SERVICE DE SANTE DU !•' JUIN 1866 AU !•' JUIN
(BXTRArr DU RAPPORT DU MÉDECIN EN CBEF)
La santé de Tlsthme était revenue k son état normal.
L^année précédente, par suite de l'épidémie de choléra et de la constitution médicale qui en avait été la conséquence, la santé générale avait été fortement atteinte ; la fièvi*e algide, résultat du choléra, frappait çà et là sur les chantiers. Aujourd'hui Tétat sanitaire de Tlsthme était le même qu'avant Tépidémie.
Certains faits se produisirent méritant d'être signalés au point de vue de la santé générale :
Sur quelques chantiers, entre autres à El Guisr, il y eut des fièvres intermittentes simples et quelques cas de fièvres pernicieuses. L'Isthme jusqu'alors, avait été exempt de cette maladie ; mais, cette année, les fièvres avaient été assez fréquentes et avaient revêtu le caractère paludéen sans être d'ailleurs ni dangereuses ni tenaces ; elles cédaient facilement. 11 y avait eu comme une inHuence générale paludéenne. 11 semblait d'ailleurs difficile d'attribuer cette influence, soit aux localités, soit aux terrains qui n'avaient pas changé; et, quant aux travaux, ils étaient les mêmes depuis Torigine et n'avaient jamais causé de fièvres intermittentes, même dans de plus mauvaises conditions. C'était donc ailleurs qu'il fallait chercher la cause génératrice de ces fièvres.
Une autre question qui intéressait grandement la santé de l'Isthme avait été soulevée par suite de cas assez nombreux de petite vérole qui avaient eu lieu d'abord à Suez, puis dans l'Isthme et surtout au Sérapéum et à Ismallia. Cette maladie, qui avait maintenant cessé, avait été importée à Suez par des esclaves venant de Djedda et des côtes d'Afrique. Malgré les ordres les plus sévères du Gouvernement égyptien, le commerce des esclaves se faisait toujours clandestinement. Les malheureux esclaves étaient amenés sur des bateaux arabes infects. N'étant pas vaccinés et venant de pays où la variole était en permanence, ils transportaient la maladie à Suez, et, de là, en Egypte. Malgré les atteintes venues du dehors, et qui avaient maintenant disparu, l'état sanitaire général de T Isthme, ainsi qu'on en jugera par le tableau ci-dessous, avait été satisfaisant ; et la santé allait toujours en s'améliorant.
POPULATION DE l'iSTHME (EMPLOYÉS, OUVRIERS, MARCHANDS)