‹ Le canal de SuezChapitre 177 sur 207 · SERVICE DR PARIS · texte numérisé non relu

SERVICE DR PARIS

Cadiat (Victor), ingénieur chef du service.

Gaget, chef de bureau.

Saint-Aude, agent à Marseille.

Marche des travaux et modes d'exécution

(ANNlf.E 4867- PORT 1)K PORT-SAÏD KT CANAL MAUITIMK

Indépendamment des renseignements donnés dans le compte rendu ci-dessus au sujet des divers travaux exécutés à l'entreprise et des travaux du chantier de régie d'El Ferdane pendant Tannée 4867, et, ainsi que nous l'avons déjà fait à Tégard des travaux des trois années précédentes, nous renverrons, pour détails circonstanciés sur la marche des travaux et les modes d'exécution, savoir : en ce qui concerne l'entreprise Borel Lavalley et C'", au tome V; et, en ce qui est de l'entreprise Couvnnix, de l'entreprise Dussaud et du chantier de régie d'El Ferdane, aux chapitres spéciaux les concernant qui figurent au présent volume (Voir plus loin).

Nous ajouterons d'ailleurs aux renseignements généraux donnés par le compte rendu sur la marche des travaux, les renseignements complémentaires suivants :

liemblais de Port-Saïd. — A la date du l®»" juin, le cube total des remblais du terre-plein de la ville était de 530.800 mètres cubes.

En conformité d'instructions du Président recommandant de prendre toutes mesures utiles pour hâter l'achèvement des remblais dans toute la partie bMie de la \âlle, un marché fut passé dans le courant de juillet avec un tAc héron pour l'exécution de 40.000 mètres cubes de remblais au prix de 2 fr.îJO le mètre cube : le sable était pris sur la plage et transporté au moyen de coufTes chargées sur des baudets au nombre de 120. I.e tâcheron s'était engagé à exécuter 4.000 mètres cubes par mois.

A la fin de l'année, les remblais de la partie bâtie de la ville étaient

terminés. Le sable fut dès lors porté dans la partie du lac située à Fouest de la rue de TArsenal.

Travaux divers exécutés directement en régie par la Compagnie^ à Port- Saïd. — Enrochements des quais du port et enracinement de la jetée Est en blocs naturels. (Voir, pour les détails concernant ces travaux, t. V, p. 164.)

Remplissage du lac Timsah, — L'inauguration de l'entrée des eaux de la Méditerranée dans le lac Timsah avait eu lieu le 18 novembre 1862, mais le barrage de retenue des eaux situé à l'extrémité de la rigole maritime, et qui avait été momentanément ouvert, avait été rétabli immédiatement après la cérémonie d'inauguration.

Un premier pertuis-déversoir avait été établi à côté du barrage pour permettre de profiter de toutes les circonstances favorables d'une grande hauteur d'eau dans la rigole pour alimenter le lac de manière à y compenser les pertes produites par l'évaporalion.

Ce ne fut que plus tard, le 12 décembre 1866, que commença la véritable opération de remplissage du lac au moyen d'un grand pertuis à poutrelles construit en régie par MM. Borel, Lavalley et C^«. A la date du 20 juin 1867, le niveau de l'eau du lac était à la cote i7",93; et, le barrage de retenue ayant alors été détruit, une première drague venant de Port-Saïd avait pu pénétrer dans le lac. Ce ne fut toutefois que le 15 août que le niveau du lac atteignit la cote 18^,20 du niveau moyen de la Méditerranée.

(Voir, pour les détails de l'opération de remplissage, t. V, p. 197.)

CANAL DEAU DOUCK

(Pour tout ce qui concerne le régime du canal d'eau douce pendant l'année 1867, voir t. V, p. 221.)

BATI.MENTS Kï ABRIS

Porl-Sa'id. — Construction de tombes en maçonnerie dans les différents cimetières.

TRANSPORTS MARITIMES

Mouvement maritime de Port-Saïd depuis Vorigine des travaux jusqu'au !•' juin 1867. — !• Mouvement maritime du port pendant Tannée du 15 juin 1866 au 1*' juin 1867 : 880 navires jaugeant ensemble 146-107 tonneaux, correspondant à un mouvement moyen d'environ 400 tonneaux par jour au lieu des 300 tonneaux de l'année précédente.

2* Mouvement total depuis l'origine des travaux : 3.614 navires jaugeant ensemble 542.819 tonneaux.

Ce mouvement total se répartissait entre les divers pavillons comme il est jttdiqué au tableau ci-après :

II1ST011IQU1£ DE l'exécution DES TRAVAUX

PAVILLONS

Anglais

Autrichien

Français

Grec

Italien

Jérusalem

Russe

Turc et Égyptien, Divers*

Totaux . . ,

NOMBRES

TONNAGE

DK TIWIIIES

TOTAL

* AmériraÎQ, Belfi^c. Brésilien, Holliindaii, Pnissien, Suédois et Nonrégien, VaUque, Samiole, Hambnur^oii, U«rklembourgeoif>, Moldare.

L'entreprise des déchargements, confiée depuis le 16 octobre 1865 À MM. Savon frères, continuait à bien fonctionner.

Port-Saïd avait reçu pendant Tannée des bâtiments de la Marine impériale de France et de la Marine royale d'Angleterre et s'était trouvé constamment en communication avec Alexandrie et avec TEurope.

Chaque mois, vingt paquebots à vapeur touchaient régulièrement à Port- Saïd : c'étaient les vapeurs de MM. Borel, Lavalley et C*. qui avaient inauguré, dès Tannée 1865, un service régulier entre Port-Saïd et Alexandrie; ceux de MM. Fraissinet et C* de Marseille, qui, depuis le commencement de 1866, touchaient le port trois fois par mois ; ceux de la Compagnie impériale Russe qui avaient, h la m*^me époque, donné Texetnple d'un service d'escale à Port- Saïd ; ceux des Messageries Impériales de France qui, à leur tour, commencèrent un service d'escale le 18 Juin 1867. En outre, les bateaux à vapeur de la Compagnie égyptienne Azizié et ceux de la Compagnie générale des transports maritimes de Marseille venaient de temps en temps apporter des marchandises à Port-Saïd.

Un service gratuit de pilotage fut établi, & titre provisoire, à Port-Said, à partir du commencement de septembre.

Accidents de rade. — Une violente tempAte de vent d'ouest, qui régna pendant quatre jours, au commencement de janvier, causa de sérieux dégâts à Port-Saïd et sur la première partie du canal maritime.

A Port-Saïd, la mer envahit la plage à l'enracinement de la jetée Ouest, di^passa le quai et alla inonder la partie non encore remblayée de la ville, au nord.

Sur le canal, un boghaz se déclnra dans la rive Afrique au kil. 6.

En outre, un certain nombre de poteaux de la ligne télégraphique furent déracinés entraînant une interruption des communications avec Suez.

SKRVICR DB SANTE

DU 1" JUIN 1867 AU l»' JUIN 1868 (extrait nu itApponx du méobcin en chef)

La suinté srfm'^ra'e dans l'Islhme — comme le montre le tableau ci-après de la mortalité pendant l'annôe tSB7-18>>8 — fut des plus satisfaisantes.

L'excellente santé de risihiiip ne semblait pas devoir être attribuée à certniii(*s causes ^pccinles. mais liini à un ensemble de causes :

La certitude de raoconipiis^prnrnt de >'œnvre procurait à tout le personnel,

employés et ouvriers, une satisfaction qui réagissait sur le moral et la santé. La facilité des communications, Tabondance de Targent, le développement du commerce, avaient ajouté leur contingent au bien-être des travailleurs, par conséquent à la santé. Seize paquebots, français, russes, autrichiens et égj'ptiens, indépendamment d'une quantité de navires de commerce, entraient chaque mois dans le port de Port-Saïd, meitant ainsi la population du canal en communication rapide avec le bassin de la Méditerranée et lui permettant de faire arriver toute espèce d^approvisionnements. Un commerce très actif s'était développé, non seulement pour la consommation de Tlsthme, mais encore pour les objets et les denrées qui approvisionnaient Suez, la mer Rouge et même TÉgypte. Le commerce de cabotage avec la Syrie et la Grèce avait pris une grande extension, surtout au point de vue des denrées alimentaires. L'alimentation était donc devenue meilleure ; les viandes fraîches et sur pied, des fruits, des légumes, du gibier, arrivaient de la Grèce et de la Syrie, sans compter ce qui venait d'Europe, d'Alexandrie et de l'intérieur de l'Egypte. On vivait comme en Europe, seulement k des prix très élevés, presque le double des prix de France.

Il y avait à signaler, en outre, une notable amélioration dans les habitations. Chacun avait su s'organiser et se créer un certain confortable. Les logements d'ouvriers, ceux des marchands, même sur les points isolés des centres de population, étaient mieux entendus, plus propres et mieux aérés. L'expérience et la nécessité avaient fait connaître les meilleures dispositions à prendre. On savait s'abriter contre l'abaissement de la température pendant la nuit et contre la chaleur pendant le jour. Aussi, les ophtalmies, les diarrhées et les dysenteries étaient-elles devenues plus rares, moins intenses, et, dans certaines classes de la population, avaient-elles entièrement disparu.

En6n, la population avait généralement reconnu que les soins personnels et hygiéniques étaient des plus nécessaires dans les pays chauds et qu'il fallait surtout bien faire attention à l'alimentation et aux boissons et modifier le ri'gime alimentaire de l'Europe. Les ouvriers buvaient moins de liqueurs alcooliques. Les excès étaient plus rares.

POPULATION DR l'iSTHME (EMPLOYES, OUVRIERS, M.\RCHANDS)

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