DÉBUTS DE L’ANALYSE THERMIQUE DES ALLIAGES
Différentes méthodes sont actuellement mises en œuvre pour déceler la constitution des alliages, dont la connaissance est maintenant jugée indispensable.
D’une part, on peut chercher à déterminer cette constitution au moment même où se forme l’alliage, c’est-à-dire pendant la solidification et pendant le refroidissement ultérieur.
D’autre part, l'alliage étant refroidi, on examine sa surface soigneusement polie et attaquée légèrement par un réactif convenable.
Puis on essaye d’isoler à l’état pur les composés définis qu’il peut contenir.
Enfin, l’examen de toutes ses propriétés mesurables, conductibilité électrique, pouvoir thermo-
électrique, dilatation, densité, etc., viendra confirmer les notions déjà acquises.
L’étude détaillée de tous les alliages que peuvent former deux éléments mélangés en toutes proportions comporte ainsi de nombreuses recherches dont l’intérêt n’estbien compris que depuis quelques années,
I. — Je voudrais ici considérer seulement, en remontant aux anciens auteurs, le développement de la méthode fondamentale d’étude des alliages basée surl’examèn de leur refroidissement.
En 1829, parut en Suède (Kungl. Yetenskaps akademiens Handlingar, p. 157) un mémoire de Rudberg « sur la chaleur latente du plomb et de l’étain fondus et sur une propriété générale des alliages métalliques», mémoire qui n’est pas assez souvent cité et où l’on trouve les fondements de la méthode que les modernes ont appelée « Analyse ther-
mique ».
Il parut deux ans plus tard (1831) dans nos Annales de chimie et de physique.
Fredrick Rudberg était professeur de physique à l’université d’Upsal. Né en 1800, il est mort à 39 ans.
Il est connu notamment par des publications « sur une théorie mathématique des phénomènes capillaires » et par son traité « sur la dispersion
de la lumière ».
Rudberg se servait pour ses expériences d’un vase de tôle, à double paroi, l’espace intermédiaire étant rempli de neige.
Le creuset contenant la substance chaude était introduit rapidement dans le vase de tôle, un thermomètre placé dans le métal fondu.
On commençait alors à observer au moyen d’une montre à secondes le temps du refroidissement de la masse métallique pour chaque dix degrés du thermomètre.
Après avoir, à l’aide de cette méthode et par comparaison avec le refroidissement du mercure, déterminé les chaleurs de solidification du plomb et de l’étain, Rudberg chercha s’il y avait une relation entre la chaleur de solidification des alliages et la
chaleur de solidification des métaux qui le composent.
C’est ici que se place la découverte qui nous intéresse plus particulièrement.
Black avait observé que les changements d’état des corps s’accompagnaient de dégagement ou d’absorption de chaleur n’agissant pas sur le thermomètre.
« Mais », dit Rudberg, « en faisant le premier essai avec des alliages du plomb et de l’étain, j’observai que le thermomètre devenait , en général, deux fois stationnaire , s'arrêtant une fois ci un point com~