COMMENT LE CANCER
lignes qui se suivent? ou bien, ainsi que l’objection en a été faite à l’Académie de médecine par un membre distingué de cette compagnie : Ce tubercule transmis par le cancer ne serait-il pas le cancer lui-même pris pour le tubercule et choisissant pour siège de ses évolutions l’un des éléments anatomiques du poumon ?
— Cette objection qui nous a été posée ainsi, nous nous la sommes faite bien souvent aussi dans le cours de ce travail; car pendant combien de temps ai-je voulu douter de ce qui se passait sous mes yeux, hésitant encore à me rendre à F évidence, malgré tant de faits amoncelés chaque année ! Que de fois, à l’exemple de M. Pidoux, travaillant à la nouvelle doctrine de la phthisie et pour l’édification de laquelle il apportait en témoignage tant de faits qu’il hésitait cependant à proclamer; que de fois, dis-je, je me suis arrêté aussi, surpris par le doute, malgré le nombre des observations qui s’amassaient devant moi. Alors j’abandonnais mes travaux pendant un certain temps; puis je les reprenais, ramené malgré moi à la vérité par des témoignages irrésistibles.
Mais, pour répondre à l’objection qui m’a été faite, il suffit de jeter un coup d’œil sur les produits pathologiques issus du cancer, de les étudier au point de vue histologique, et de les comparer avec ceux pris chez des phthisiques dont l’ascendance en ligne directe a été aussi la phthisie.
Eh bien ! je déclare qu’étudiés à ce point de vue, ces produits, soit que je les aie recueillis dans les poumons
FRÉPARE LA TURERCULOSE DANS LA DESCENDANCE. 67
ou le mésentère, soit que je les aie pris isolés, réunis en masse, ou répandus dans les tissus sous forme de granulations, ces produits, dis-je, m’ont semblé offrir la même composition et posséder les mêmes éléments histologiques. Pour ma part, je les ai trouvés des deux côtés formés de corpuscules, de matière amorphe, de cytoblastion, etc.
En présence donc de cet examen anatomo-pathologique, l’objection s’anéantit et s’écroule, jetant au contraire une lumière plus éclatante sur les faits énoncés. J’ajoute même que, lorsque cette question sera étudiée histologiquement à ce nouveau point de vue par des savants, ils démontreront, avant peu, les rapports intimes qui existent entre les éléments cancéreux et les éléments tuberculeux, rapports qui avaient peut-être échappé jusqu’à ce jour à leur investigation. Dans quelques-unes des observations (n(!S o, 23 et 24) il nous a été donné de voir ces deux néoplasmes tellement fondus ensemble, qu’il nous était difficile de dire : ceci est le cancer, cela est le tubercule.
Ce que l’on peut dire, c’est que le plus généralement le cancer ne se présente pas toujours dans les lignées en conservant sa nature propre; que les éléments qui établissent la spécificité anatomique du cancer ne sont ni autonomes ni immutables; que la cellule cancéreuse dé* génère, non-seulement par elle-même, en cellules fîbroplastiques, en cellules tuberculeuses à travers les générations, mais qu’elle dégénère et s’épuise quelquefois