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APPROVISIONNEMENTS DE DENREES ET DIVERS

Damiette. — L'entreprise installa, pendant les derniers mois de Tannée, son magasin général d'approvisionnements à Damiette dans des b&timents spacieux que le Gouvernement égyptien avait vendus récemment à la Compagnie ^ On dut faire dans ces bâtiments d'importants aménagements intérieurs pour permettre une distribution méthodique des approvisionnements, ce qui exigea un certain temps. Dès le mois d'octobre Tordre le plus parfait régnait dans les diverses branches du service. Les magasins étaient bien approvisionnés ; on attendait des marchandises en grande quantité ; des arrangements avaient été pris avec la plupart des fournisseurs pour le remplacement des marchandises avariées. Tout était classé et étiqueté avec les prix marqués en chiffres. Les employés avaient la faculté d'acheter dans les magasins tous les objets qui leur étaient nécessaires. Dès la fin de Tannée, ainsi qu'il a été indiqué précédemment, les transports entre Damiette et Port- Saïd furent.très notablement améliorés par la création d'un service de bateaux & vapeur sur le lac Menzaleh entre les deux localités.

Port-Saïd. — Ainsi qu'il a été mentionné au chapitre Bâtiments et abris, un vaste bâtiment destiné à servir de magasin central avait été construit à Port-Said vers le milieu de Tannée.

Ce magasin central fut divisé en six grands compartiments conformément À la classification suivante :

1. Voir plus loin, au chapitre intitulé Domaine de la Compagnie^ les renseignements détaillés concernant les magasins de Damiette.

Outillage de charpente et de menuiserie ; Outillage des forges et machines ; Matières diverses; Objets pour la marine ;

Dép6t des objets attendant leur réception et leur classement ; Dépôt des viyres et ustensiles de ménage.

11 existait en outre à Port-Saïd un magasin de détail où se vendaient le» objets d'alimentation et une multitude d'autres objets nécessaires à la vie et d*un usage journalier. On eut & plusieurs reprises & détruire des salaisons et autres denrées qui étaient gâtées.

L'entreprise exploitait elle-même les magasins, la boucherie, la boulangerie, le restaurant, la cantine. Un radeau avait été construit pour amener jusque devant les magasins les marchandises apportées de Damiette.

Jusqu'au mois de juin, le mode d'alimentation des ouvriers était fixé diaprés un tableau : le magasinier devait fournir à chaque ouvrier sa ration ; de plus chacun pouvait acheter des denrées extra comme fruits, conserves, légume» frais, etc. ; mais, pour le vin et autres liquides alcooliques, la ration établie ne pouvait être dépassée.

D'après les comptes tenus pendant les six premiers mois de Tannée, les prix de la nourriture des rationnaires, y compris la fourniture de l'eau, étaient les suivants : pour les ouvriers européens 1 fr. 85 ; pour les ouvriers arabes (le biscuit étant compté à fr.60 le kilogramme) fr. 60.

Un restaurant fut ouvert le 1*' Juin et fonctionna d'une manière satisfaisante. Le personnel se composait de dix personnes : le restaurateur, deux cuisiniers, trois garçons de service, quatre arabes. Les prix des consommations étaient les suivants : un pain de 500 grammes fr. 25; potage fr. 10 ; plats divers (tiandes, légumes, salades) fr. 25 ; dessert fr. 10 ; le litre de vin fr. 60. La fabrication du pain revenait à fr. 51 le kilogramme. Le magasin de Damiette fournissait la viande de bœuf et de mouton; le prix du kilogramme de bœuf rendu à Port-Saïd était de fr. 99; le prix du kilogramme de mouton, 1 fr.60. Le même magasin fournissait également des légumes, des fruits frais et diverses autres denrées. Certaines denrées provenaient d'Alexandrie.

Dès le 1*' août, Port-Saïd fut ouvert à la vente libre de la volaille, des œufs, des légumes et des fruits apportés par des habitants de Damiette, et un marché fut installé pour ce commerce libre. Le Président de la Compagnie s'entendit avec le fermier de la pèche du lac Menzaieh pour que ce marché fut régulièrement approvisionné de poisson.

Enfin, on fit sortir des magasins et détruire des salaisons et autres substances alimentaires qui étaient g&tées et les magasins des arabes aussi bien que ceux des européens furent ravitaillés.

Avant l'adoption des diverses mesures qui viennent d'être indiquées, et bien que l'état sanitaire de Port-Saïd fût généralement satisfaisant, il se manifestait pourtant parmi la population des affections gastriques qui disparurent grâce à l'installation du restaurant et & l'introduction régulière de vivres frais.

Kanlara, — Le campement de Kantara était maintenant approvisionné par Damiette. Un dépôt avait été établi à Sàné, d'où les chameaux transportaient les vivres sur les différents points où se trouvaient des ouvriers. II y avait à S&né, deux troupeaux de chameaux, l'un appartenant & la Compagnie, l'autre à on loueur qni était venu s'installer là pour mettre ses chameaux au service de la Compagnie.

Le campement de Sàné dut être déplacé pendant la saison des hautes eaux du Nil et transporté près de Salahieh, c'est-è-dire plus haut dans le Bahr-Moéz, afin d'éviter le sol détrempé par la crue qui rendait certains passages difficiles.

176 HISTORIQUE DE l'ëXÉCCTION DES TRAVAUX

Le magasin de Rantara alimentait en vivres le campement d'El Ferdane. .

Toussoum, — Précédemment, les provisions de toute espèce nécessaires au i campement venaient du Caire par la station d*Awebet sise sur le chemin de fer du Caire à Suez. Elles venaient maintenant de Damiette par S&né et Salahieh.

La basse-cour du campement était peuplée de poules, oies et dindes; les bœufs et les moutons arrivaient sur pied ; les légumes frais ne manquaient pas ; on trouvait du lait.

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