‹ Le Cancer au HavreChapitre 15 sur 18 · PES ENS · texte numérisé non relu

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rieuse juste à la limite des sources. Certes, il est des coïncidences. On peut les admettre une fois, deux fois, mais il est difficile de les admettre pour quatre cas successifs.

Cela nous semble d'autant plus difficile que nous

avons sous les ÿeux, en quelque sorte, une contre-

épreuve : une seule source n'offre pas les caractères des’

précédentes et cette source ne présente pas leur pourcentage élevé en cancers.

Il semblerait que l’eau ait ici quelque influence. N'y a-t-il pas longtemps que le rôle des eaux a été incriminé dans les causes favorisant la croissance des tumeurs malignes ? On a remarqué la grande fréquence de la maladie dans les pays humides, quant au climat, humide aussi, quant au sous-sol.

Au Havre, les terrains humides semblent nécessaires pour augmenter considérablement les décès par cancer, mais, comme semble le prouver notre étude, il faut que l’eau soit en mouvement et ruisselle sous la terre. L'exemple de la source E, captée, semble caractéristique. Très peu de cancers au-dessus de icette dernière. Les trois ilôts d’habitations bâties sur des terrains tourbeux possèdent encore des courants. Ces courants sont de moindre importance que ceux provenant des sources. Le cancer semble aussi moins répandu à la surface puisque nous n’en trouvons que 19 % dans les décès. Il serait intéressant, comme l'a fait remarquer le docteur Lorr, de pouvoir capter les quatre sources. Après captage, au bout de dix ans, retrouverait-on des chiffres analogues à ceux que

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nous avons signalés pour la source E ?

Cette expérimentation pourrait seule nous permettre d'établir un rapport, de cause à effet, entre les

courants souterrains et le cancer, mais actuellement,

une telle conclusion serait prématurée. « Méfionsnous du Post hoc, Ergo propter hoc », a-t-on dit justement.

D'ailleurs, il semble bien ardu dans l’état actuel de nos connaissances, de dire comment ces courants agiraient. En servant de véhicule à quelque protozoaire ? Peut-être, mais, d’après ce qui précède, ce n’est guère possible : l’eau des quatre zones à cancer n’est pas captée, et demeure dans le sous-sol.

Il semble aujourd’hui probable pour les cancers de la peau que l'action des rayons solaires les déterminent. Les cicatrices semblent jouer un rôle, mais les porteurs de cicatrices sont légion et tous heureusement ne meurent pas de cancer. Les rayons solaires interviendraient comme second facteur.

Parallèlement, on a accusé certains rayons telluriques d’avoir un rôle tout à fait semblable pour les cancers profonds. Quoi qu'il en soit, les eaux semblent avoir une influence dans la genèse des néoplasmes. Souhaitons que dans un avenir prochain le problème soit résolu.

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