‹ Le canal de SuezChapitre 89 sur 207 · SERVICE DE SANTÉ DU 1^*^ MARS 1861 AU 1*' MARS 186S · texte numérisé non relu

SERVICE DE SANTÉ DU 1^*^ MARS 1861 AU 1*' MARS 186S

(kxthait du rapport du méukcin' en chef)

Le service de Santé pendant Tannée 1861-1862 avait été fait par neuf médecins et deux pharmaciens.

Circonscription de Port-Saïd. — Au point de vue de la santé générale, un sérieux progrés avait été réalisé à Port-Saïd dans tout ce qui concernait rhygiéne et la salubrité : les habitations, chaque jour plus nombreuses, permettaient de donner à chacun plus d'espace; les tentes, qui étaient la cause déterminante d'affections bronchiques et rhumatismales, avaient presque complètement disparu ; une police de salubrité organisée permettait de veiller au nettoyage des maisons et des rues; en outre, Talimentation avait beaucoup gagné.

La population à la fin de Tannée était d'environ 4.000 habitants, dont 1.100 européens. Le chiffre moyen des européens (hommes, femmes et enfants) pendant Tannée avait été de 732, sur lesquels il y eut 10 morts, soit 1.37 0/0.

Ras-el-Ech. — Au cours de Tannée précédente on n'avait pas été sans inquiétude en voyant apparaître dans le campement des embarras gastriques, des diarrhées et des ophtalmies ; mais les craintes avaient bientôt cessé en reconnaissant que ces maladies étaient dues, non à un défaut de salubrité de la localité, mais à des privations et à une alimentation défectueuse des habitants : pendant la période des eaux basses du lac, les communicaticms étaient très difficiles, il fallait s'approvisionner d'eau et de vivres pour plusieurs jours, alors que des aliments frais étaient de toute nécessité, surtout Tété. Dès que les eaux du lac eurent remonté, les communications étant redevenues faciles, les affections disparurent.

Le climat du lac était, en réalité, des plus salubres. Malgré les importants déblais déjà exécutés dans Teau et dans la vase pour le creusement de la rigole maritime depuis El Sig jusqu'à Kanlara, aucun cas de fièvre pernicieuse ni même de fièvre intermittente ne s'était produit parmi les travailleurs, non seulement chez les arabes, mais même chez les européens.

Circonscription de Kantara. — La santé continua d'être excellente dans les deux campements de Kantara et d'El Ferdane.

Seuil d'El Guisr, — Il n'y eut sur les chantiers du Seuil aucune maladie due aux travaux de terrassements.

Canal d^eau douce. — Parmi les nombreux ouvriers emplo^'és aux travaux du canal d'eau douce, on avait compté neuf cas de fièvre intermittente simple qui avaient facilement cédé à quelques doses de sulfate de quinine. Les ouvriers avaient contracté la maladie sur les bords du lac Maxama où la fièvre se montrait chaque année, surtout lors de la crue du Nil.

TABLEAU DE LA MORTALITÉ DANS l'istILME PENDANT l'aNNÊE 1861-62

Européens

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Arabes

DOMAINE DE LA COMPAGNIE 1. DOMAINB DE l'OuADY

La Compagnie fit l'acquisition, en mars 1861, au prix de 1.997.537 fr. 37, frais compris, du domaine de l'Ouady, provenant de la succession du prince El Hamy Pacha, fiis du précédent Vice-Roi Abbas Pacha et petit-neveu de Saïd Pacha.

Ce domaine était situé à l'entrée de la vallée de Gessen dont il occupait le thalweg; il s'étendait depuis Abascé jusqu'au lac Maxama, comprenant ainsi une longueur d'environ 25 kilomètres; sa largeur, limitée au Sud par les dunes de sable faisant suite ii la grande chaîne libyque était, en moyenne, de 5 kilomètres. La superGcie totale du domaine était évaluée à environ 22.000 feddans, un peu moins de 10.000 hectares'.

La direction du domaine acquis par la Compagnie fut confiée à M. Guichard qui fixa sa résidence à Tel-el-Kébir. Lorsque la Compagnie prit possession du domaine, dans le courant de 1861, il n'y avait en culture qu'environ 6.000 feddans, rapportant au plus 4.000 livres égyptiennes (environ 104.000 francs), avec une population d'environ 4.500 habitants. Moins de cinq ans plus tard, l'Ts de la vente qui fut faite alors de la propriété au Gouvernement égyptien ■en janvier 1866), M. Guichard était parvenu à ce résultat d'attirer sur le domaine une population de 14.000 habitants, dont 4.500 bédouins, et de mettre en culture plus de 12.000 feddans représentant, en baux authentiques, un revenu de plus de 650.000 francs et une moyenne de location de 70 francs ;270 piastres-tarif) le feddan.

En conformité de l'article 6 de la Convention du 30 janvier 1866, la Compagnie vendit au Gouvernement égyptien la propriété de J'Ouady, telle qu'elle existait alors, avec ses bâtiments et dépendances, au prix de 10 millions de francs-.

Le Président de la Compagnie, dans son rapport à l'assemblée générale des arlionnaires du 1" mai 1862, exposa comme suit les considérations qui avaient décidé la Compagnie à faire l'acquisition du domaine.

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