‹ Le canal de SuezChapitre 76 sur 207 · LONGUEURS · texte numérisé non relu

LONGUEURS

DC8 CBANTIKnS

Mètres 4.000 3.200 1.600 1.200 1.700 2.500

HAUTEURS ûv TERRAl.N

AC-DKMU6 DU NIVCaC DB LA MCR

MOYK.INES

Mètres

MAXIMCM

Mètres 7,30 6,20 10,80 10,20 18,50 14,60

(Le campement d'El Guisr était établi au kilomètre 71,5 du canal. Le terrain, dans son emplacement, était à la cote 16", 70 au-dessus du niveau de la mer.)

La rigole à travers le Seuil devait être ouverte avec une largeur de 12 mètres au plafond et une profondeur de 2 mètres au-dessous du niveau de la mer.

Des profils transversaux en nombre suffisant avaient été levés dans la longueur de chaque chantier, de manière à pouvoir se rendre compte, non seulement du cube total à effectuer, mais encore des cubes partiels à enlever par tel ou tel mode, savoir : déblais à la brouette ordinaire, déblais à la brouette volante (appareil Balan), déblais à la brouette à bricole, enfin, déblais, d'abord à sec, puis à la drague, avec grandes toiles de transport.

Chaque chantier avait été divisé en petits ateliers de déblais destinés à être faits à la tâche par escouades de 10 ouvriers en moyenne quelque fût le système employé. Au droit de chaque atelier se trouvait une inscription en arabe indiquant le cube total à enlever et le prix total alloué pour Texécution complète du travail. Enfin un certain nombre d'ateliers de tâche étaient préparés à Tavance, c'est-à-dire munis des appareils et de tous les ustensiles propres au mode d'exécution du travail, de manière à être toujours prêts à recevoir et à mettre immédiatement à l'œuvre tous les ouvriers qui se présentaient.

Dans chaque chantier se trouvait un campement pour les surveillants des travaux. On construisit d'ailleurs sur toute la ligne des villages et des gourbis arabes. Le campement principal était établi au chantier V (El Guisr). C'était là qu'étaient installés les magasins, les ateliers, les bureaux et les logements des chefs et employés de la Compagnie et de l'Entreprise.

L'immense chantier du Seuil était organisé comme il vient d*étre dit dès le commencement de Tannée. Des eiTorts sérieux avaient été faits par Tentrepreneur pour imprimer une grande activité aux travaux. Les circonstances, malheureusement, ne furent pas, au début, favorables : dès le mois de décembre 1860, on était parvenu déjà à réunir sur les chantiers environ 2.000 ouvriers arabes; mais les outils et appareils n'arrivaient de France que lentement, en sorte que Ton fut obligé de commencer les déblais à la coufTe; les outils et appareils arrivèrent enfia; on les monta en toute hâte, et Ton espérait que les travaux allaient pouvoir prendre un grand essor, lorsque survint à la fin de Janvier un temps affreux de pluie froide mêlée de rafales qui fit déserter peu à peu les chantiers où il ne restait plus à la fin de février que quelques centaines d'arabes; on était alors à l'approche du Ramadan, et le retour des ouvriers surles chantiers n'eut lieu qu'après la période des fêtes du Ramadan et du Beïram.

Les chantiers étaient organisés de manière à pouvoir employer 5 à 6 mille ouvriers. Or, pendant l'année 1861, en outre de quelques centaines d'ouvriers libres, les contingents n'ont guère fourni mensuellement, en tout, pour les divers chantiers du seuil, que de 800 à 1.300 hommes; et encore, parmi ceux-ci, se produisait-il, en cours de travail, de nombreuses désertions. La plus grande partie des hommes des contingents furent affectés pendant l'année : d'une part, à l'amélioration de la rigole de service de Port-Saïd à Kantara et à la rapide exécution du prolongement de cette rigole jusqu'à El Ferdane ; d'autre part, et surtout, à la construction du canal d'eau douce de Gassassine à Ismaîlia^

Modes d'exécution et marche des travaux dans les différents chantiers, — Chantier I. - Les travaux furent entrepris sur ce chantier dès le commencement de l'année.

Les terrassements se firent d'abord à la coufTe et à la brouette ordinaire; puis, dans le courant de février, on installa un certain nombre d'ateliers à la brouette à bricole en remplacement des ateliers à la couffe.

Les travaux, interrompus pendant le Ramadan, ne reprirent un peu d'activité que dans la seconde quinzaine de mai pour se continuer ensuite, avec une activité croissante, jusqu'à la fin de novembre.

Chantiers U et III. — Les travaux ne furent entrepris sur ces deux chantiers qu'en avril. Ils s'exécutaient à la brouette ordinaire. Dès le mois suivant et jusqu'à la fin de l'année, les deux chantiers restèrent complètement abandonnés.

1. Voir, un peu plus loin, le tableau figurant à l'article intitulé Becrutement des ouvriers indigènes.

206 HISTORIQUE DE l'eXÉCCTION DES TRAVAUX

Chantier IV, — On avait, sur ce chantier, pendant les deux premiers mois de Tannée, entamé d'abord, à la couffe, un profil complet du canal, puis, abandonné la portion Egypte après y avoir déblayé 2.900 mètres cubes ; on continua ensuite provisoirement les déblais à la coufîe du côté Asie ; puis, on abandonna définitivement ce mode d'exécution, et Ton installa un certain nombre d'ateliers à la brouette ordinaire et à la brouette à bricole.

Les travaux, interrompus pendant le Ramadan, reprirent en a?ril avec les deux modes d'exécution qui viennent d'être indiqués. Quelques appareils Balan furent montés en juin.

Les travaux furent abandonnés en octobre. Le seul travail exécuté sur le chantier en septembre avait consisté à élever, par la confection d'un cavalier, le talus Asie de la tranchée afin de pouvoir y appuyer, pour ses essais, la grande toile sans fin. (En dernier lieu, on renonça provisoirement à ces essais, et la toile fut rentrée en magasin dans le courant de novembre.)

Chantier V. — Sur ce chantier, comme au chantier IV, on avait d'abord entamé à la couffe un profil complet du canal ; puis, on avait renoncé à ce mode de travail pour installer sur les divers points, suivant les dispositions du terrain, des ateliers à la brouette ordinaire et des appareils Balan.

A partir de juin, les déblais furent faits presque exclusivement à l'aide des appareils Balan, distribués au nombre de vingt-cinq dans la longueur du chantier.

Les travaux furent interrompus, faute de bras, en octobre, repris le mois suivant, et de nouveau interrompus en décembre.

Chantier VL — Les travaux s'exécutèrent principalement sur ce chantier à la brouette ordinaire. Quelques portidns des contingents travaillèrent à l'aide d'appareils Balan.

Sur une notable partie du chantier, la partie supérieure du terrain consistait en pierres siliceuses.

Observations diverses. — Pendant les premiers mois de Tannée, le Khamsin amena dans les tranchées des différents chantiers des apports de sable dont l'importance totale, à la fin de mai, était de 7.610 mètres cubes. Dès les premières constatations de ces apports, on s'occupa de la construction d'écrans protecteurs sur les points menacés. L'expérience fit bientôt reconnaître que les écrans en roseaux, primitivement employés, étaient trop faibles et qu'ils ne pourraient, d'ailleurs, être fabriqués en quantité suffisante, et Ton y substitua des écrans en clayonnage.

Chacun des appareils Balan était desservi par douze hommes. Ces appareils furent loin de donner les bons résultats qu*on en avait espérés. Ils éprouvaient des ruptures fréquentes qui exposaient la vie des hommes; ils exigeaient un apprentissage assez long, pendant

lequel les ouvriers ne produisaient presque rien, et cet iaconvénient était aggravé dans une large mesure par le renouvellement fréquent des ouvriers des contingents; ceux-ci, d'ailleurs, ne s'accoutumaient que difficilement à un pareil mode de travail ; il fallait un grand nombre de surveillants pour les faire marcher et il en résultait une notable augmentation du prix de revient du mètre cube de déblai. Le prix par mètre cube payé par l'Entreprise aux ouvriers n'était que de fr. 30, et les ouvriers ne parvenaient même pas à faire 1 mètre cube par homme et par jour.

En ce qui était, enfin, de l'emploi des brouettes à bricole, on fut à même de constater que ce mode de travail, exigeant de sérieux efforts musculaires, ne convenait guère, non plus, aux ouvriers des contingents, parmi lesquels se trouvait toujours un trop grand nombre d'hommes faibles et d'enfants.

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