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TRANSFORMATIONS DES PETITES DRAGUES

Nouvelle chaîne dragueuse, dite chaîne Schmidt

Une transformation radicale des dragues fut entreprise, dans les premiers mois de 1862, par l'Ingénieur chef du matériel, M. Schmidt.

La pensée dominante, dans l'étude de la transformation, fut de ramener toutes les dragues, constituant quatre types différents, à un type unique d'appareil dragueur, en utilisant d'ailleurs au mieux les

coques et les machines. Une noavelle chaîne dragueuse, à maillons moyens, fut adoptée.

En outre, et comptant sur la prompte exécution de la canalisation d'eau douce d'Ismaïlia à Port-Saïd, qui permettrait l'alimentation des chaudières à Feau douce, on conserva le même système de générateurs; mais une seconde chaudière fut ajoutée à chaque drague en vue de l'augmentation de la puissance des machines et aussi pour assurer Textraction des chaudières sans arrêt de la drague.

La chaîne dragueuse Schmidt fut successivement appliquée à la presque totalité des dragues.

Les premières dragues transformées furent les dragues n°* 1 et 2. Chaque drague fut d'ailleurs munie de deux petits couloirs symétriques débordant la drague pour verser les produits des dragages dans des caisses à déblai, portées par des chalands et enlevées ensuite et déchargées dans des wagons à Taide de grues placées à terre.

Petites dragues à couloir-déversoir Petites dragues à long couloir de 10 à 12 mètres de porte-à-faux

Les deux dragues n°» i et 2, après avoir, pour le creusement d'une première rigole sur le pourtour ouest du grand bassin du port de Port- Saïd, fonctionné avec de moyens couloirs déversant directement sur berge les produits des dragages, avaient (Hé, travaillant maintenant dans le bassin de l'Arsenal, munies de simples couloirs-déversoirs et furent dès lors desservies par des chalands porteurs de caisses, lesquelles caisses étaient ensuite, comme il est dit ci-dessus, enlevées et déchargées dans des wagons par des grues placées à terre.

Ainsi qu'il est expliqué plus loin, les bons résultats obtenus par ce mode de travail avaient donné l'idée d'employer d'une manière générale les grues à vapeur au dépôt sur berge des produits des dragages dans le travail de creusement du canal maritime; et, en conséquence, le 19 juillet 1862, la Compagnie avait fait la commande du matériel accessoire nécessaire pour desservir les dragues dans les nouvelles conditions; il avait été décidé en même temps que des dispositions seraient prises pour préparer toutes les petites dragues en vue de l'emploi du nouveau matériel.

En 1861, il n'y avait à Port-Saïd, au baSsin de l'Arsenal qu'une seule grue à vapeur pour Tenlèvement des dé})lais; à l'époque de la commande dont il vient d'être parlé, deux seulement. On s'était reposé jus-

qu'alorssurle succès toujours espéré des toiles sans tin. Toutefois, presque dès ledébut des travaux, soit par suite de l'arrivée tardive des toiles, soit, plus tard, en raison des insuccès successifsdes toiles essayées, afin denepas laisser chômer les dragues, on en avait muni quelques-unes de couloirs permettant, dans le creusement de rigoles de peu de largeur, de déverser directement sur berge les produits des dragages. Ces essais avaient parfaitement réussi et permettaient d'entrevoir une certaine

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extension du système. Aussi, et considérant le long délai qu'exigerait la confection du matériel complémentaire ayant fait Tobjet de la commande de juillet 1862, fut-il décidé que Ton conserverait, pour la continuation des essais, les dragues Burnichon et les dragues Combe, qui avaient des machines plus puissantes que les dragues Evrard, et que la transformation en vue de remploi du nouveau matériel ne se ferait que sur un certain nombre de ces dernières dragues.

Ce fut ainsi que, relevant les élindes des dragues, installant des couloirs avec un porte-à-faux de plus en plus grand, draguant de l'eau pour compenser la faible inclinaison des couloirs, on arriva à pouvoir travailler avec la drague seule, munie d'un couloir de 10 à 12 mètres de porte-à-faux, versant directement ses produits sur la berge pour la confection des banquettes. Sur les points les plus exposés aux éboulements, des lignes de pieux, palplanchers et fascines formaient une première délimitation de la rigole à la traversée du lac Menzaleh.

Application aux petites dragues de couloirs de 13 à 18 mètres

de longueur

Les premiers essais d'application à quelques dragues de couloirs permettant le déversement direct sur berge des produits des dragages n'avaient été faits d'abord qu'avec des couloirs de faible longueur : on craignait, malgré la présence d'un contre-poids, quMIs ne fissent sombrer la drague dans le cas où ils viendraient à s'engorger. Les premiers couloirs n'eurent donc guère que 6 à 7 mètres de porte-àfaux. Ils étaient en bois et assez lourds. La tôle fut substituée au bois dans la construction des couloirs et ceux-ci, — ainsi qu'il est dit plus haut, — furent progressivement relevés, allongés, amenés à des inclinaisons de plus en plus faibles, en sorte que l'on parvint, pendant que continuaient à se poursuivre quelques essais de toiles sans (înj à des couloirs de 10 à 12 mètres de porte-à-faux et à pente de 10 centim<'tres par mètre. C'est ainsi notamment, que dans le courant de 1862, M. Bordillon, sur une drague, dont tous les éléments lui avaient été remis par la Compagnie avec faculté de la monter suivant ses propres idées, adopta un couloir de 12 à 14 mètres de porte-à-faux ; le couloir était double et maintenait la drague en équilibre, sans contre-poids; son inclinaison était de 10 centimètres par mètre; pour obtenir l'écoulement des matières draguées, on avait bouché les trous des godets et Ton draguait une proportion d'eau variable suivant la nature du terrain.

En 1863, M. Badois, ingénieur de la Compagnie chargé de diriger une partie des travaux de dragages, adapta avec succès à la drague n'6, un couloir de 18 mètres de longueur, ayant par conséquent un porte-àfaux de 15 mètres, et cette disposition fut ensuite appliquée aux autres dragues des types n°' 2 et 3^

1. Dans un mémoire présenté le 4 novembre 1864 à la Société des Ingénieurs

L'emploi de ces dragues à long couloir permit, sur les vingt premiers kilomètres du canal où le terrain était sous Teau, d'effectuer le creusement, rive Afrique, d'une rigole de navigation de 15 à 18 mètres de largeur à la ligne d'eau et de 1°',80 de profondeur, en même temps que la confection sur la même rive, avec des dimensions donnant déjà quelque sécurité, delà banquette destinée à isoler le canal du lacMenzaleh^

civils, M. Badois, après avoir fait connaître tous les détails de cette application de couloirs de 18 mètres aux petites dragues, et s'appuyant sur les bons résultats qu'il en avait obtenus, développa cette opinion, avec calculs à Tappui et description des dispositions qui devraient être adoptées, qu'il y aurait un très sérieux avantage à appliquer aux grandes dragues commandées par la Compagnie aux Forges et Chantiers de la Méditerranée et à la maison Gouin des couloirs de 25 mètres de longueur, correspondant î^ un porte-à-faux de 21 mètres, lesquels permettraient, moyennant Taddition de pompes supplémentaires, de draguer le canal il toute largeur, avec profondeur de 3 mètres, par une seule opération sur chaque rive, sur toute la partie de 40 kilomètres de longueur à la traversée des lacs Menzaleh et Ballah.

l'Voir, pour de nombreux extraits de cet intéressant mémoire, aux Annexes^ à la Gn du volume, chapitre intitulé Application aux petites dragues de couloirs de iô à iS mètres.)

i. Modifications introduites dans les petites dragues

par MM. Borely Lavalley et C'«

Voir, pour plus amples détails, aux Annexes.

Application aux petites dragues de couloirs de 20 <ï 22 mètres de longueur. — En 1865, lorsque MM. BorcI, Lavalley et C* eurent pris possession des chantiers du 1" lot de dragac^œs et des 20 petites dragues qui leur avaient été cédées par la Compagnie, ils reconnurent la nécessité d'ouvrir un chenal de navigation sur la rive Asie, \k où il n'existait pas encore. Pour ce travail, il fallait de longs couloirs. (îrâce à de certaines additions faites aux dragues pour augmenter leur stabilité, les entrepreneurs purent leur adapter des couloira de 2û;i22 mètres de longueur, avec des inclinaisons de 6 à 8 0. 14 petites dragues ainsi modifiées servirent à faire environ 30 kilomètres d'une rigole avant de 18 à 20 mètres de largeur et une profondeur de 2 à 3 métrés, fournissant en même temps des terres pour le renforcement de la berge.

In certain nombre des petites dragues remises aux entrepreneurs avaient eu besoin, d'ailleurs, avant de pouvoir être remises en activité, d'une très importante réparation de la fonçure des coques, presijue entièrement usée sur plusieurs d'entre elles.

Aux abords (le Port-Saïd, les travaux furent faits avec les grandes dragues des Forges et Chantiers provenant de la Compagnie auxquelles l'entreprise avait fait adapter des couloirs de 25 à 30 mètres avec addition de pompes supplémentaires

Application aux petites dragues de couloirs de 30 mètres. — Au commencement de 1S67, pour répondre à la double nécessité de renforcer les berges du lanal à la traversée des lacs et de continuer l'élargissement et l'.ipprofondissemenl des deux rigoles à la traversée des terrains élevés, de manière à permettre H ces rigoles de recevoir les grandes dragues à long couloir, les entrepreneurs prirent le parti d'exhausser une douzaine de petites dragues, de façon a pouvoir leur adapter des couloirs de 30 mètres à laide des(iuels les rigolos devraient être élargies à 25 mètres avec une profondeur minimum de 1"',.S0.

Dans ces dragues surhaussées, l'axe du tourteau supérieur de l'appareil dragueur se trouvait à 8", 30 au-dessus du niveau de l'eau.

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