Voir Tome IV, p
HISTORIQUE DE l'exÉCUTION DES TRAVAUX
hors de proportion avec ce qu'exigeaient les besoins d'alors du commerce et de la navigation, et avec Tintérèt bien entendu des actionnaires de la Compagnie », avait finalement adopté un projet réduit;
Eniin, que, d*après le programme d'exécution arrêté précédemment par le Conseil et qui restait applicable au projet réduit, la première phase d'exécution, comprenant «ne durée de deux années, devait comporter les travaux suivants :
Ouverture du canal d'eau douce à 10 mètres de largeur au plafond et 2", 50 de tirant d'eau, du Caire au lac Timsah, et du Canal maritime à 12 mètres de largeur au plafond et tirant d'eau également de 2°, 50; construction d'un embarcadère (appontement), d'un port provisoire et d'un phare à Port-Saïd ; construction de magasins, hôpitaux, ateliers, maisons d'habitation; achats de matériel de carrière;
Mais on a vu en même temps, d'autre part,
Que dans une dernière séance tenue le 10 mai 1860, le Conseil avait été saisi d'un rapport très circonstancié, du directeur général des travaux en date du 1" du dit mois, faisant connaître la situation des travaux entrepris jusqu'alors dans rislhme.
Ce rapport rendait compte des circonstances qui avaient empêché, en ce qui était du canal d'eau douce, de suivre rigoureusement le programme d'exc^cution de 1858*; il y était expliqué que la Compagnie avait jugé devoir porter d'abord tous ses efforts sur la création du port de Port-Saïd, qui devait être le point principal de ravitaillement des chantiers de l'isthme, sur les premières installations dans
1. On a vu précédemment que, d'après les premières prévisions, — pro- ^amme de 1856, — Taché vement du canal d'eau douce, dont la construction avait été prise à forfait par le Gouvernement égyptien, avait été supposé devoir même précéder la constitution de la Compagnie, et que ce ne fut qu'en juillet 1857, avant que les travaux eussent reçu un véritable commencement d'exécution, qu'il fut décidé que la Compagnie resterait définitivement chargée desdits travaux.
rislhme même, enfin, sur l'exécution d'une première rigole navigable entre Port-Saïd et le lac Timsah.
Nous mentionnerons, d'ailleurs, au sujet de ce nouveau programme de la première phase d'exécution, que le dit programme, à son tour, n'a pu être rigoureusement maintenu, la nécessité ayant été bientôt reconnue de poursuivre, parallèlement aux travaux ci-dessus décrits, la construction d'un canal provisoire d'eau douce de Zagazig à Ismaïlia, dans le double but de créer ainsi une voie de transport par eau entre le centre du Delta et les chantiers de l'intérieur de l'isthme et d'assurer l'alimentation en eau douce de ces chantiers.
TRAITÉS HARDON DES t4 FÉVRIER i859 ET 29 FÉVRIER 18G0 l TRAITÉ PROVISOIRE DU 14 FI^.VRIER 1859
À la date du 12 février 1859 le Conseil d'administration de la Compagnie approuva un projet de traité à passer avec M. Hardon, entrepreneur de travaux publics, pour l'exécution des travaux de la première phase tels qu'ils étaient décrits au programme arrêté par le Conseil supérieur des travaux.
Les principales conditions de ce traité étaient les suivantes :
M. Hardon s*engageait à exécuter les travaux du Canal maritime et des ports en dépendant ainsi que les travaux du Canal d'eau douce, aux conditions et aux prix de base du devis dressé en 1856 par la Commission internationale, mais dans Tordre des phases d'exécution et sous réserve des modifications et réductions adoptées en novembre 1858 et février 1859 par le Conseil supérieur des travaux. L'engagement ne s'appliquait, d'ailleurs, qu'aux deux premières phases d'exécution.
La Compagnie acceptait cet engagement, mais en le limitant provisoirement à l'exécution des travaux préparatoires formant la première phase telle qu'elle avait été définie par le Conseil supérieur des travaux.
L Lhistorique de ce traité provisoire, ainsi que le texte du traité définitif qui a suivi, en date du 29 février 1860, sont donnés plus loin (Voir p. 37}.
12 HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX
Le cautionnementàfourair par l'entrepreneur étaitdel.200.000fraacs.
Il était stipulé au traité :
D'une part, que pour tous les travaux de terrassements, il y aurait partage entre la Compagnie et Tentrepreneur, respectivement dans la proportion de 60 et 40 0/0, des économies qui seraient réalisées par ce dernier sur les prix de base et les estimations primitives ; et que, pour les travaux d'enrochements et de maçonnerie des ports, la Compagnie se réservait le droit de faire exécuter ces travaux, soit avec partage des économies, comme pour les travaux de terrassements, soit au compte de l'entreprise, à prix ferme, avec rabais de 2 0/0 sur les prix de base du devis ;
D'autre part,
Que si, pendant le cours des six premiers mois qui suivraient le commencement des travaux par l'entrepreneur, la Compagnie croyait devoir renoncer au partage des économies sur les travaux de terrassements et préférait un marché ferme sur les prix de base établis, l'entrepreneur serait tenu de l'accepter pour toute la première phase, à défaut de quoi la Compagnie serait libre de résilier le traité sans payer aucune indemnité ; que, dans le cas où le traité resterait maintenu dans ses conditions premières, il aurait cours, ainsi qu'il était dit cidessus, jusqu'à la fin de la première phase d'exécution ; enOn, que dans le cas de continuation des travaux pour la période suivante, les prix de base stipulés seraient maintenus, avec garantie, sur le cautionnement de l'entrepreneur, que ces prix ne seraient pas dépassés.
Peu après la signature du traité dont on vient de rappeler les principales dispositions, l'entrepreneur partit pour l'Egypte avec le fondé de pouvoirs appelé à le remplacer pendant ses abseuces. Ils assistèrent, tous deux, ainsi qu'il a été déjà mentionné à VHistoriqiie administratif et qu'il est de nouveau expliqué plus loin, à l'inauguration de Touverture des travaux par M. de Lesseps, le 25 avril 1859, à Port-Saïd. Ils se mirent ensuite immédiatement à l'œuvre.