CONFÉRENCE INTERNATIONALE DU CANCER (PARIS
Depuis, le débat s’est élargi. Ce n’est plus le cancer de l’utérus qui est seul visé, mais le cancer en général, quel que soit son siège.
Est-il besoin de rappeler, à cet égard, l’excellente thèse de notre collègue Ledoux-Lebard sur La lutte contre le cancer *, où la question est traitée sous toutes ses faces et dont on ne saurait trop recommander la lecture — et le travail de Reetly sur La prévention du cancer , paru en Angleterre vers la même époque2.
Ces importants mémoires ont provoqué l’apparition en France et à l’étranger d’un grand nombre de travaux analogues, de valeur d’ailleurs inégale, dont nous nous contentons de donner ci-dessous l’énumération, sans doute très incomplète3.
Nous attirons en particulier l’attention, au point de vue où nous nous plaçons ici, sur la Notice rédigée par le Dr Ch. Willems (de Bruxelles), à la demande de la Commission nationale belge du Cancer et approuvée par elle4. Après avoir établi que le cancer est curable, le Dr Willems rappelle en quelques mots, pour les organes les plus
1. R. Ledoux-Lebard. La lutte contre le cancer. Broch. in-8°, io4 p., Paris,
1906, Masson, édit.
2. C.-B Keetly. The prévention of cancer and its relation to thaï of sonie other diseases and calamities. Broch. in-8°, !\o p., Londres, 1907.
3. P. Kubinyi. Prophylaxie des maladies cancéreuses dans les états civilisés. Gynœcologia , Buda-Pesth, 190G, iG5-i84(en hongrois). — R. Millon. La lutte contre le cancer. Rev. intern. de mèd. et de chir., 1906, XVII, 384-386. — R. Tesson. La lutte contre le cancer. Arch. mèd. d'Angers, 1906, X, 353-364. — E. Ash. The prévention of cancer. Med. Times and Hosp. Gaz.. 1907, XXXV, 700. — P. Desfosses. La lutte contre le cancer. Presse mèd., 1906, XIV, annexes, 757-759. —
R. Bell. The pathogenesis and therapeutics of cancer. N. Y. med. Record , LXX, 563-565, 1906. — Du même. The approaching conquest of cancer. Même recueil
1907, LXXI, 258-261 et Med. Times and Hosp. Gaz., Londres 1907, XXV, 14-17- —
D, Juan Bravo y Goronado. La lucha contra el cancer. El Siglo medico, Madrid, 1907, LIV, 22-26. — J. Jaworski. La lutte contre le cancer. Kron. Lek ., Varsovie, .] 1907, XXVIII, 385-392 (en polonais). — Pierre Delbet. La lutte contre le cancer, v ,/. de vulgarisation des Sc. mèd., Marseille, 1908, n° 1, 3-5. — Mc. Graw. The prophy- i Iaxis of cancer. Detroit med. J., 1908, XXII, 294-310. — A.-M. Perez. Etat de la lutte contre le cancer. Rev. de med. y cir. pract., Madrid, 1909, LXXXII, 209-213 (en espagnol). — J.-M. Weinright. The campaign against cancer. Penn. med. J., Athens, Pa., 1909, XII, 924-900. — Jacobs. La lutte contre le cancer. Progrès mèd. 1 belge, Bruxelles, 1909, XI, i37*i4i. — F. Lastaria. La moderna chirurgia del cancro e l’azione medica. Arch. ital. d. Ginecol. septembre 191^, n° 9.
4 Ch. Willems. Notice sur le cancer. Publicat. de la Commission nationale du Cancer au Ministère de l’Intérieur (Service de Santé et d’Hygiène). Bruxelles, 1909, Broch. in-8°, n p.
Nous tenons à rappeler qu’une brochure analogue à celle du Dr Willems, faite sur le même plan, destinée aussi aux médecins, avait été publiée en igo5 parles soins de la Société des Médecins de Vienne, sous le titre expressif : Principiis obsta ! fl Ein Mahnwort an die Berufsgenossen in der Frage der Krebstherapie. Tirage à part (16 p.) de la Wien klin. Wochenschrift , 1905, n° 52.
Nous n’avons eu connaissance de cet (c appel aux médecins » rédigé par le professeur Alex. Fraenkel qu’après la présentation de notre rapport à la conférence internationale du cancer.
MONOD. — ÉDUCATION DU PUBLIC
fréquemment atteints — peau, lèvres, langue, larynx, sein, estomac, intestin, rectum, rein, vessie, utérus — les signes qui caractérisent le mal à son début.
Cette brochure d’une dizaine de pages a dû, par les soins de l’Administration du Service de Santé, être adressée à tous les médecins belges. Je souhaiterais que, sous une forme ou sous une autre, elle fût aussi parmi nous très largement répandue.
Ces publications concernent surtout le diagnostic précoce et l’opération rapide du cancer. L’accord sur ce point est universel. Mais combien en pratique ce but idéal est-il difficile à atteindre !
Ledoux-Lebard rappelle que, pour parer en partie à ces difficultés. Boas (de Berlin)1 a proposé de créer des stations d'examen pour' les sujets suspects de cancer. Ces stations, soit indépendantes soit annexées à hôpitaux ou cliniques, dirigées par des spécialistes compétents et comportant l’outillage moderne le plus perfectionné pour Iles méthodes d’examen les plus diverses, contiendraient quelques lits permettant de recevoir et d’observer pendant un ou plusieurs [jours les cas trop embarrassants. Les malades y viendraient spontanément ou, mieux, y seraient amenés par leur médecin.
E Je ne sais si cette idée a été mise à exécution. Elle méritait, du [moins, d’être signalée à nouveau.
[ Bref, de toutes parts et partout l’attention des médecins est mise fen éveil. Inexcusables seraient aujourd’hui ceux qui, dans leur sphère it suivant leur capacité, ne sauraient ou ne voudraient prendre part à la vigoureuse campagne ouverte contre le cancer.
Voyons maintenant dans quelle mesure et par quels moyens, au Inême effet, Y éducation du public peut ou doit être faite.
1 ÉDUCATION DU PUBLIC
| Une question préalable se pose. Jusqu’à quel point est-il opportun i’éclairer les non-malades sur le danger qu’ils courent ? Ne sera-ce las créer chez beaucoup la hantise d’une affection, fréquente assurément, mais à laquelle, heureusement pour l’humanité, la plupart Ichapperont ?
I Le péril n’est pas certain, cela est vrai, mais il suffit qu’il existe
1 1. J. Boas, Ueber Untersuchungsstationen für K.rebsverdâchtigen, Deuts.medii. Wochens 1903, p. 798, et Ledoux-Lebard, trac, cité, p. 86.