RAPPORT DE M. VIGLA. XIII
si ces deux affections, toutes deux fréquentes dans le canton de Vierzon, ne se sont pas développées jtarallèlement, en vertu de conditions propres à chacune, plutôt qu'elles ne se seraient succédé par voie de génération ou de transformation. 11 est conforme à la pathogénie de ces deux affections, que les jeunes sujets succombent à la phthisie, et leurs parents au cancer, quand ils ont atteint ou dépassé l'âge de la maturité, donc, un milieu où les conditions favorables au développement de ces deux maladies semblent se trouver réunies.
La présomption d'influence évoquée par M. Burdel sur la proportion infiniment plus considérable de tuberculeux fournis par les familles cancéreuses, celles tuberculeuses exceptées, n'est pas à l'abri d'objection. Toute dégénérescence suppose un affaiblissement ou une déviation de la nutrition dont le principe remonte quelquefois à plusieurs générations.
Le nombre de diathèses morbides est assez restreint. Il ne répugne pas d'admettre que la résistance organique, comme l'entendait Bichat, nue fois attaquée dans une famille, des dégénérescences diverses, suivant les aptitudes individuelles, viendront à se produii-e, ici le cancer, là le tubercule.
XlV RAPPORT DE M. VIGLA.
Je remarque d'ailleurs que, dans presque tous les cas relatés par M. Burdel, les enfants destinés à la phthisie ont été engendrés par des parents qui ne sont devenus cancéreux que douze ou quinze ans après, et même plus tard. Ces mêmes parent?, à la naissance de leurs enfants, avaient une apparence de santé florissante. N'y a-t-il pas lieu de s'étonner que ce germe latent, embryonnaire eu quelque sorte du cancer, s'il existe déjà, puisse produire la phthisie dans la descendance? S'il est vrai, comme le dit M. Pidoux, dans son langage pittoresque, et comme je suis disposé à le croire, que la phthisie ne soit pas une maladie qui commence, mais qui finit, qu'elle puisse procéder de toutes les diathèses, n'est-ce pas à la condition que celles-ci aient perdu de leur vitalité et soient en quelque sorte en déshérence ? Il n'en est pas de tnême dans les conditions signalées par M. Burdel, où le cancer n'est qu'à l'état naissant, et pour ainsi dire en puissance. Mais je m'aperçois que la théorie m'emporte sur ses ailes rapides et que je ne suis pas loin des nuages ; revenons à la doctrine plus positive du mémoire de M. Burdel, appuyée par des chiffres qui ne sont pas à dédaigner.
Que faut-il pour démontrer cette proposition nouvelle, que la phthisie des enfants procède du