LE CANCER EN FRANCE ET A L'ETRANGER
Le cancer, cette maladie connue déjà dans l’antiquité, et dont, plus près de nous, AMBROISE-PARÉ, comparaît les prolongements aux « jambes et pieds tordus de cet animal appelé chancre » (crabe, en latin : cancer), semble à l’époque moderne avoir encore augmenté ses méfaits. Le docteur GuizLoTt, dans une bro- . chure, parue en 1908, nous faisait connaître que BascurorD avait publié pour l'Angleterre une statis-
tique nettement démonstrative, il notait :
En 1901, 27.487 décès par cancer.
En 1902, 27.872 — — — En 1903, 29.089 — — —
qu'il répartissait en accessibles de diagnostic facile, inaccessibles néos internes, plus difficiles à connaître, et intermédiaires, qu'on pouvait atteindre avec les moyens communs d'exploration.
D'après des chiffres récents, le cancer aurait encore continué sa progression en Angleterre.
Une courbe analogue semble avoir été suivie en Allemagne. A. SrupcarT, WEINBERG et GATSPAR, trou-
vaient pour un million d'habitants :
1.277 décès par cancers, entre 1873 et 1882 1.433 — — — entre 1882 et 1892 1:733%=)., ,—, —)1,de1892 à 1902.
Les statistiques publiées en Allemagne depuis la guerre ne font que confirmer cette augmentation certaine.
Ces deux exemples, pris à l’étranger, suffisent pour nous montrer l'accroissement des décès par néoplasmes, dans le monde. Entre 1906 et 1910, on notait, pour 100.000 habitants, en Angleterre, 94 décès par cancer, en Allemagne 84. Chiffres dépassés par ceux
de la Suisse : 125 décès par cancer pour 100.000 habi-
tants et par la Hollande, mais bien au-dessus de ceux observés en France, 75,5, et de l'Italie : 63,8.
On notait, pour la France, une zone d'élection, et les départements du Nord et de l’Est subissaient une mortalité comprise entre 110 et 157, chiffre constaté dans le département de la Somme.
La Normandie marquait une transition entre cette région fertile en néos et la Bretagne, où les cas semblaient infiniment plus rares, 50 décès environ pour 100.000 habitants. Le Calvados et l'Eure voyaient les décès par cancer osciller de 80 à 100, «et la Seine- Inférieure atteignait déjà le chiffre de 120 décès par cancer pour 100.000 habitants. Ces renseignements ne faisaient que prouver la vérité des conclusions du docteur GUILLOT, concernant l’accroissement du cancer en Normandie.
Vint la grande guerre, de 1914 à 1918. Il est difficile de tabler sur les statistiques de cette période pour de multiples raisons, citons la désorganisation de la médecine à l’intérieur, le mouvement des troupes, et la malheureuse hécatombe de 1.600.000 français.