‹ Le canal de SuezChapitre 190 sur 207 · AISNÉE · texte numérisé non relu

AISNÉE

I^ Président de la Compagnie, dans son rapport à PAssemblée générale des actionnaires rappelait d'abord, à peu près dans les termes suivants, la communication qu*il avait déjà faite à ce sujet, Tannée précédente, à rassemblée;

« En envisageant la grande valeur des terrains dans Tlsthme, la Compagnie avait observé avec regret que ni le Gouvernement égyptien ni la Compagnie ne profileraient des immenses bénéfices que devaient procurer les terrains du canal maritiine. Rite s'était alors adressée à la justice, aux lumières et à la sollicitude du Vice-Roi (Ismall Pacha) et lui avait fait une proposition à laquelle il avait promis foute sa bienveillance. »

Le Président reproduisait ensuite l'analyse ci-dessous d'une note qui avait été remise & l'Empereur pour expliquer la nature de la proposition faite alors au Vice-Roi :

« La sentence impériale et la convention du 22 février i866 ne donnaient pas le droit à la Compagnie de vendre avec bénéfice les terrains bâtis ou ft bâtir qui lui avaient été dévolus en jouissance pendant quatre-vingt-dix-neuf ans; mais elles lui permettaient de concéder celte jouissance et même de faire accorder le droit de propriété ù ses cessionnaires en se faisant rembourser ses frais d*ap])ropriation desdits terrains.

« fia Compagnie proposait au Vice-Roi de profiter en commun de la valeur immense qu'allaient acquérir les terrains à Port>Saîd, à Ismallia et aux centres de population autour du canal maritime. On obtiendrait dans un certain espace de temps des centaines de millions par la vente de ces teirains, auxquels on adjoindrait successivement d'autres lotissements du désert appartenant au domaine public et destinas à acquérir une valeur après l'aliénation des lots les plus rapprochés du canal.

« Si l'on se maintenait dans la situation actuelle, il n'y avait profit pour personne.

« En autorisant les ventes avec bénéfice pour la Compagnie et en partageant les pro'iuils avec elle, le Gouvernement égyptien trouverait là une richesse dont il ne pouvait profiler sans Tassociation avec la Compagnie. »

La proposition, approuvée et recommandée par l'Empereur, qui la regardait comme la conséquence et le complément de sa décision arbitrale, avait été agréée par le Vice-Uoi ainsi que le montrait la lettre suivante adressée par Sou Altesse, après la prccéclente Assemblée générale des actionnaires, au Président de la Compagnie :

« Les propositions que vous m'nvez faites relativement ù une vente en commun des terrains à bâtir sur les emplacements où se formeront les villes aux abords du canal maritime ont été l'objet de ma plus sérieuse attention. Je les ai considérées avantageuses en principe et ce qui me retient de vous donner délinitivement mon autorisation, c'est que je désire, dans l'intérêt de ceux qui voudront s'établir tout autant que dans celui de mes sujets et de mon gouvernement, (|ue la condition des sujets étrangers établis en Egypte, à l'êyartl du pays^ soit déterminée de manière à ce que mon gouvernement et les indigènes n'aient plus à en souffrir. Je vais bientôt entrer en négociations à ce sujet avec les Puissances. Dès que mes négociations, comme je l'espère, auront abouti, je uie ferai un plaisir de vous donner l'autorisation que vous me demandez. »

En attendant qu'une solution pût intervenir, le Conseil d'administration de la Compagnie avait décidé que les aliénations de terrains seraient tout à fait exceptionnelles, en faveur seulement des Sociétés de navigation ou des Administrations maritimes qui avaient besoin d'avoir des dépôts de charbon. D'un autre côté, comme il ne convenait plus à la Compagnie de Taire des avances de fonds pour les constructions de ses villes, elle consentait à céder temporairement des terrains pour les besoins de ses approvisionnements ou pour des établissements qui contribuaient à la prospérité de l'entreprise, soit pendant

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la durée des travaux, soitpendaat Texploitation. Les occupants des terrains cédés dans ces conditions à Port-Saïd s*engageaient A payer A la Coinpa^îe, pendant un temps limité au maximum de 10 ans, une redevance annuelle de 3 francs par mètre carré, et A lui restituer terrains et constructions, sans aucune espèce d'indemnité, à l'expiration de leur contrat ^

1 . Un service spécial du Domaine, placé sous le contrôle de T Agence supérieure, fut créé et organisé comme suit :

MM. Poilpré, ancien inspecteur des services administratifs, licencié avec indemnité à la fin de i866 et ayant servi la Compagnie comme employé non classé pendant les deux années 1867 et 1868, chef du nouveau service ;

HoUebeck, précédemment sous-inspecteur des services administratifs, souschef ;

De Gavoty, agent technique.

Les concessions de terrains accordées à Port-Saïd, dans Tintérêt du commerce et de rindustrie, en conformité de différentes réglementations en vigueur, étaient, à la fin d'avril 1868, au nombre de 104 se répartissant comme suit :

GonceBsiona temiKtraires à délai indéterminé 78

— — à délai déterminé (10, 20 H 30 an») 18

Concessions définitives avec hodgets 8

NOMBRB TOTAL 104

Les demandes en occupations <le terrains étaient devenues plus rares dans les derniers temps par suite sans doute de la diminution des loyers provoquée par le départ des ouvriers de la maison Gouin et de la Société des Forges et Chantiers.

Par acte du 12 janvier 1868, cession fut faite au Gouvernement égyptien, à Ismallia, des terrains nécessaires à rétablissement de la voie et de la gare du chemin de fer dans Tintérieur de la ville.

Le 5 novembre 1868 une concession de terrain fut faite A la Compagnie des Messageries Impériales.

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