‹ Le Cancer au HavreChapitre 11 sur 18 · M EE · texte numérisé non relu

M EE

Ce fléau passé, la France, tout entière, a du lutter

contre la tuberculose, qui décime ses jeunes, et le can-

cer, qui: tue prématurément ses hommes, à peine

arrivés au seuil de la vieillesse.

Entre 1920 et 1930, tout à côté de l’ancienne phti-

sie, la maladie cancéreuse s’est accrue en d'énormes

proportions. Les chiffres viennent confirmer la juste appréhension des foules. ne LA

Il est maintenant démontré que le cancer poursuit

une marche ascendante. On a calculé, dernièrement, qu'il était la cause de plus de 6 % des décès. Si, en 1921, Pécæin, dans sa thèse, concluait à

1 augmentation du cancer en Normandie, pétAennE

au Havre, que dire aujourd’hui de cette importante floraison de néos, pour la ville que nous allons étu-

dier ?

On peut diviser l’histoire du Havre, au point de vue cancérose, en plusieurs tranches qui montrent les proportions successives de cette maladie dans les causes des décès. =

Le bureau d'hygiène du Havre notait :

En 1880, 53 décès par cancer En 1890, 65 — — — En LIDOMIGALEREE dr

Cette statistique se conformait à la définition suivante : Le cancer comprend indifféremment toutes les tumeurs malignes. Elle comprenait tous les décès par cancer déclarés au Havre, en ville et dans les hôpitaux. Elle montrait une augmentation très importante qu’il est nécessaire de corriger. Nous savons, en effet, par M. le docteur Loïr, qu’au Havre, et jusqu’en 189%, de nombreux cancers furent inscrits sous d'autres rubriques.

En 1901, on notait 129 décès par cancer pour un total de 3.307 décès et une population de 130.196 habitants, ce qui faisait 3,84 cancers pour cent décès.

En 1906, le Havre comptait 132.480 habitants. Malgré cet accroissement, la somme globale des décès était tombée à 3.189, mais il en existait 151 par cancer, soit 5,26 pour cent.

En 1916, on notait 3.771 décès. 200 de ces décès étaient causés par des néoplasmes, soit 5,30 pour cent.

En seize années, la proportion des décès par cancer s’est donc élevée progressivement de 3,84 à 5,3 pour cent. Il est en outre intéressant de remarquer que les décès féminins étaient plus nombreux que les décès masculins, dans la proportion de trois contre deux, les hommes semblaient touchés surtout entre 60 et 65 ans, les femmes entre 65 et 70 ans. L’estomac, l'intestin et l’utérus semblaient les organes les plus atteints. Telles étaient les statistiques du bureau d’hygiène municipal.

Entre 1920 et 1929, période sur laquelle nous ferons davantage porter notre étude, la population du Havre est passée de 136.000 habitants à 162.500 habitants, par suite de l’annexion de la ville voisine de Graville. Cet accroissement rapide de la population serait capable de fausser les résultats, si nous ne prenions garde de n’étudier que le pourcentage des néos dans les statistiques de décès.

I] y a eu pour cette période de 10 ans, 118 décès,

dont 2.286 déclarés comme provenant du cancer.

En 1921, on comptait 221 décès par cancer En 1924, = 225 — — En 1927, > DAMES

La moyenne des cancers déclarés s’élevait ainsi à 1 pour 13 décès généraux, ce qui donne pour la ville du Havre, la forte proportion de 7,59 pour cent. Comme nous l'avons dit plus haut, ces chiffres ne sont

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