‹ Le Cancer au HavreChapitre 14 sur 18 · PAR CARE · texte numérisé non relu

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plus haut, il est difficile de n'être pas frappé par l'énorme pourcentage de néoplasmes constaté ici. Plus de 30 % des décès.

Au-dessus d’une seconde source, la source B, dont le débit atteint 60 mètres cubes par jour, existe un ilôt de 00 maisons. L’hygiène laisse à désirer dans 7 immeubles importants. On compte 973 habitants. Sur 201 décès, en 10 ans, on a constaté 61 décès par cancer, 26 seulement par tuberculose.

Au-dessus du sous-sol, où se déversent les eaux de la source C, il n'existe que 25 maisons, où s’abritent 306 habitants. Pour la même période de 10 ans, on a trouvé 67 décès. 27 de ces décès ont été causés par des tumeurs malignes. L'hygiène semble régner dans ces petits pavillons bien tenus. On ne note que 9 décès par tuberculose.

La source baignant, la région est de la ville, débite une moyenne de 750 mètres cubes par 24 heures et ruisselle jusqu’au terrain d’alluvions, où elle disparaît. Les maisons bâties sur cette zone sont très propres, et contiennent 238 habitants. On a enregistré 61 décès, dont 24 par cancer. Quant à ceux causés par la tuberculose, on n’a pu en relever que quatre.

Enfin, il existe une cinquième source E que nous étudions à dessin la dernière. Cette source se différencie en effet des précédentes à ce qu’elle a pu être captée. Tandis que les autres laissent, à leur gré, couler leurs eaux vers la mer, celle-ci, au contraire, d’un débit de 550 mètres cubes par jour, a été récupérée pour l’usage de la ville, il n'existe plus ici de ruisselle-

PRG AALEE

ment dans le sous-sol. L'enquête a démontré qu’en ce dernier quartier la proportion des cancers, dans les décès, atteint à peine 6 %. Il n’y a donc plus, à cet endroit, de « zone à cancer » à proprement parler.

Voyons s’il existe des zones à cancer dans la partie basse de la ville. Cette région est bâtie.sur des terrains d’alluvions, ancienne glaise qui, peu à peu, se recouvre de tourbe noire. Dans cette tourbe existent des courants, d’ailleurs beaucoup moins importants que ceux que nous venons d'étudier. Nous trouvons, dans les maisons de cette zone, pendant le même espace de dix ans, 125 décès dont 26 par icancer et 28 par tuberculose.

Dans un autre quartier, où le sous-sol est tourbeux, imprégné d’eau au moment de la marée, ce qui détermine un léger courant bi-hebdomadaire, nous voyons 205 décès, dont 39 par cancer et 48 par tuberculose.

Une autre partie de la ville, enfin, dont le sous-sol est également tourbeux, nous offre 280 décès avec 03 par cancer et 55 par tuberculose.

La proportion des décès par cancer, dans ces zones, est plus élevée que dans le reste de la ville et de 19, 29 % décès, mais elle est encore beaucoup moindre que dans les zones situées au-dessus des sources décrites, la différence étant de 14 %.

Cette remarque étant faite, résumons notre analyse des zones étudiées plus haut.

Quatre groupes, comprenant en tout 1.964 habitants, d’après le recensement de 1931, donnent 428 décès en

l’espace de dix ans. La plus importante des causes de

La HR

décès paraît être le cancer, qu’on relève dans 143 cas. La tuberculose vient loin derrière, avec 53 morts.

La moyenne des néos s'élève donc à 33,89 % des décès, chiffre extraordinaire si on le compare au 7 % des régions avoisinantes, et à la moyenne de 6 % constatée en France. Ces zones, toutes situées sur le trajet des eaux de ruissellement, cessent exactement ‘lorsque l’eau disparaît dans les terrains d’alluvions. Seul, l’ilôt de maisons situé au-dessus de la source E, captée, et dont les eaux ne serpentent pas sous terre, ne présente pas cetté teneur élevée en néoplasmes, le pourcentage y est même légèrement inférieur à celui de toute la ville.

Voilà les faits. À quoi maintenant attribuer les étranges proportions observées dans les zones à cancer ? Une seule cause d’erreur peut venir, d’après nous, modifier les résultats dans ces quartiers très limités : on peut supposer dans ces régions dés médecins plus enclins à déclarer la cause des décès que les confrères exerçant dans les quartiers limitrophes.

Pour qui connaît le Havre, cette explication ne peut exister. Au point de vue clientèle médicale, les quartiers sont divisés à l’extrême, de nombreux docteurs y viennent en visites de tous les poiuts de la ville et, presque toujours, les familles habitant un même étage consultent des praticiens différents.

Attribuer au hasard cette floraison de cancers nous semble impossible. Il serait d’abord extraordinaire que le hasard, augmentant brusquement le nombre des néos dans ces zones, cessât d'exercer sa force mysté-

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