CE QUE PEUVENT L’HYGIÈNE ET LA THÉRAPEUTIQUE
Que de points importants à considérer dans cette grande et immense question de l’hérédité morbide et des alliances ! et qu’il faut se garder de laisser passer inaperçus, sous peine de commettre de graves erreurs.
D’abord l’hérédité est loin d’être toujours et constamment directe : tantôt la diathèse héréditaire saute une génération; tantôt, au contraire, la transmission ne s’établit que chez un ou plusieurs enfants, laissant les autres complètement à l’abri de cette hérédité. Aussi faut-il ne pas oublier de tenir compte de l’influence apportée dans chaque famille par le père ou la mère, ou par tous les deux ; suivant que chez l’un cette diathèse existe à l’état amorphe et que chez l’autre elle n’existe pas. Influence souvent très-inégale et qui n’offre rien de fixe ni de régulier. Par conséquent, l’influence héréditaire ne pèse pas également sur tous les enfants : tandis que les uns sont indemnes, les autres y sont infailliblement condamnés.
C’est qu’en effet, dans les générations qui résultent de ces alliances, on voit parfois chez les enfants une fusion intime de la constitution histologique du père et de la mère, parfois au contraire, une séparation distincte et tranchée de la constitution de l’un ou de l’autre. Ce qui explique pourquoi nous avons pu voir, dans nombre des familles qui font le sujet de nos observations et chez lesquelles la diathèse cancéreuse ou tuberculeuse n’existait que d’un côté seulement (paternel ou maternel), nous avons pu voir, dis-je, plusieurs des
enfants complètement à l’abri de l’hérédité, tandis que les autres n’y pouvaient échapper.
Oui, les maladies s'unissent dans le mariage ou s abâtardissent par le croisement; ce fait exprime aujourd’hui une vérité dont l’évidence est claire comme le jour. C’est donc au médecin hygiéniste qu’il appartient de s’emparer de ce fait et de le faire prévaloir par son expérience et par ses conseils. Conseils, nous le savons, des plus délicats et des plus difficiles à donner, lorsqu’on s’adresse directement à la famille; mais qu’il est possible de faire accepter et de faire comprendre si l’on s’adresse à la généralité, si l’on range cette vérité parmi celles que l’on doit faire pénétrer dans le public au moyen de l’instruction populaire.
On parle de vulgariser les notions de l’hygiène en les mettant, au moyen de catéchismes, à la portée de tous ; eh bien ! nous pensons que cette question des alliances, envisagée au point de vue de l’hérédité des diathèses, dont la conséquence est de transmettre ou de faire disparaître un vice héréditaire, devrait former un des chapitres les plus importants de ces ouvrages.
Mais, hélas ! la soif insatiable des jouissances matérielles, qui a pénétré si avant dans toutes les classes, cet amour du luxe, ce désir ardent d’arriver vite et promptement à une position qui permet l’oisiveté; Xauri sacra famés enfin, qui a tant contribué à perdre notre pauvre France, pourra-t-il jamais n’être placé qu’au second rang dans cette question si importante des
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alliances, et ne passer qu’après un examen sagement approfondi des conditions de santé?
Enfin, en dehors des alliances qui peuvent modifier la famille et l’espèce et desquelles nous devons tout attendre si l’on veut restreindre ces dégénérescences; l’hygiène, au point de vue médical et de la thérapeutique, peut également être d’un grand secours en agissant plus ou moins directement sur l’individu d’abord, et par lui, ensuite, sur la famille.
Par l’alimentation, la gymnastique, la balnéation, le climat, l’atmosphère maritime, etc., l’hygiène peut devenir, dans une certaine mesure, un auxiliaire qu'on ne saurait dédaigner, pour suspendre et éloigner de l’individu le développement du vice diathésique qu’il porte en lui et dont chaque jour il est menacé.
On comprendra que je ne donne sur ce point qu’un aperçu des plus succincts, car je ne peux embrasser ici cette question de l’hygiène et de la thérapeutique que comme on embrasse dans un panorama les points les plus saillants et les plus importants. Cependant, je ne saurais passer sous silence les ressources et les avantages inappréciables d’un séjour prolongé et alterné sur les bords de la mer, sous un climat tempéré, dont on peut changer en suivant les saisons ; les résultats sont
des plus favorables lorsqu’on y soumet des individus habitués à vivre au milieu d’éléments tout opposés. Que l’on songe un instant seulement à ce qui doit se passer dans l’organisme, alors qu’il est baigné de toutes parts dans une atmosphère maritime qui le sature de tous les sels qui y sont contenus, et alors aussi qu’il est nourri par cette quantité prodigieuse et variée des produits de la mer, tels que poissons, coquillages, crustacés, etc., dans lesquels se trouvent combinés tous les éléments médicamenteux désirables, associés et mélangés sous la forme la plus agréable, mieux que ne sauront jamais le faire pharmaciens ou chimistes les plus distingués.
Dans l’alimentation se trouve donc la médication ; et c’est là, nous le croyons, la thérapeutique et la pharmacologie la plus naturelle et la plus efficace.
Dans la thérapeutique il est aussi des agents médicamenteux desquels, sans exagérer leur puissance, on peut obtenir des modifications constitutionnelles importantes, et qui par cela même peuvent offrir d’immenses ressources.
Dans ce nombre, nous plaçons au premier rang l’arsenic et ses composés, que l’on considère aujourd’hui, avec raison, comme de puissants reconstituants, lorsqu’ils sont administrés avec sagacité et persévérance.
Après eux, viennent les iodures, les bromures et tous les agents thérapeutiques naturels ou artificiels, mais les agents naturels surtout, dont ils constituent la