‹ Le cancer considéré comme souche tuberculeuseChapitre 38 sur 58 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DES DIVERSES PÉRIODKS QUI PRÉCÈDENT L'ÉTABLISSEMENT DE LA DÉGÉNÉRESCENCE TUBERCULEUSE.

Le cancer, tissu hétéromorphe, tissu parasitique par texcellence, qui s'implante dans l'organisme oij il s'assiimile peu à peu les parties saines, jusqu'à ce qu'il tombe Ilui-même, après avoir épuisé le terrain dans lequel il a lélu domicile, a plusieurs modes d'existence ou périodes I très-distinctes.

L'une, à laquelle M. Marchai (de Calvi) a donné le nom • de période amorphe.

L'autre, qui est la période de développement. Par période amorphe, on doit entendre ce laps de temps pendant lequel la germination cancéreuse, jetée dans l'organisme par la génération, reste latente et comme eudornn'e, n'occasionnant ni troubles ni désordres apparents jusqu'au moment où elle se développe pour apparaître dans les organes.

ï.e cancer n'est pas le seul néoplasme possédant une période amorphe; le tubercule, qui succède au tubercule, l'herpès et quelques autres affections héréditaires ont aussi une période amorphe.

lll DES DIVERSES PÉRIODES QUI PRÉCÉDENT

Ainsi, par exemple : une femme meurt d'un cancer ou de phthisie pulmonaire ; sa fille vit jusqu'cà l'âge de trente-cinq ans sans otfrir aucun signe de ces affections, lorsque, à cet âge, apparaît le cancer ou la phthisie.

Il est de toute évidence que cette fille était cancéreuse ou tuberculeuse en naissant, et qu'elle l'a été pendant trente-cinq années sans paraître avoir ni cancer ni tubercules. Elle avait cependant en elle tout ce qu'il fallait pour faire un cancer ou des tubercules. Ce temps pendant lequel une diathèse subsiste sans réaliser ses produits est, ajoute M. Marchai (de Calvi), ce que je propose d'appeler la période amorphe des diathèses.

Cette période amorphe, ainsi qu'on le voit, a le plus souvent une longue durée, mais il est des cas dans lesquels cette période est bien plus longue encore.

Ainsi, comme autre exemple, qui n'a été à même de constater (et j'en ai cité bon nombre de faits dans ce mémoire) que cette période amorphe peut exister, nonseulement chez le père ou la mère pendant soixante-dix ou quatre-vingts ans, tandis que chez leurs enfants, cette période est d'une durée trés-variable ; mais encore que cette période amorphe traverse quehiuefois une génération tout entière pour n'apparaître que dans la génération suivante, c'est-à-dire qu'entre le grand-père et la petite-fille, il existe une génération indemne de la diathèse et qui n'a servi que de facteur pour transmettre l'hérédité diathésique.

Mais entre cuite période amorphe et celle dite de dé-

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