‹ Le cancer considéré comme souche tuberculeuse (volume 2)Chapitre 55 sur 81 · CE QUE PEUVENT L HYGIÈNE ET LA THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

CE QUE PEUVENT L HYGIÈNE ET LA THÉRAPEUTIQUE

thèses, lorsque, par des alliances choisies, des familles diathésiques venaient à s’unir à d’autres familles relativement saines. Et j’ai pu assister, au moins jusqu’à aujourd’hui, à quelques-unes de ces heureuses modifications.

Que serait la science, hélas ! si elle n’avait pour mission, dans de semblables études, que d’établir des classifications et des divisions plus ou moins savantes et à confesser qu’à leur égard, non-seulement pour le présent, mais encore pour l’avenir, elle demeure dans une impuissance presque fatale? Non, la science peut plus encore, et elle est loin, nous le croyons, d’avoir dit son dernier mot, même vis-à-vis des maladies rangées, comme celles qui nous occupent aujourd’hui, parmi les plus incurables de toutes.

Notre impuissance tient le plus souvent à ce que nous voulons nous heurter trop de front avec l’obstacle luimême, regardant comme secondaires les causes qui ont fait naître cet obstacle; aussi nos efforts viennent-ils fréquemment se briser et nous démontrer notre faiblesse.

C’est en vain qu’on cherche à guérir et à faire disparaître le tubercule, alors qu’il est déjà développé et qu’il a envahi la trame des poumons; on peut, sans doute, dans un très-petit nombre de cas, en arrêter le développement, ou tout au plus en suspendre révolution, Mais, hélas! ces cas sont rares, si rares, que pour beaucoup encore ils sont un objet de doute.

Mais si l’on ne peut arrêter la tuberculisation alors qu’elle apparaît, ou qu’elle va apparaître, il n’est pas impossible, disons mieux, il est permis d’espérer de pouvoir en prévenir le développement, non pas tant sur l’individu chez lequel la diathèse existe au moins à l’état amorphe, que dans la famille et surtout dans l’espèce.

Le cultivateur, qui sait que les graines, lorsqu’elles sont reproduites et semées plusieurs fois dans le même champ, s’altèrent et dégénèrent, se garde bien de s’en servir plusieurs fois pour ensemencer son champ. Il ne se contente pas de modifier la nature et la qualité de son terrain par des engrais et des amendements; il fait mieux : il va chercher d’autres graines nées et mûries sur un autre terrain que le sien. Il apporte donc à son sol un grain nouveau, et à ce grain nouveau il donne un autre sol ; aussi est-il à peu près assuré de récolter toujours des grains sains, fertiles et riches dans tous leurs principes.

Ainsi doit l'entendre l’hygiène sociale ; que par les mariages et les croisements l’espèce soit modifiée, et le tubercule, s’il ne disparaît pas, deviendra du moins beaucoup plus rare.

Cette question se rattache donc d’une manière intime à celle des alliances en général; et par conséquent

aussi à celle des mariages consanguins, dont la presse médicale et l’Académie ont eu à s’occuper pendant ces dernières années, et à laquelle on avait donné un

Page 1