OBSERVATIONS GÉNÉRALES
Les chantiers de travaux, déjà organisés, lors de la précédente réunion de TÂssemblée générale des actionnaires, sur toute la ligne du canal maritime, n'avaient pas tardé à sortir partout de la phase des installations préparatoires.
Dès le mois de décembre (1866), le canal d'eau douce, curé par les soins du Gouvernement égyptien, laissait passer les grandes dragues destinées à achever le creusement du canal maritime entre le lac Timsah et la mer Rouge. Parmi ces dragues, les unes, quittant le canal d'eau douce en face de leurs divers chantiers, gagnaient par des branchements creusés arf Aoc leur emplacement définitif; les autres, franchissant l'écluse du canal d'eau douce à Suez, s'échelonnaient entre l'embouchure du canal maritime et la rade.
Toutes ces opérations s'étaient effectuées avec le plus complet succès.
La plus importante de ces opérations avait été la transformation du plateau ondulé du Sérapéum en une série de bassins d'eau douce, au milieu desquels les dragues devaient s'installer sur le tracé du canal maritime pour creuser celuici jusqu'en contrebas du niveau de la mer. On pouvait craindre, dans la saison où l'on était, que le canal d'eau douce n'amenât pas assez d'eau pour remplir rapidement les grandes superficies des bassins ; que, môme, le terrain sablonneux, laissant échapper l'eau dans les lacs Amers et
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dans le lac Timsah, ne vint rendre impossible le mode d'exécution arrêté par les entrepreneurs. Grâce aux mesures bienveillantes prises par le Gouvernement égyptien, ces craintes ne s'étaient pas réalisées : les bassins avaient été remplis en moins d'un mois par Teau du Nil.
A la date du 1" janvier, les dragues du Sérapéum étaient en place.
Depuis lors, les appareils de toutes sortes s'établissaient plus nombreux, de mois en mois, sur toute la ligne du canal.
A Suez, où la nature avait fait un port excellent que devaient améliorer encore les grands travaux commencés par le Gouvernement égyptien, la Compagnie n'avait qu'un chenal à creuser; le dragage y était facile.
Un banc de sable, qui s'étendait jusqu'en face de Tembouchure du canal, sur un parcours de 2 kilomètres au sud de la ville de Suez, était k chaque marée recouvert par la mer; la partie de ce banc comprise dans le lot de terrain concédé à la Compagnie se remblayait rapidement. Sur la portion déjà remblayée de ce terre-plein, qui surgissait comme un îlot en tête de la rade, les entrepreneurs avaient élevé les constructions nécessaires à leurs travaux ; sur une autre partie du terrain, ils avaient creusé un bassin pour remiser le matériel flottant.
PORD-SAÏD
Jetées. — L'exécution des jetées au moyen de blocs artificiels avait continué à, marcher avec une parfaite régularité.
La jetée Ouest, qui devait avoir une longueur totale de 2.500 mètres, était déjà construite sur une longueur de 2.200 mètres, dont 1.900 mètres au-dessus de l'eau et 300 mètres à fleur d'eau ; son extrémité atteignait les fonds de S'^jôO. La jetée Est, qui devait avoir une longueur de 1.800 mètres, était construite sur une longueur de 950 mètres, et elle atteignait les fonds de 5'",50.
MM. Dussaud, suivant leur contrat, avaient à exécuter
250.000 mètres cubes de blocs ; ils en avaient déjà fabriqué 133.150, en sorte qu'il ne leur en restait plus que 116.850 à faire; ils en avaient jeté à la mer 115.000, et par conséquent il leur en restait encore 135.000 à immerger.
La plate-forme de fabrication pouvait contenir2.000 blocs, qui devaient sécher pendant deux mois au moins. Afin de maintenir la rapidité acquise dans le travail d'immersion, les entrepreneurs venaient d'installer une nouvelle plateforme pouvant contenir 400 blocs.
L'immersion marchant régulièrement à raison de 30 à 40 blocs par jour,la construction des jetées devait se trouver complètement terminée pour la fin de 1868.
Chenal de F avant-port. — Le chenal de l'avant-port offrait, à la date de la dernière Assemblée générale des actionnaires, depuis l'origine du grand bassin jusqu'à la hauteur de l'îlot, des fonds de 4 à 5 mètres avec une largeur de 70 mètres au plafond. Depuis lors, des dragages importants avaient été exécutés en vue d'approfondir et d'élargir ce chenal : dès la fin d'octobre 1866, il avait une largeur au plafond de 100 mètres avec des fonds de 5 mètres. 11 était maintenant complètement ouvert entre la rade et les bassins aune profondeur de 6",50.
Bassins du port. — La superficie draguée des bassins du port, avec des fonds moyens de 5 mètres, était actuellement de 25 hectares. Il ne restait plus à draguer qu'une superficie de 11 hectares pour avoir partout la même profondeur.
Le bassin du Commerce, notamment, était utilisé depuis le commencement de Tannée. Il offrait une surface de 4 hectares avec une profondeur minimum de 5'",70 qui serait bientôt portée à 6 mètres.