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82 HISTORIQUE DE l'EXÉGDTION DES TRAVAUX

Nous rappellerons, enfin, que sur la proposition du Président de la Compagnie, d'accord en cela avec le Ministre des Affaires Etrangères de France, le Comité de direction, reconnaissant la convenance d'apporter une grande circonspection dans l'exécution des opérations préparatoires poursuivies en Egypte, prit à la date du 24 janvier 1860, une décision, approuvée le 14 février suivant par le Conseil d'administration, d'après laquelle le Service des travaux devrait se borner, provisoirement, aux études et opérations préparatoires suivantes :

Appontement provisoire de Port-Saïd ;

Ateliers de réparations ;

Achèvement et utilisation des puits d'eau douce en cours d'exécution;

Baraques et maisons pour les logements des employés et ouvriers;

Continuation du canal ou rigole de service entre Port-Saïd et le port intérieur de Timsah, et conduite d'eau douce du lac Maxamah au lac Timsah ;

Montage et essais de dragues et d'excavateurs pour le service du Yice- Roi;

Continuation des essais d'exploitation des carrières de fSebel-Géneffé;

Continuation des études topographiques et hydrographiques et des recherches minéralogiques.

Configuration du littoral dans l'emplacement du port de Port-Saïd

Sur la partie du littoral définitivement choisie pour rétablissement du port de Port-Saïd, la plage, d'une largeur de 50 à 60 mètres, était bordée par une ligne de dunes basses d'une largeur d'une centaine de mètres. Ces dunes, en partie fixées par des plantations poussées naturellement et consistant principalement en tamarix, constituaient le cordon littoral proprement dit ; elles n'étaient pas continues, présentant de loin en loin des dépressions que franchissaient les eaux de la mer pendant les tempêtes. En arrière de la ligne de dunes se trouvait un terrain plus élevé que le niveau ordinaire des eaux du lac Menzaleh, légèrement

incliné vers Tintérieur et formé de vases et de limons provenant de dépôts des eaux du lac; ce terrain, qui s*étendait sur une largeur de 6 à 700 mètres, était sillonné de ramifications du lac qui lui donnaient Taspect d'une série d'îlots, sur la plupart desquels croissaient des plantes du genre salsola (soudes) et autres végétaux vivant dans les terrains salés. La rive intérieure de la bande de terrain dont il vient d'être parlé était baignée en grand par les eaux du lac.

Tel était Taspect des lieux pendant les eaux ordinaires du lac. Cet aspect se modifiait naturellement pendant les eaux basses ou les hautes eaux du lac correspondant à la baisse ou à la crue des eaux du Nil; mais il se modifiait surtout, et profondément, à la suite de forts vents continus, soit de TEst, soit de TOuest : par les vents d*Est, les eaux étaient chassées de la région Est du lac et repoussées ainsi vers Damiette, mettant à découvert le fond du lac, dans les parages de Port-Saïd, sur des étendues pouvant atteindre jusqu'à 1 kilomètre; par les vents d'Ouest, au contraire, les eaux du lac étaient repoussées du rivage de Damiette vers Port-Saïd où elles s'élevaient parfois jusqu'à 1 mètre audessus du niveau ordinaire.

Nous avons déjà signalé combien le retrait des eaux de l'un ou de l'autre rivage, quand il se produisait, rendait difficiles les communications par la voie du lac entre Damiette et Port-Saïd. On verra plus loin, quand nous entrerons dans le détail de l'exécution des travaux, que le gonflement des eaux dans les parages de Port-Saïd par les forts vents, assez fréquents, de la région Ouest, a amené, à maintes reprises, l'inondation, des terrains non encore remblayés du campement, et cela, non seulement au grand préjudice de la bonne marche des travaux, mais aussi à la très grande gêne du personnel logeant dans les batimentis que la Compagnie avait dû faire construire d'urgence, sur ces terrains, sans attendre qu'ils fussent remblayés. On verra surtout combien ce gonflement des eaux, aggravé par l'action des

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lames qui accompagnent toujours les tempêtes du lac, a rendu difficile et laborieuse la confection des digues du canal maritime à la traversée du lac Menzaleh.

Hauteur du terrain au-dessus du niveau de la mer, sur Taxe du canal maritime, entre Port-Saïd et le lac Timsah.

(Nota. — Le kilométrage de la période des travaux de premier établissement commençait à la rive Nord du grand bassin de Port-Saïd. — Cote du niveau moyen de la mer : 18",20.)

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