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Ce mode d'exécution était le suivant

Les hommes, dévêtus, se disposaient par files en travers de la rigole; dans <^haque file, les hommes du milieu de la file, ayant le bas des jambes dans l'eau, enlevaient du fond, avec leurs mains, des mottes de terre humide préalablement retournées à l'aide de pioches du pays, appelées fass, et ces mottes de terre étaient ensuite transportées de main en main jusqu'à la berge.

200 HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX

La rigole Asie de 4 mètres de largeur au plafond, jusqu'à Kantara, à part quelques points restant à améliorer, fut terminée, et sa dernière section mise en eau, dans les premiers jours de juin *.

Pendant les travaux, des apports de sable, d'un cube, ensemble, de 4.629 mètres cubes, eurent lieu dans les tranchées de Tilot du Cap et de Kantara. On construisit sur les points menacés des défenses, les unes en roseaux, les autres en clayonnages.

A partir de Tachèvement de la rigole, d'importants chantiers de terrassements restèrent occupés à une série d'améliorations jusqu'au 10 octobre, date à laquelle les déblais à sec durent être interrompus par suite de l'envahissement des eaux du lac.

Les diverses améliorations successivement exécutées ont été les suivantes :

Les hommes qui avaient été précédemment employés au creusement de la rigole depuis la drague n^ 3 (kilomètre 17) jusqu'à l'îlot du Gap, revinrent sur leurs pas, en reculant et dressant les berges. Arrivés à l'emplacement de la drague n<*3, ils eurent à refaire, au-delà, sur une longueur de 800 mètres, une portion de rigole qui avait été creusée dans la vase ;

A la traversée de Tilot de Ras-el-Ech, élargissement de la rigole : travail sous l'eau, difficile;

A la traversée de l'îlot du Cap, élargissement de la rigole et confection du talus à 2 pour 1 sur la rive Asie ;

De l'îlot du Cap à Kantara, approfondissement de la rigole ; construction de deux endiguements à la traversée du lac : travail difficile dans de l'eau saturée de sel ; on eut à combattre des renards qui se produisirent dans les digues et qui étaient dus à la grande quantité de sel contenue dans les terres ayant servi à la construction des digues. Par

1. La mise en eau de la dernière section de la rigole eut lieu lors d'une tournée faite sur les travaux, au commencement de juin, par le Président de la Compagnie accompagné du directeur général des travaux et du représentant de Tentrepreneur.

Les voyageurs partis de Kantara, parcoururent d abord à pied, sur la berge de la dernière section de la rigole encore à sec, environ 13 kilomètres. Au bout de ce trajet se trouvait le barrage de retenue des eaux de la partie de la rigole déjà en eau. Dès Tarrivée du Président, plusieurs centaines d'arabes se jetèrent dans la rigole, et, au milieu des cris de joie, détruisirent rapidement le barrage. Les eaux se précipitèrent alors en cascade dans la dernière partie de la rigole et se répandirent jusqu'à Kantara.

Des barques avaient été préparées pour permettre au Président de se rendre par la rigole jusqu'à Port-Saïd où il arriva dans la soirée après avoir inspecté, chemin faisant, les chantiers établis dans les divers ilôts pour rachèvement et le perfectionnement des tranchées et des berges.

Le voyage de Kantara à Port-Saïd s'était fait en moins d'un jour, alors que précédemment, à cause des détours qu'il fallait faire, on devait y employer trois jours.

saile de ces renards, un abaissement du plan d*eau eut lieu dans la rigole, à la traversée du Gap où le plafond était déjà trop haut. Enfin, par suite des pertes d'eau à travers les digues, un courant assez fort existait dans ce passage; on y remédia provisoirement par la construction d'un barrage à poutrelles, qui permit la navigation par éclusées ;

Sur 2 kilomètres au nord de Kantara, relèvement des terres du cavalier et réfection du chemin de halage : les terres n'avaient pas été portées assez loin et menaçaient de retomber dans la fouille;

Renforcement, avec des sables pris dans la dune de Tllot du Gap, des deux digues établies dans le lac entre Tilot et la terre ferme. Le profil de ces digues présentait une largeur de 12 mètres à la base et de 4 mètres à la crête, et une hauteur de 2 mètres ;

Fermeture laborieuse d'une brèche de 10 mètres de longueur, que les renards avaient produite dans la digue Asie.

En décembre, la digue Asie, d'une longueur de 275 mètres, fut emportée sur une longueur d'une quarantaine de mètres par suite de tempêtes dans le lac.

Ebauche d'une rigole de navigation sur la rive Aftique, — A partir de juillet, on entreprit le creusement à sec de deux portions de rigole sur la rive Afrique, savoir :

A rtlot d'El Sig, creusement, sur une longueur de i .560 mètres, d'une rigole qui devait avoir 14 mètres de largeur surO'",80 de profondeur: le déblai sous l'eau était très difficile ; il fatigua les hommes et dut être abandonné à moitié achevé ; le cube des déblais avait été de 8.545 mètres cubes ;

A partir de la drague n<* 3 (kilomètre 17), en marchant vers le sud, creasemout sur une longueur de 4.500 mètres, d'une rigole de 4 mètres de largeur au plafond et de i mètre de profondeur en contrebas du niveau de la mer, et confection sur la rive Afrique d'une banquette de 3 mètres de largeur à 1 mètre au-dessus du niveau de la mer : cube totaldes déblais, environ 37.000 mètres cubes. Un bourrelet de ceinture avait été d'abord établi pour garantir le chantier de Teuvahissement des eaux du lac : cube des terrassements, environ 3.000 mèlres cubes.

Les délais à sec sur la portion de canal de Port-Saïd à Kantara darent, comme il a été déjà mentionné, être interrompus à partir du 10 octobre.

2* Partie du canal de Kantara a El Ferdane. Prolongement jusqu'à ElFerdane de la rigole de service de la rive Asie. — En même temps que sexécutaient les travaux de la rigole Asie de 4 mètres de largeur au plafond entre Port-Saïd et Kantara, de nombreux chantiers avaient été organisés pour le prolongement de cette rigole, jusqu'à El Ferdane.

Dès le mois de mars, au droit du campement de Kantara, avait été installé un grand chantier de déblais à sec pour préparer le chemin de la drague n® 8 en marchant vers le Sud. Le chenal ainsi ouvert, d'abord

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avec une largeur de 15 mètres, puis de 10 mètres, avait été prolongé jusqu'au pont du Trésor*. Il avait une longueur de 750 mètres.

A partir de la mise en eau, au commencement de juin, de la première partie de la rigole de service s'arrêtant à Kantara, d'énergiques efforts furent faits pour activer le plus possible la construction de la seconde partie de la rigole jusqu'à El Ferdane.

Quelques parties de cette rigole furent ouvertes avec des largeurs de 8 à 12 mètres et des profondeurs variables de 1 mètre à2"^,50.

De nombreux ouvriers des contingents, indépendamment d'un certain nombre d'ouvriers libres, participèrent à ces travaux qui se faisaient partie à la coufTe, partie à la brouette.

Les travaux présentèrent les quelques particularités suivantes :

Dans le chantier du premier lac Ballah on rencontra une couche de pierre à plâtre d'environ 0*,80 d'épaisseur qui exigea l'emploi de la poudre ;

Un petit barrage en terre, de 30 mètres de longueur, fut construit à 8 kilomètres de Kantara dans le but d'empêcher la réunion des eaux des lacsMenzaleh et Ballah et d'assurer les communications;

Afm d'éviter la submersion complète des lacs Ballah, dont le sol se trouvait moyennement à 0"*,60 au-dessous du niveau de la Méditerranée, on construisit provisoirement sur la rive Afrique de la rigole, dans toute la traversée de ces lacs, sur une longueur de 6.220 mètres, avec des terres provenant d'un élargissement de la rigole, une digue de 3™, 55 de largeur moyenne et de 1*,15 de hauteur; ce travail exigea un terrassement de 25.400 mètres cubes; les terres devaient être enlevées plus tard pour le creusement du Canal.

Le barrage de Kantara fut coupé le 25 décembre, et l'eau, pénétrant alors dans la seconde partie de la rigole de service, suivit d'abord son cours jusqu'à l'extrémité; mais il y eut presque aussitôt un reflux occasionné surtout par la rupture, en quelques points, du bourrelet établi entre l'îlot du Cap et Kantara. Ces avaries ayant été promptement réparées, Teau arriva définitivementà El Ferdane, le 29 décembre; et, à partir de ce moment, les transports par eau fonctionnèrent régulièrement sur toute la longueur de la rigole de service, de Port-Saïd à El Ferdane.

DRAGAGES

Partie du canal dk Port-Saïd a Kantara. — Les dragages sur la partie du canal de Port-Saïd à Kantara furent exécutés dans les conditions suivantes :

La drague n° 1, après avoir travaillé au creusement de la rigole de

i. Le pont du Trésor était construit sur le canal d'écoulement des eaux du lac Ballah et d'assèchement des terrains avoisinants au passage du chemin des

pourtour du grand bassin du port, pénétra en juin dans le canal où elle fut employée jusqu'à la fin de Tannée au creusement d'une rigole de navigation sur la rive Afrique ;

La drague n° 3, placée au kik)mètre 17 sur la rive Asie du canal, se trouvait, dès le mois de mars, grdce à Texéculion d'une portion de la rigole de senice, en communication permanente avec le lac ; elle put donc procéder à ses essais ; mais elle avait un couloir trop court et les terres extraites, à moitié fluides, retombaient dans la fouille, en sorte que les déblais exécutés pendant les essais furent presque entièrement en pure perte. La drague ne passa qu'en octobre au service des travaux, continuant d'être employée au creusement de la rigole Asie;

La drague n^ 4, placée au sud de l'Ilot de Ras-el-Ech, vers le kilomètre 14, avait, dès le mois de mars, comme la drague n° 3, et grâce à l'ouverture de la rigole de service à travers l'Ilot, été mise en commu- Dication permanente avec le lac. Elle ne commença pourtant à fonctionner régulièrement qu'en octobre et fut employée au creusement de la rigole Asie ;

La drague n*» 3, placée au nord de l'tlot d'El Sig, vers le kilomètre 6, avait commencé ses essais en mars pour faire sa fouille ; puis elle s'était arrêtée; elle n'entra en fonctionnement régulier qu'en octobre et fut employée, comme les deux précédentes, au creusement de la rigole Asie ;

La drague n® 6, placée à peu de distance de l'origine du canal et qui navait pu encore fonctionner, faute d'eau, s'ouvrit, en mai, un chenal p\)ur revenir sur le tracé du canal dont elle avait été écartée vers l'Est Pendant une bourrasque de l'biver, par suite d'un ancrage insuffisant. Eile fut envoyée dans le bassin de l'Arsenal pour faire ses essais déflnilifs, puis, revint en décembre à son emplacement primitif sur le canal maritime et fut alors employée au creusement du chenal Afrique;

Enûn, la drague n^^ 7, après avoir fonctionné dans les bassins du port, fut employée pendant le mois d'août au creusement de la rigole Asie sur la première partie du canal maritime.

li. — PAIITIE DU CANAL d'eL FEnOANB AU LAC TIMSAH

(traversée du seuil d'el guisr)

La rigole maritime à la traversée du seuil d'El fiuisr, établie sur la rive Asie du canal, en prolongement de la rigole de service de Port- 5àid à El Ferdane, devait être ouverte de suite avec ses dimensions d'^linitives comportant une largeur de 15 mètres à la ligne d'eau et ane profondeur de 2 mètres.

•rendes caravanes de Syrie. Des mesures provisoires durent nalurelleinent ^■**n prises pour éviter que les travaux n'apportent la moindre entrave à cette UBportanie communication.

HISTORIQUE DE l'eXÉCCTION DES TRAVAUX

Ainsi qu'il a été déjà mentionaé précédemment, les travaux de terrassements pour l'ouverture de cette rigole avaient été divisés en six grands chantiers portant les numéros I à VI en allant du nord au sud.

Ces chantiers étaient répartis comme suit :

Chantier 1 (El Ferdane)

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