaliey et C'*, par l'un des articles de leur nouveau marché du 22 décembre, les chargeant également des travaux du lot de Port-Saïd, furent exonérés, à partir de leur prise de possession des ateliers (t" octobre 1864) du paiement du prix de location primitivement stipulé.

ALIMENTATION d'eAU DOUCE DES CHANTIERS

Première conduite d'eau douce entre Umailia et Port-Saïd. — .Ainsi qu'il a été mentionné précédemment, la conduite d'eau, à la fin de Tannée 1863, n'était encore arrivée qu'au kil. 34 du canal maritime.

La pose de la dernière partie de la conduite éprouva des retards par suite de cette circonstance que certaines parties de la berge Afrique du canal maritime, sur laquelle la conduite était installée, ne se trouvaient pas encore assez tassées ni consolidées pour permettre la pose des tuyaux.

Au commencement de février, l'eau arrivait tout près de Ras-el-Ech à 16 kilomètres de Port-Saïd. La conduite avait été utilisée, à mesure de son avancement, pour l'alimentation des chantiers de travailleurs échelonnés le long du canal sur tout son parcours.

Les travaux de la conduite d'eau furent achevés le 9 avril et Teau fut distribuée dès le lendemain dans la ville de Port-Saïd au moyen de cinq bornesfontaines. Un réservoir d'une contenance de 500 mètres cubes se trouvait sur le point culminant du seuil d'El-Guisr et un réservoir d'une contenance de 700 mètres cubes à Port-Saïd.

Deuxième conduite d'eau douce entre Ismaïlia et Vîlot du Cap. — Dès les premiers mois de l'année, c'est-à-dire peu après l'achèvement de la première conduite d'eau, la nécessité avait été reconnue de pourvoir au moyen d'une conduite spéciale aux besoins des chantiers de terrassements du seuil

1. Le Président de la Compagnie, dans son rapport à l'Assemblée générale des actionnaires du 6 août 1864, donnait le renseignement suivant :

On élevait en ce moment au centre de l'isthme, à Ismaïlia, où déjà la Compagnie avait fait construire une mosquée, la principale église catholique, destinée à remplacer une chapelle provisoire. En mettant ce sanctuaire sous l'invocation de Saint François de Sales, la Compagnie avait respectueusement obéi à un désir exprimé par Sa Majesté l'Impératrice Eugénie, si bienfaisante pour elle, et dont la protection constante et éclairée avait été l'un des éléments providentiels du succès de l'entreprise.

d'ElGuisr, dont les travaux avaient été donnés à l'entreprise le 1" octobre 1863 (entreprise Couvreux), afin de laisser à la conduite déjà posée toute sa puissance d'alimentation au-delà du Seuil. On reconnut un peu plus tard, pendant les études, l'avantage qu'il y aurait à prolonger cette seconde conduite jusqu'à l'îlot du Cap situé à peu prés à mi-distance entre Ismaïlia et Port- Saïd.

En conséquence, un nouveau marché fut passé le 15 décembre 1864 avec U. Lasseron pour l'établissement d'une deuxième conduite d*eau entre Ismallia et l'Ilot du Cap.

Par ce nouveau marché, l'entrepreneur s'engageait :

D'une part, moyennant le prix à forfait de 1.418.736 francs : 1* à établir •entre les deux points ci-dessus désignés une seconde conduite d'eau parallèle à la première, en communication avec elle et capable de débiter par vingtquatre heures un cube supplémentaire de 550 mètres cubes, soit, en tout, 900 mètres cubes ; 2* à faire à l'établissement hydraulique d'Ismaïlia lesmodiâcations nécessaires (simple changement des pompes), pour lui permettre de satisfaire au service des deux conduites ;

D autre part, à continuer à ses frais, risques et périls, l'exploitation de la seconde conduite avec celle de la première pendant une période d'au moins trois années à partir de la date fixée pour l'achèvement des travaux (15 mars 1866), et à fournir l'eau à la Compagnie sur un point quelconque du parcours aux prix de 1 fr. 10 pour les 200 premiers mètres cubes, 1 fr. 25 pour les 100 mètres suivants jusqu'à 300 mètres, et 1 franc pour toutes les quantités excédantes. Un débit de 400 mètres cubes par jour était assuré à l'entrepreneur.

TRANSPORTS MARITIMES

Mouvements de la rade de Port-Saïd. — Le mouvement de la rade pendant Tannée a été de 487 navires jaugeant ensemble 82.111 tonneaux.

Le mouvement total depuis l'origine des travaux jusqu'à la fin de 1864 s'est trouvé être ainsi de 1.601 navires jaugeant ensemble 260.116 tonneaux.

On jugera de l'amélioration annuelle des moyens de déchargement à Port- Saïd par les chiffres du tableau suivant :

TABLEAU DES NOMBRES DE JOURS PENDANT LESQUELS, CHAQUE MOIS, PENDANT CHACUNE DES ANNÉES 1861 A 1864, LA RADE A ÉTÉ CONSIGNI^E

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Novembre

Décembre

Totaux par année

34i HISTORIQUE DE l'EXÉCUTION DES TRAVAUX

Accident de rade. — Le 11 janvier régna sur la rade une tempête du nord-est.

Un navire français, de 209 tonneaux, venant de Marseille, chargé de machines, était amarré à un corps mort. Pendant la nuit, un Tort coup de vent de nord-est se déclara et renforça de plus en plus, avec grosse mer. Le navire fatiguait beaucoup et ne pouvait filer de sa grosse chaîne pour allonger son amarrage parce quMl avait dû se résigner à la couler, pour éviter Tabordage d'un navire arrivé la nuit précédente et filant droit sur lui. Vers deux heures du matin, la chaîne du corps-mort cassa sur le guindeau. On mouilla les ancres de poste, mais les petites chaînes de ces ancres cassèrent à leur tour et le navire fut jeté à la côte à 5 Idlomètres dans Touest de Port- Saïd.

Vente de la flotte de la Compagnie et suppression du service spécial de transports maritimes. — Ainsi quMI a été expliqué précédemment, la possession d'une flotte n'avait été aux yeux de la Compagnie qu'un moyen d'assurer les transports dans des cas urgents et de permettre en même temps de peser sur le marché pour obtenir de meilleures conditions de fret; mais cette exploitation d'une flotte étant extrêmement coûteuse, la Compagnie avait la ferme intention, dés que les circonstances le permettraient, de se défaire de sa flotte et de supprimer par là même le service des transports maritimes.

Aussi, et bien qu'alors les transports de pierres du Mex fussent encore en pleine activité, tous les navires de la Qolte furent-ils vendus dans le courant des mois de juillet à octobre 1864 ; et, comme conséquence, le service maritime fut-il peu après supprimé.

Grâce à l'abri que présentait déjà à cette époque le port de Port-Saïd pour les navires de petites dimensions et à l'amélioration des moyens de déchargement, on avait la certitude que les a£frétements, devenus plus faciles, suffiraient seuls désormais pour répondre à tous les besoins ^

TRANSPORTS A L*INTÉRIBUR

Les transports à l'intérieur continuèrent de se faire en 1864 dans les mêmes conditions que l'année précédente.

Pendant la saison des eaux basses du Nil, un service de messageries par chalands remorqués à l'aide de chameaux fut établi par les soins et au compte direct de la Compagnie entre Zagazig et Ismaîlia. Ce service était très onéreux.

Sur la branche de Suez du canal d'eau douce, la navigation fut interrompue pendant plus de deux mois. Toutes les barques de l'entrepreneur des transports, Hadgi Selim, se trouvèrent bloquées à Suez sans pouvoir rendre

1. Dès la fin d'août, tous les navires à voiles de la flotte avaient été vendus. La Compagnie s'était d'ailleurs également débarrassée depuis plusieurs mois, en se résignant à une forte perte, du navire à vapeur Albert. Elle n'avait donc plus, alors, en activité que le vapeur Le Joseph^ qui ne rendait que de faibles services et dont l'exploitation était très onéreuse. L'Administration supérieure hésitait à autoriser le désarmement et la vente de ce dernier vapeur dans la crainte que la Compagnie ne se trouvât ensuite h la merci des armateurs pour ses communication.^ entre Alexandrie et Port-Saïd. Le Directeur général des travaux ayant été laissé libre de se défaire du navire s'il était assuré de po.uvoir le faire sans courir le danger signalé, le désarmement et la vente du Joseph eurent lieu dans les derniers jours d'octobre.

aacun service, la Compagnie ayant néanmoins à en payer la location. Ce ne fut qu'en août que les barques purent regagner le canal d*eau douce.

APPROVISIONNEMENTS DE DENnÉES

Par décision du 19 mars 1864, une indemnité temporaire fut allouée aux employés en raison de la cherté exceptionnelle des subsistances.

Gr&ce au développement du commerce libre dans l'isthme, la Compagnie atait pu, dès Tannée précédente, réduire progressivement ses opérations en ce qui était de la vente des denrées alimentaires, objets d'habillement et de ménage, mobilier, etc. Le magasin de Toussoum avait été supprimé à la fin de ladite année. Au commencement de 1864, les magasins de Ras-el-Ech et d'El Guisr furent supprimés à leur tour; plus tard, à la date du 15 août, le magasin de Chalouf. La Compagnie n'avait plus à sa charge les fournitures de vins et de viande de boucherie ; elle cessa bientôt d'exploiter directement les quelques boulangeries qu'elle avait jugé prudent de conftrver.

La suppression complète des contingents égyptiens à partir du 1*' juin 1864 devait avoir pour conséquence naturelle la suppression du service de l'intendance générale qui avait été créé principalement en vue d'assurer les approvisionnements de toute nature de ces grandes agglomérations d'ouvriers. La réalisation de cette importante réforme fut immédiatement commencée; elle ne pouvait évidemment être achevée qu'après la liquidation de toutes les opérations engagées.

Dans le courant d'août, le directeur général des travaux, d'accord avec l'intendant général, fit opérer la vente sur place, à moitié prix des tarifs des magasins, c'est-à-dire avec un quart de perte environ sur les prix d'achat, des denrées alimentaires, ustensiles de ménage et objets mobiliers qui existaient encore en approvisionnement dans les magasins. Cette vente fut faite d'abord en faveur des agents de la Compagnie, puis en faveur des agents des entrepreneurs. Les objets restants furent vendus aux enchères publiques.

La liquidation de l'ancien service des approvisionnements et transports fut complètement terminée dans le courant de septembre, et l'intendant général cessa ses fonctions le 5 octobre.

A la fin de l'année 1864, l'alimentation de tous les chantiers de l'Isthme se trouvait entre les mains du commerce privé. La concurrence était suffisante pour donner satisfaction à tous les besoins et pour maintenir les denrées et toutes les choses nécessaires à la vie à des prix raisonnables, compte tenu de la cherté générale de la vie en Egypte.

La Compagnie ne conservait que les deux grands magasins de Port-Saïd et d'ismaîlia à l'usage exclusif des travaux qui s'exécutaient en régie.

CONTINGENTS ÉGYPTIENS

Les contingents égyptiens furent supprimés dans le courant de mai 1864.

Nous rappellerons en peu de mots les circonstances à la suite desquelles eut lieu cette suppression (voir, pour plus amples détails, t. I, p. 207) :

Le Président de la Compagnie, en faisant connaître à l'Assemblée générale des actionnaires dans sa réunion du 1*' mars 1864, tous les faits et incidents qui s'étaient produits depuis la réunion précédente et la situation actuelle des choses, put annoncer que le Vice-Roi avait déclaré s'en remettre complètement à l'empereur pour régler amiablement et définitivement toutes les questions en litige entre le Gouvernement égyptien et la Compagnie, et que Sa Majesté avait bien voulu se charger personnellement de la suprême décision sur toutes ces questions.

La sentence impériale fut rendue le 6 juillet 1864. Elle fixait, entre autres.

346 HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX

rindemnité due à la Compagnie par le Gouvernement égyptien pour la sup* pression des contingents.

Le Président, dans son rapport à TAssembiée générale des actionnaires du 6 août 1864 donna, au sujet de la suppression effective des contingents, les quelques explications suivantes :

Pendant les trois premiers mois de Tannée, le chiffre moyen des contingents mensuels fournis par le Gouvernement n*avait pas dépassé 12 à 13.000 hommes; puis Timportance du contingent avait continué à décroître jusque dans le courant de mai, époque à laquelle la Compagnie avait fait prévenir le Gouvernement égyptien qu'il pouvait retirer tous les ouvriers des contingents.

TRAVAUX ACCESSOIRES

Télégraphe électrique. ~- Prolongement jusqu'à Suez de la ligne télégraphique d*Ismaïlia à Toussoum.

La longueur totale de la ligne dlsmaïlia à Suez avec branchement sur Toussoum était de 95 kilomètres.

A la date du 1*' juillet, le réseau télégraphique de Zagazig à Ismaîlia, Port- Saïd et Suez était complètement terminé et fonctionnait de la manière la plus satisfaisante. Il comprenait 10 postes télégraphiques.

SERVICE DE SANTÉ DU \^' JUIN 1864 AU i*' JUIN 1865

(extrait du rappoht du médecin en chef)

Le climat de TEgypte avait semblé reprendre son état normal ; on n'avait pas eu les variations de Tannée précédente. L'été avait été plus sec sans être plus chaud et l'hiver avait été doux et tempéré ; la pluie avait été peu abondante à Port-Saïd, rare dans l'Isthme, nulle à Suez ; il n'y avait pas eu de vents violents; le khamsin qui avait été si persistant jusqu'en juin 186i n'avait fait que quelques apparitions en 1865. Le climat n'eut donc pas une influence particulière sur la santé générale dans l'Isthme pendant l'année 1864-1865.

Circo fisc rip lion de Poi^t-Saïd. — Le service s'étendait sur une longueur de 30 kilomètres, de Port-Saïd au kil. 30 du Canal maritime. Deux médecins et un pharmacien étaient chargés du service à Port-Saïd; un médecin à Ras-el-Ech (kil. 15). Pour l'ensemble de la circonscription, il y avait 38 lits. La santé générale s'était améliorée.

Les principales causes qui influaient régulièrement sur la santé générale à Port-Said étaient les suivantes : remblais de la ville, alimentation, habitations :

Remblais. — Les remblais du terre-plein de la ville avaient continué de progresser. L'expérience avait démontré combien il importait de faire disparaître les flaques d'eau qui entouraient certaines maisons, et formaient des foyers d'infection, et de niveler les remblais pour éviter l'entassement des immondices dans les dépressions du sol. Les eaux du lac étaient restées généralement assez basses par suite du peu de hauteur de la crue du Nil, et cette circonstance avait été favorable à la santé générale.

Alimentation. — La Compagnie ne s'occupait plus des approvisionnements et le commerce libre avait suffi aux besoins.

Il y eut dans l'alimentation une amélioration sensible. La viande, cependant, fui quelquefois peu abondante par suite de Tépizootie et du manque d'arrivages pendant Thiver. On n'eut vraiment à se plaindre que de la cherté des vivres. Cette plainte était d'ailleurs générale, non seulement dans l'Isthme, mais dans toute l'Egypte.

Il existait heureusement à Port-Saïd un excellent aliment dont les Grecs surtout faisaient grand usage : c'était le poisson du lac, très abondant et d'excellente qualité. Le vin ordinaire était de bonne qualité et d'un prix modéré. L'abus des alcools paraissait avoir diminué.

Habitations. — Les ouvriers, les marchands et les industriels arrivant & Port-Saïd plus rapidement que ne se construisaient les maisons, il y avait eu encombrement, ce qui, pour les européens, était aussi fatal que de coucher en plein air.

L'humidité, dans les rares maisons dont le sol n'était pas encore remblayé, était aussi une cause d'insalubrité.

Circonscription de Kantara, — Le service s'étendait sur une longueur de 30 kilomètres, du kil. 30 au kil. 60 ; il était fait par un médecin et un aide< pharmacien. 11 y avait 15 lits.

L'alimentation fut pendant quelque temps difficile : la Compagnie, ayant admis la liberté du commerce, avait supprimé le magasin de Kantara; comme, jusque-là, la concurrence n'existait pas, vu le petit nombre d'européens en résidence fixe, les denrées étaient rares et d'un prix excessif. Le commerce privé étant venu enfin s'installer à Kantara, le campement se trouva dès lors convenablement approvisionné.

La circonscription de Kantara continua de rester une des plus salubres et où la santé générale était des meilleures.

Circonscription cTEl Guisr. — Le service de santé s'étendait sur une longueur de 15 kilomètres, du kil. 60 au débouché du canal dans le lac Timsah. U était fait par deux médecins et un pharmacien. 11 y avait 21 lits.

La santé générale avait été satisfaisante.

Un fait assez curieux fut constaté : la présence sur le Seuil, bien que l'hiver n'eut pas été pluvieux, de quelques cas de fièvre intermittente et même pernicieuse qui, tous, cédèrent rapidement au sulfate de quinine.

Circonscription (Vlsmdilia. — Le service de santé comprenait, indépendamment de la ville d'ismailia, le canal d'eau douce jusqu'à Maxama et la dérivation de Suez jusqu'au kil. 5. 11 était fait par deux médecins, un pharmacien et un économe. Il y avait 30 lits pour européens et 12 lits pour arabes.

La ville était largement arrosée par un système de conduites qui portaient l'eau dans chaque habitation et permettaient d'y établir des jardins potagers et d'agrément.

Les denrées n^arrivant pas directement à Ismaîlia comme à Port-Saïd, leur prix était très élevé. La viande avait parfois fait défaut. Pendant l'étiage du canal d'eau douce, l'eau étant demeurée stagnante dans les puits alimentés par les conduites avait subi des altérations sensibles auxquelles on remédia en faisant curer les puits.

L'état sanitaire d'ismaïlia resta dans des conditions normales jusqu'en janvier (1865) ; mais, en février, les maladies ordinaires commencèrent à prendre des foimes plus graves, surtout sur les nouveaux arrivés : calabrais, dalmates, bretons et grecs. Des maladies commencées en Europe et inconnues sur les chantiers de l'Isthme se manifestèrent : on eut des cas de fièvre pernicieuse, des fièvres à type rémittent, des gastro-hépatites et des gastro-cépha- Iites;les dysenteries et les diarrhées étaient plus rebelles; ces affections cédaient difficilement aux traitements les plus actifs. De ]dus, on avait affaire à des gens nouveaux, non acclimatés, adonnés à l'ivrognerie et d'une constitution affaiblie par le climat ou par des privations antérieures. Bref, pendant les quatre premiers mois de 1865, la mortalité fut de 2,50 pour 100; elle était néanmoins peu élevée par rapport au nombre des malades.

Circonscription de Toussoum. — Le service de santé comprenait le canal maritime depuis le lac de Timsah jusqu'aux lacs Amers et la branche de

HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX

Suez du canal d'eau douce depuis le kil. 5 jusqu'au kil. 45. Il était fait par deux médecins et un pharmacien. Il y avait 12 lits pour les européens et 8 lits pour les arabes.

Le campement principal était établi au Sérapéum.

Dans les premiers temps de Tinstallation il y eut une insuffisance complète de logements pour les nombreux ouvriers européens et arabes qui affluaient sur les chantiers, et il en résulta un encombrement à la suite duquel se produisirent des fièvres typhoïdes. Les malades durent être évacués, ainsi, momentanément, qu'une partie du campement. A la suite de mesures d'hygiène et de salubrité qui furent prises, les maladies disparurent et Tétat sanitaire du campement devint satisfaisant.

Pour les causes générales déjà indiquées, l'alimentation y laissa souvent k désirer.

Au Sérapéum, comme cela avait eu lieu à Ismaïlia pendant l'hiver 1862-1863 et pour la même cause, il se produisit un fait d'épidémie de dysenterie et de pneumonie chez les nègres et les barbarins. Ce qui prouvait le caractère épidémique, c'est que, dans les autres chantiers, la mortalité chez les nègres avait été à peu près nulle.

Pendant les quatre premiers mois de 1865, la mortalité fut de 2,65 0/0. Tou> tefois, comme à Ismaïlia, ce taux de mortalité était peu élevé par rapport au nombre des malades.

Précédemment, il n'y avait eu sur le chantier que des indispositions ou des maladies peu graves.

Circonscriptions de Chalouf et de Suez. — Le service de santé de Chalouf comprenait le canal maritime, depuis l'entrée du petit lac Amer, et le canal d'eau douce depuis le kil. 45, l'un et lautre jusqu'au kil. 80 du canal d'eau douce. 11 était fait par un seul médecin. Il y avait 30 lits pour les européens et 20 lits pour les arabes.

Le service de santé de Suez comprenait le canal maritime et le canal d'eau douce depuis le kil. 80 du canal d'eau douce jusqu'à la mer. 11 était fait par un seul médecin. Il y avait 6 lits pour les européens.

La santé générale des travailleurs fut excellente dans les deux circonscriptions.

TABLEAU DE LA MORTALITÉ DANS l'iSTHME ET SUR LE DOMAINE DE l'oDADY

PENDANT l'année 1864-1865

Dans V'htkme Européens

POPULATION

TOTALE

MORTALITÉ

PROPORTION loun 100

Arabes sédentaires

Vans VOuady Fellahs et bédouins —

* L'épidémie des nuiis eieeptée.

•* Tout compris.

Dépenses de la Direction générale des travaux et situation générale des travaux à la fin de l'année 1864.

Nous croyons utile de faire connaître quelle était, à la fin de Tannée iH64, c'est-à-dire au moment où cessait la période d^exécution des travaux, d'abord en régie intéressée jusqu'à la fin de i862, puis en régie directe par la Compagnie, pour faire place à la période d'exécution par voie d'entreprises, la situation de la Direction générale des travaux au double point de vue des dépenses et des travaux exécutés.

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