RAPPORT DE M. VIOLA
nouveau lui a paru digne de fixer Y attention de l’Académie.
Selon M. Burdel, le cancer transmet presque aussi souvent la phthisie que la phthisie se transmet par elle-même. La différence qu’il a pu constater est de 60 à 80 pour 100. Les affections chroniques autres que le cancer peuvent bien aussi produire la phthisie dans la génération qui succède ; mais, tandis que sur cent parents cancéreux, il a vu 75 fois le tubercule atteindre les enfants, il n’a vu que 15 fois sur 100 le tubercule naître d’autres affections (1).
Le cancer vient donc immédiatement après la phthisie, si ce n’est sur la même ligne, par sa puissance à produire le tubercule sur les générations suivantes. C’est ainsi que, sur les 100 familles qui ont fourni les observations du mémoire que j’analyse, 79 affectées de cancer ont produit par hérédité directe ou secondaire 237 tuberculeux.
(1) Parmi celles-ci, il en est une qui se recommande tout d’abord à l’examen, parce qu’elle se commence dans le pays où M. Burdel exerce : c’est la fièvre intermittente. Or, les familles qui lui ont fourni les éléments de son mémoire n’avaient pas subi cette influence morbide. Il a d’ailleurs observé que la cachexie paludéenne, à tous ses degrés, ne fournit qu’un faible contingent de phthisiques, remarque, on le sait, faite depuis longtemps par d’autres observateurs qui ont cru pouvoir en déduire une sorte d’antagonisme entre les fièvres intermittentes et la phthisie.