PENDANT LA PÉRIODE DE JUIN 1865 A JUIN
(extrait du rapport du PRKSIOENT de LA COMPAGNIE A l'aSSEHBL^E GÉNÉRALE DES ACTIONNAIRES DU 1<^^ AOUT 1866)
PORT DE PORT-SAÏD
Les plans primitifs du port avaient été modifiés comme il est indiqué ci-dessous :
D'après ces plans primitifs — on le savait — le chenal creusé à travers la plage devait être protégé par deux jetées parallèles distantes Tune de l'autre de 400 mètres. Dans les nouvelles dispositions adoptées, la jetée Ouest n'était modifiée ni comme emplacement ni comme longueur; mais la jetée Est avait son enracinement reporté à une distance de 1.400 mètres de la jetée Ouest, et, de là, se dirigeait obliquement vers ladite jetée, s'arrètant provisoirement de Jiiçon à laisser une entrée d'une largeur de 700 mètres. Par cette disposition on constituait un vaste avant-port en forme d'éventail dans lequel les dragues continuaient à creuser le chenal d'accès du port. Ce chenal présentait déjà une ligne d'eau de 4 à 5 mètres de profondeur sur une largeur variant de 60 à 80 mètres.
D'un autre côté, au lieu du grand bassin unique primitif destiné au stationnement des navires arrivant pour traverser le canal, la surface d'eau intérieure était distribuée de manière à créer, à côté d'un bassin principal réservé aux navires en transit, des bassins latéraux pour le commerce local.
Ces changements ne devaient entraîner ni augmentation de dépense ni retard dans l'exécution.
Entreprise Dussaud frères. — Les entrepreneurs étaient arrivés à mettre en place trente blocs par jour. A la date de la dernière Assemblée des actionnaires, ils avaient à peine commencé à jeter des blocs à la jetée Ouest, à la suite de Tappontement. La jetée, élevée jusqu'au-dessus du niveau de Teau, atteignait maintenant les fonds de 6 mètres, créant ainsi un précieux abri pour les navires ne calant pas plus de 5 mètres. Depuis quelques mois, la jetée Est marchait en même temps que Tautre jetée.
Entreprise Borel, Lavalley et (?*. — Tout en poursuivant l'approfondissement du chenal extérieur, les entrepreneurs avaient imprimé une grande activité aux travaux de creusement du grand bassin du port.
Ce grand bassin était précédé par un chenal d'entrée faisant suite au chenal longeant la jetée Ouest. Ledit chenal d'entrée avait une largeur de 50 mètres et une profondeur de 5 à 6 mètres. L'entrée même du grand bassin était ouverte sur toute sa largeur de 200 mètres avec la même profondeur de 5 à 6 mètres, et une grande partie de la superficie du bassin pouvait déjà recevoir des bâtiments de 4 à 5 mètres de tirant d'eau. La nécessité de laisser l'espace libre aux dragues et aux porteurs qui emportaient les déblais à la mer était le seul obstacle qui s'opposât encore au stationnement de tous ces navires.
C'était par Port-Saïd, maintenant, grâce à la voie navigable existant d'une mer à l'autre, que tous les chantiers recevaient leurs approvisionnements.
CANAL MARITIME DE PORT-SaÏD AU LAC TIMSAH
Les travaux de cette première partie du canal avaient été consacrés pendant toute la durée de la dernière campagne à Télargissement et et l'approfondissement de la voie navigable entre Port-Saïd et le lacTimsah. L'objet des efforts communs avait été de créer, dans toute cette étendue, un chenal
dont la section fût suffisante pour laisser passer, à destination de la partie sud du canal, les grandes dragues complètement montées. Il s'agissait, en même temps, d'assurer à la navigation la liberté de ses mouvements au milieu des dragues et des machines employées à la construction du canal. Enfin le travail en question tendait à frayer la voie au transit des marchandises que la Compagnie était en train d'organiser d'une mer à l'autre.
Ce fut d'ailleurs au courant de la campagne de travaux que furent adoptés par la Compagnie les profils à grande largeur à la traversée de tous les terrains bas du parcours du canal.
Entreprise Borel^ Lavalley et C'. — A la date de la dernière Assemblée générale des actionnaires, MM. Borel, Lavalley et C*" n'avaient pu encore employer aux travaux que le matériel mis à leur disposition par la Compagnie. La construction des logements de leur personnel, leurs installations, ne faisaient que commencer. Leurs efforts pour amener sur les chantiers de terrassements des ouvriers de tods les pays avaient été momentanément entravés par Tépidémie de choléra qui avait régné dans l'Isthme.
Au mois d'octobre (1865) les travaux avaient pu être repris avec vigueur; les ouvriers, rassurés, revenaient. Le matériel ancien fut approprié aux nouvelles méthodes de travail ; le matériel nouveau, livré aux entrepreneurs. Le nombre des dragues mises en feu s'était augmenté rapidement à mesure que les chenaux, s'approfondissant, permettaient de les amener sur les chantiers.
Les installations des entrepreneurs étaient maintenant complètes. Tous les essais, les perfectionnements de leur matériel neuf, étaient terminés. Ce matériel leur était presque entièrement livré. Trente-deux dragues, tant anciennes que nouvelles, creusaient la portion de canal considérée, les unes versant leur déblais dans les bateaux à vapeur qui les portaient en mer, les autres, par de moyens
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et longs couloirs déposant directement les déblais sur lesberges ; de ces dernières dragues, un certain nombre déblayaient les bords du canal tandis que d'autres travaillaient au milieu et creusaient à toute profondeur.
Chantier de régie (TEl Ferdane et entreprise Couvreux. — Pendant que les 60 kilomètres du canal étaient ainsi vigoureusement attaqués à la drague, la tranchée du seuil dTI Guisr était élargie et approfondie, savoir : sur une longueur de 6 kilomètres, par le chantier de régie d'El Ferdane : sur la longueur restante de 9 kilomètres, par l'entreprise Couvreux.
Le chantier de régie avait terminé ses déblais à sec. Il ne lui restait plus à enlever que les déblais sous Teau qui étaient dragués au moyen de cinq excavateurs marchant jour et nuit.
M. Couvreux, complètement organisé depuis plus d'un an, poussait de son côté très activement ses travaux.