M. MARCEL GUICHARD. — LES DÉBUTS DE L’ANALYSE THERMIQUE DES ALLIAGES
mun à tous les alliages de cette solde, et, une autre fois, à un point qui variait avec les proportions des métaux . Le même résultat remarquable s’est toujours présenté dans les autres alliages avec lesquels j’ai pu faire des expériences ».
En considérant attentivement le tableau ci-dessus, on voit, pour les métaux purs, un arrêt du thermomètre au point de solidification (325üpour le plomb, 228° pour l’étain).
Pour les alliages formés de métaux mêlés dans les proportions d’atomes indiquées en tête des colonnes, on voit toujours un point d’arrêt à 187°, mais, en outre, un autre point plus élevé, mobile, se montrant d’autant plus haut que le mélange pour un excès d’un des métaux, s’éloigne plus de PbSn3. « On observe aussi que le temps pendant lequel le thermomètre reste stationnaire au point fixe diminue des deux côtés de PbSn3, à mesure que la quantité du métal mis en excès augmente, jusqu'à ce qu'il devienne nul, dans lequel cas le point supérieur coïncide avec la température même de solidification des métaux purs. »
Je construis ici à l’aide du tableau de Rudberg (fig. 41) la courbe obtenue en prenant comme abscisses la composition centésimale des alliages, comme ordonnée les températures. Cela donne de suite, d'après ses résultats, ce que nous appelons aujourd’hui le diagramme de solidification des alliages Pb-Sn. La ligne de solidification commençante PES est le liquidus. La ligne de solidification finissante FF' est le solidus.
Deux autres tableaux analogues sont donnés par Rudberg relativement aux alliages d’étain et de bismuth, d’étain et de zinc.
Je reproduis ici sa conclusion :
« Le résultat général qu’on peut tirer de toutes
ces observations paraît être le suivant :
« Si l’on mélange deux métaux dans une propor-
Figure 41.
Diagramme de l’alliage Pb-Sn; d’après Rudberg.
tion quelconque, il se forme toujours d’un des métaux et d’une partie de l'autre une combinaison inti-
Temps de refroidissement des alliages de plomb et d'étain pour chaque dix degrés
Degrés du thermomètre centigr.
Plomb
PL3. Sa.
Pb*.Sn.
Pb. Sn.
Pb Su4
Pb. Su3.
Pb. Sn4.
Pb. Sa0.
Pb. Sa12.
Etain.
Température de solidifl-C 330
cation du plomb = 325°.
-Il"
19 bb
Température de solidifi-
cation de l’étain =-228°.
Point fixe à 1S7U .
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NOTES ET ACTUALITÉS
nos lecteurs au courant des nombreuses recherches auxquelles elle va encore donner lieu. Alb. B. #
PARASITOLOGIE
Une mission parasitôlogique en Tunisie. — Grâce à l’initiative et aux démarches de M. le Professeur Blanchard, M. le Dr Langeron, chef des travaux de parasitologie à l’Institut de médecine coloniale, a entrepris, pendant les mois de septembre et octobre 1911, un intéressant voyage scientifique dans la régence de Tunis. Subventionné par la Société des amis de l’Université de Paris et par l’Institut Pasteur de Tunis, il s'est proposé de récolter des collections parasitologiques et en particulier des matériaux relatifs aux maladies tropicales ( Archives de parasitologie , août, 1912).
A Tunis même, M. Langeron a étudié le paludisme et a rencontré les trois types fébriles, quoique la fièvre quarte soit considérée comme assez rare en Afrique Mineure. Le type de beaucoup le plus fréquent était dé- \\ terminé par la Plasmodium vivax.
Il a également poursuivi des recherches sur les parasites des chiens qui lui ont été fournis par le service de la fourrière. llaconstaté plusieurscasde filariose, dont un de filariose péritonéale dû à un Filari de nouveau pour le chien et la Tunisie : Acanthocheilonema draciinuloides. Il a observé, en outre, un cas de leishmaniose chez un chien qu'il a ramené à Paris.
L’auteur a récolté un certain nombre d’Arthropodes piqueurs, et notamment divers Acariens (Rhipicephalus sanguiueus , Hyalomma œgypticum, Argas persicus), e t surtout plusieurs Diptères [Lyperosia irritons, Var.mèridio nalis, larves d ’Anopheles, Stegomya calopus et Phleboto- H /mus papatasi)..
Dans le Sud-Tunisien, M. Langeron a visité différents oasis : Gafsa, Tozeur, Nefta etELOudiane.
A Gafsa il a examiné une dizaine de bilharziens, dont six émettaient des œufs de Schistosomum , mais il n’a pu découvrir, en raison de l’époque de son voyage, aucun cas de leismaniose cutanée (bouton de Gafsa). 11 a observé en abondance la Stegomya calopus , qui pique même en plein jour, et il pense que cet insecte pourrait bien jouer un rôle dans la transmission du bouton.
Dans l’oasis de Tozeur, il a trouvé des gîtes très abondants de larves de Pyretophorus Chaudoyei, et il est possible que ce petit Anopheliné soitl’agent de transmission du paludisme dans cette contrée. On lui a remis, en outre, un type intéressant de minuscule Nématocère, qu’il a identifié avec Mycterotypus Laurae dont il constituerait une nouvelle variété: Var. Peneli. Ces Diptères attaquent l’homme et sont fort désagréable.
Dans l’oasis de Nefta, il a remarqué un fait digne d’être signa 6 : le transport des mouches jjarles caravanes , qui a lieu sous la forme de véritables essaims. 11 pense que le rôle de ces légions de Muscides, en tant qu’agent pathogène indirect, doit être considérable.
Il a eu l’occasion d’examiner, tant à Nefta qu’à Tozeur, un bon nombre d’individus atteints de trachome, et il a retrouvé, dans les granulations, les Chlamydozoaires : déjà connus.
Enfin, il lui a été permis d’observer les six maladies qui s’attaquent aux palmiers du Djerid et qui causent des pertes sensibles aux plantations du sud tunisien. Il a prélevé des échantillons qui lui ont servi à pratiquer «des ensemencements pour l’étude des moisissures et
des élevages, afin d’obtenir des insectes adultes en partant des formes larvaires récoltées.
En résumé, M. Langeron a fait une ample provision de matériaux d’étude qui ont été prélevés et transportés en France dans d’excellentes conditions, et il n’est pas douteux que ses recherches qui vont suivreapporteront une large contribution aux connaissances déjà acquises sur la parasitologie de la Régence. G. Br.