INTITULÉ
LE TUBERCULE ISSU I)U CANCER
Par M. VIGLA (')
Messieurs,
Vous avez entendu, dans la séance du 6 avril 1869, une lecture de M. le docteur Burdel (de Vierzon), sur la relation héréditaire du cancer et du tubercule, sur le tubercule issu du cancer , selon le titre de son mémoire.
C’est en étudiant dans sa pratique l’hérédité de la phthisie établie pour bon nombre de ses malades, qu’il fut frappé du fait suivant. Des parents, en apparence plein de vie et de santé, perdaient successivement la plupart de leurs enfants, quelquefois tous, de tuberculisation méningée, pulmonaire ou abdominale. Les ascendants du père et de la
(1) Ce rapport a été lu à l’Académie de médecine dans la séance du 17 mai 1870. La commission se composait de MM. Pidoux, Colin et Vigla, rapporteur.
RAPPORT DE M. VIGLA.
mère n’avaient pas été affectés de cette maladie. Cependant, le nombre des enfants affectés excluait l’idée du développement de la maladie sous des influences accidentelles.
Les années se succédant, les mêmes faits se renouvelèrent; mais alors il put constater que quelques-uns de ces parents que, dix ou quinze ans auparavant, il avait vus sains et robustes, succombaient à des affections cancéreuses et comptaient quelquefois des cancéreux parmi leurs ascendants et collatéraux.
Dès lors, la pensée lui vint, confirmée par des observations de plus en plus nombreuses, qu’une lignée cancéreuse pouvait être la souche d’une postérité tuberculeuse.
M. Burdel a constaté ces faits dans plus de cent familles, pendant vingt-sept années de pratique médicale, dans un pays où il est né, où il a succédé à son père, et où, par conséquent, il lui a été donné de connaître entièrement les personnes et de remonter aussi loin que possible dans F histoire des familles.
Son esprit s’est donc refusé à ne voir là qu’une simple coïncidence, un effet du hasard ; il a, au contraire, pensé qu’il devait y avoir une relation d’hérédité du cancer au tubercule, et cet aperçu