LACUNES
Longueurs
mètres
soo
pénible et qui ne put être amené à bonne fin qu'à force de persévérance. La Compagnie trouva heureusement dans la population du lac Menzaleh des ouvriers vigoureux, patients, acclimatés, et très habitués à travailler dans les eaux vaseuses du lac : ils recueillaient la vase dans leurs mains unies, la pressaient pour l'égoutter et la déposaient en forme de bourrelet sur le bord des rigoles. Par ce moyen, et non sans avoir eu à subir, en cours de travail, par Taction des lames, de fréquentes avaries, promptement réparées, on était {>arvenu à constituer des bourrelets d'une consistance suffisante derrière lesquels les dragues pouvaient déposer leurs produits : on avait soin de laisser î^tcher par l'action du soleil les premières couches de matières déposées avan
258 HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX
A rextrémité de la dernière partie de la rigole de navigation mentionnée au tableau ci-dessus cessaient les portions qui avaient été faites à la drague. Le reste de la rigole jusqu'à El Ferdane avait été creusé et continuait d'être creusé à bras d'hommes, avec une largeur de 12 mètres à la ligne d'eau et une profondeur de 1™,20. Toute cette seconde partie de la rigole était à Tabri de l'envahissement des eaux du lac.
Le tableau relatif à la rigole de ser^ice montrait que certaines portions do cette rigole avaient été déjà, soit exécutées, soit élargies à la drague ; que d'autres portions, ouvertes à la largeur de 4 mètres au plafond, avaient, par suite d'éboulements, subi des rétrécissements. Dès Tannée précédente, la rigole, au-delà du lac Menzaieh, avait été ouverte à bras d'hommes jusqu'à El Ferdane, généralement à 4 mètres de largeur au plafond et 0'",50 de profondeur, certaines parties avec des largeurs de 8 à 12 mètres et des profondeurs de 1 mètre à 1™,20.
On voit d'ailleurs, par les indications des deux tableaux, que, pour arriver à isoler le canul sur les deux rives du lac Menzaieh, il restait encore à ouvrir à la drague des rigoles d'une douzaine de mètres de largeur moyenne et de 1",50 de profondeur sur une longueur, ensemble, de 8.955 mètres, ce qui représentait un cube total à draguer d'environ 160.000 mètres cubes.
Les travaux furent poussés le plus activement possible pour arriver à ce résultat.
A la fin de l'année, les deux rigoles se trouvaient isolées du lac Menzaieh par les bourrelets de rives sur toute la longueur du canal de Port-Saïd à El Ferdane. Toutefois, le bourrelet de la rive Afrique avait besoin d'être renforcé sur un assez grand nombre de points. Il en était ainsi notamment sur la partie du canal comprise entre l'îlot du Gap et Kantara, où le bourrelet Afrique était violemment attaqué par
les eaux du lac.
Il est à peine besoin de faire remarquer que la rigole de navigation, à son arrivée à El Ferdane, passait de la rive Afrique à la rive Asie.
Partie du Canal à la traversée du seuil d'El Guisr. — Les travaux d'ouverture de la rigole maritime à travers le seuil d'El Guisr, grâce à
d'y ajouter d'autres couches. Les berges purent être ainsi successivement exhaussées. Malheureusement, on ne parvint pas toujours à leur donner à temps une hauteur sufflsante pour leur éviter d'être surmontées, pendant les gros temps de l'hiver, par les eaux gonflées du iac. De là, des ruptures fréquentes de portions de digues venant détruire le fruit d'un long et laborieux travail. Ce ne fut qu'assez tardivement, lorsque les digues, grâce aux remblais fournis par les dragues, eurent atteint la hauteur de 2 métrés à laquelle elles furent déflnilivement établies, avec un talus très allongé du côté du lac, qu'elles fur'^nt désormais à l'abri de nouvelles ruptures.
de Dombreux contingents mensuels, furent exécutés avec une grande activité à partir du mois de février.
Le prix du mètre cube de déblai payé aux ouvriers variait de fr. 35 à Ofr. 50, suivant la dureté du terrain et la profondeur de la fouille.
La tranchée était complètement ouverte dans les derniers jours de la première quinzaine de novembre. On avait barré les eaux près d'El Ferdane, et, grâce au débouché qui était maintenant donné aux eaux d'infiltrations vers le lac Timsah, on put approfondir la rigole dans rétendue des chantiers I et H, où la présence prématurée des eaux d'infiltrations avait empoché, précédemment, d'obtenir une profondeur suffisante. iO.OOO hommes furent employés à ce travail. Bref, on fut prêt à la date du 19 novembre qu'avait fixée le Président pour rinauguration de l'entrée des eaux de la Méditerranée dans le lac Timsah.
Des palissades de protection contre les apports de sables provoqués par les tempêtes de Khamsin avaient été établies sur presque toute la longueur du Seuil, et l'on en avait mis un double rang, avec épis transversaux à la traversée des dunes d'El Ferdane. La longueur totale de ces palissades construite pendant Tannée a été de 16.675 mètres.