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AGRONOMIE

La pourriture des raisins. — Au moment de leur maturité, les raisins peuvent être attaqués par divers champignons déterminant des pourritures dont les effets sont tout différents.

M. Lafforgue (Vie agricole et rurale , 7 sept. 1912) les classe en deux catégories principales : Pourritures acides du début de la maturité; pourriture proprement dite due au botrytis cinerea à la fin de la maturité.

La pourriture acide ou acétique est provoquée par des levures qui pénètrent dans les grains attaqués par les insectes.

La pourriture du botrytis peut être utile ou nuisible suivant les circonstances.

Dans la plupart des vignobles, le champignon vit aux dépens de l’acidité et du sucre (Müller-Thurgau) en compagnie de moisissures et en particulier du Pénicillium crustaceum. Ce dernier s’attaque surtout au

NOTES ET ACTUALITES

tannin et à la matière colorante. Enfin, le botrytis secrète les ferments solubles de la casse des vins.

Gomme remèdes préventifs à la pourriture grise , on signale les engrais phospho-potassiques, lespulvérisations cupriques de la grappe ; comme remède curatif, un mélange de chaux hydraulique et plâtre aluné en poudre.

Pour utiliser les raisins pourris, il est préférable de vinifier en blanc; on doit en tous cas sulfater énergiquement.

Dans les crus de Sauternes (Gironde), Monbazillac (Dordogne) et de lia vallée du Rhin, le botrytis a, au contraire, une action favorable, c’est la pourriture noble. Elle ne doit s’exercer que sur un raisin déjà mûr, de façon à provoquer sa concentration, en digérant l’acidité et favorisant l’évaporation. Nous avons signalé le fait pour le Jura ( Revue Seient.r juin 1942). Les grains passent par l’état de pourri plein, puis de rôti , c’est-à-dire qu’ils sont ratatinés..

M. Laborde a montré que, dans la Gironde, la concentration du moût suivait la marche suivante :

Grammes de sucre par litre

cru A

cru B

Grains sains. . .

220 gr.

Grains pourris pleins.

Grains rôtis .

Pour que la pourriture suit noble, certaines conditions de climat et certaines pratiques culturales sont exigées :

Choix de cépages précoces à pellicule résistante;

Effeuillage ;

Cueillettes successives grain par grain.

Il en résulte un vin peu abondant mais à la fois liquoreux et délicieusement bouqueté.. P. La.

La vigne aux environs de Paris. — On sait que la vigne a été cultivée à une époque relativement récente sur l’emplacement d’un certain nombre de quartiers du Paris actuel. Le « vignoble de Montmartre » a été étudié avec précision par Ch. Sellier (Curiosités du VieuxMontmartre, Champion éd. 1904) et un certain nombre de « clos « ont laissé leur trace dans la toponymie parisienne : clos des Arènes, clos Bruneau, clos Payen, etc. Mais ce qui est moins connu, c’est l’importance considérable que possédait la culture de la vigne aux environs de la Ville. Tous les historiens, à commencer par l’abbé Lebeuf, sont d’accord pour signaler un peu partout des « cultures de vignes », mais ces affirmations, tout en étant fort précieuses, manquent de précision topographique. Les seules cartes anciennes, véritablement dignes du nom de cartes, que nous possédions de la région parisienne sont celle de Delagrive, publiée en 1740 (environ au 1/50.000), et celle dite des Chasses (1764-1773, publiée en 4807) qui équivaut à peu près comme échelle à notre 1/80.000. Ces cartes sont, surtout la seconde, admirablement gravées, et reproduisentla planimétrie de l’époque avec une extraordinaire fidélité. Toutes les cultures ont été rigoureusement distinguées, bois, labours, vignes, et grâce à cette scrupuleuse exactitude nous pouvons nous faire une idée exacte de l’importance de la culture de la vigne aux environs de Paris dans la seconde moitié du xvme siècle.

Montmartre et Romainville, éventrés en tous sens par les carrières de pierre à plâtre, ne présentaient que des clos sans importance, sauf sur le versant sud à.

remplacement de l’actuel quartier Popincourt. Mais c’est au sud et à l’ouest de Paris que la culture de la vigne était en honneur ; vers Meudon, Sèvres, Saint- Cloud, Puteaux, Suresnes, on peut dire sans exagération qu’à part quelques pièces de terre labourable, tout était en vignes. Si nous consultons maintenant une des premières cartes géologiques connues, celle de Maire (1821), nous verrons quels étaient les sols affectionnés par cette culture. Cette carte, dressée d’après celle des Chasses, est de peu d’intérêt au point de vue planimétrique mais, ce qui estprécieuxpour nous, elle porte un certain nombre d’indications géologiques et agronomiques ; tous les « pays de vigne » sont, notamment, fort bien mentionnés. En comparant la carte de Maire à une carte géologique à grande échelle, par exemple à celle de Dollfus (1/40.000) nous déterminerons immédiatement le sous-sol des vignobles de la Banlieue.

Dans les vallées de la Seine et de la Marne, les alluvions et graviers modernes a1 étaient cultivés en vignes à Ivry-sur-Seine, Joinville-le-Pont, Neuilly-sur*Marne, Neuilly-Plaisance, Rosny- sous-bois, Gagny, Chelles, j Courtry et, dans la plaine Saint-Denis, aux environs de ij Stains.

Naturellement les coteaux bien exposés étaient encore plus riches en vignobles. Voici les principales : stations :

Les marnes du gypse de la colline Sannois-Cormeilles- ! en-Parisis;

Le calcaire grossier e1 de la boucle de la Seine aux ! environs de Houilles ;

! Les travertins et marnes de Saint-Ouen e- plus ou moins couverts de limon sur la rive nord de la Marne; i Les marnes de la Brie m m a du plateau d’Avron ;

j Le limon p couronnant, à une centaines de mètres

i d’altitude, les collines de calcaire et marnes de Brie j aux environs de Villiers-sur-Marne, sur la rive sud de F cette rivière, et de même à Chennevières- sur-Marne, et Sucy-en-Brie;

Les marnes de la Brie entre Fresnes et Thiais; i Les alluvions a2 de la Bièvre au sud d'Antony ;

Enfin les coteaux bordant la rive sud de la Seine entre | Paris et Suresnes sont tous très cultivés en vignes: à Vanves c’est le calcaire grossier en ; à Bagneux, Fontenay-aux-Roses, ce sont les marnes vertes m m b et les marnes du gypse à Meudon les Sables de Fontainebleau mu, aux Moulineaux le calcaire de Saint-Ouen e2, à Garches le sable de Fontainebleau, et de même aux environs de Sèvres et de Ville d’Avray.

| Actuellement quelques lambeaux de vignes existent encore à Suresnes, ainsi que deux, abandonnées sur les glacis du fort d’Ivry ; les treilles elles-mêmes mûrissent | difficilement. Bien que la facilité toujours croissante des transports ait dû rendre de plus en plus difficile la concurrence avec les vignobles méridionaux, il est bien possible qu’un certain refroidissement de la température moyenne n’ait pas été étranger à cette quasi disparition de la culture de la vigne aux environs de Paris, depuis trente ou quarante ans.

Robert Douvillé.

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