‹ Le canal de SuezChapitre 88 sur 207 · DES CHANTIERS · texte numérisé non relu

DES CHANTIERS

Rantara

Lacs Ballah

Seuil d'El Guisr :

Chantier I

Canal d'eau douce

Totaux mensuels.

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* Les chiffres renseignés en mai comprennent les deux premiers contingents.

Les ouvriers des contingents ne travaillaient guère, en moyenne, que pendant une quinzaine de jours, les autres quinze jours du mois étant pris par le temps employé à la réunion des hommes, par les voyages d'aller et de retour et par la mise en chantier des ouvriers. 11 se produisait en outre chaque mois, — ainsi qu'il est dit ci-dessus, — des désertions plus ou moins nombreuses.

Au Canal d'eau douce, les déblais étaient payés par l'Entreprise à raison de 40 centimes le mètre cube, exceptionnellement, 50 centimes dans les terrains durs. Or, les ouvriers ne faisaient guère, généralement, qu'un mètre cube par jour, en sorte que, indépendamment du voyage d'aller et de retour à leurs frais, ils gagnaient à peine, pendant leur séjour sur les travaux, un salaire suffisant pour payer leur nourriture. C'était cette insulfisance de gain journalier qui était la principale cause des désertions et ce qui faisait qu'aucun ouvrier n'était tenté de rester librement sur les travaux. Le prix alloué par mètre cube de déblai était assurément un peu faible; mais l'insuffisance trop réelle du salaire journalier était due surtout à l'inexpérience et au peu d'habileté d'ouvriers incessamment renouvelés. Comme il y avait beaucoup de variété dans la nature du terrain, on chercha à améliorer les conditions du travail en faisant varier l'importance des tâches suivant le plus ou moins de dureté du terrain de manière à égaliser autant que possible la

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rémunération des différents groupes d'ouvriers : cette mesure eut le bon résultat de supprimer une des causes qui provoquaient du mécontentement et du découragement sur les chantiers. Plus tard, on prit cette autre mesure de mettre les ouvriers à Tœuvre avec la condition formelle que chaque tâche ne serait payée qu'après être complètement achevée, et la mesure eut également de bons résultats. Certains contingents arrivaient à faire 1*%50 par jour et à toucher, par conséquent, un salaire de 60 centimes.

Au (>anal maritime, le prix du mètre cube de déblai n'était que de 30 centimes ; le prix était le même pour les ouvriers libres travaillant à la brouette et qui parvenaient à faire 2**,50 par jour. Les ouvriers des contingents, travaillant à la coutTe, ne faisaient guère que 1 mètre cube à 1"'%25; ceux qui travaillaient aux appareils Balan, que O'^^fCO. De là des salaires d'une telle insuffisance qu'ils provoquaient de nombreuses désertions.

Visite du Vice-Boi clans Vhthme. — Le Vice-Roi fît dans l'Isthme, au commencement de décembre, une visite qui eut pour la Compagnie les plus heureuses conséquences par la très sérieuse impulsion que reçurent alors les travaux '.

Son Altesse fut tellement satisfaite du canal d'eau douce, sur lequel elle avait navigué jusqu'à Makfar, qu'elle résolut de hâter son achèvement jusqu'à Timsah et de le faire ensuite prolonger immédiatement jusqu'à Suez, sans oublier, d'ailleurs, le prompt achèvement de la rigole maritime jusqu'au lac Timsah. En vue de ces travaux, le Vice-Koi donna pour la première fois des ordres écrits aux gouverneurs des provinces pour que la Compagnie eût 15.000 hommes à la lin du mois et 25.000 hommes les mois suivants, sans compter une corvée spéciale qu'il comptait faire venir de la Haute-Egypte. Les nouveaux contingents devaient être conduits et surveillés par le Ministre de la maison de Son Altesse et son homme de confiance, Orfan Pacha, qui serait secondé par les gouverneurs des trois provinces de Galoubieh, de Tantah et de Mansourah, voisines de l'Isthme.

Le régime des corvées proprement dites succéda ainsi, à partir du mois de janvier 1862 au mode précédent de recrutement. A vrai dire, depuis plusieurs mois déjà, le service de recrutement ne fonctionnait plus, les gouverneurs des

1. Le Vice-Roi accompagné du Président de la Compagnie, qui était venu attendre Son Altesse à Tel-el-Kébir, arriva dans la soirée du 6 décembre au chantier V du Seuil (El Guisr) où il passa la journée du T et la matinée du 8. Pendant ce séjour, il alla avec le Président visiter les environs : le débouché de la tranchée du Seuil dans le lac Timsah avait surtout attiré l'attention de Son Altesse qui déclara vouloir faire construire une habitation sur le plateau qui dominait ce débouché « afin de voir et d'entendre couler l'eau de la Méditerranée dans le lac Timsah ».

Le Vice-Roi quitta El tvuisr avec M. de Lesseps dans la matinée du 8. Ils firent une première halle sur le plateau où devait s'élever la ville de Timsah, et d'où son Altesse put admirer l'aspect grandiose qu'offrait le futur port intérieur de l'Isthme; seconde halte autour du puits de Néfiche ; troisième halte à la ferme de Bir-abou-Ballah, où Son Altesse se fit apporter des échantillons de tous les produits des essais de culture de la Compagnie ; vers midi, entrée à Toussoum entre deux haies d'ouvriers criant vive SaidJ et aux sons d'une musique militaire de la garde égyptienne. Le Président était à cheval à côté du Vice-Roi. Le cortège était composé de six dromadaires richement caparaçonnés, de la voiture de la suite de Son Altesse attelée de six mules, de la voiture de la Compagnie attelée de six dromadaires, enfin de 250 soldats de la garde montés à dromadaire. Après cette visite, le Vice- Roi partit pour rentrer au Caire.

trois provinces, en conformité des instructions du Vice-Roi, fournissant les contingents mensuels sur les simples demandes de TEntreprise.

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