‹ Le cancer considéré comme souche tuberculeuseChapitre 53 sur 58 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

CE QUE PEUVENT L'HYGIÈNE ET LA THÉRAPEUTIQUE COMME PROPHYLAXIE DE CETTE DÉGÉNÉRESCENCE.

Parvenu au terme de ce travail, je croirais n'avoir qu'incomplètement accompli ma tâche, si je ne traitais au moins succinctement cette autre question, qui par son importance se trouve 6tre le complément de la première, en ce qu'elle intéresse à la fois le médecin, la famille et la société. J'entends parler de cette partie de l'hygiène sociale qui, traitant des alliances et des croisements par le mariage, arrive inévitablement et sûrement à la prophylaxie et à la curabiliié d'un certain nombre de ces terribles affections.

C'est le moment, je crois, de rappeler ici encore une fois les paroles de M. Pidoux, lequel voulant prouver avec raison que la phthisie est la moins incurable des maladies chroniques, dit que le meilleur moyen d'arriver à ce but est de se placer au point de vue de la médecine de l'espèce, laquelle consiste à prévenir la maladie chez l'individu.

11 est certain, et rexpérience le prouve tous les jours, que telle altération qui chez tel sujet aurait descendu

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réchellc anatoino- pathologique, sera arrêtée chez tel iiiitre par une couche d'éléments organiques moins altél iibles et plus énergiques. C'est comme une contagion c[ui infecte celui-ci et auquel celui-là résiste. Chaque ordre d'éléments organiques, ou mieux, chaque élément de chaque ordre n'esl-il pas doué d'une vie propre relativement indépendante? La santé, pas plus que l'organisme, n'est d'une seule pièce. Nous portons en nous des parties fortes et saines à côté de parties débiles et plus altérables. Enfin, ajoute-t-il encore, les maladies s'unissent dans le mariage et s' abâtardissent par le croisement. C'est une des causes les plus puissantes de perturbations qu'éprouve la marche générale des maladies héréditaires.

Il importe donc d'apporter dans l'espèce, par des alliances choisies, des éléments nouveaux, capables de modifier complètement le fond diathésique redouté, non-pas seulement de l'individu, mais de la famille. Le pouvoir d'agir en ce sens, sera donné au médecin lorsqu'il aura été à même de suivre et de noter avec soin les dégénérescences dont nous parlons, ainsi que les ramifications auxquelles elles donnent lieu dans les générations qui se succèdent.

S'il m'a été permis d'observer si souvent et avec tant d'anxiété, les fréquentes manifestations de ces dégénérescences; par contre, j'ai pu observer aussi, avec un intérêt non moins palpitant, les résultats avantageux qui étaient la conséquence de la neutralisation de ces dia-

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thèses, lorsque, par des alliances choisies, des familles diathésiques venaient à s'unir à d'autres familles relativement saines. Et j'ai pu assister, au moins jusqu'à aujourd'hui, à quelques-unes de ces heureuses modifications.

Que serait la science, hélas ! si elle n'avait pour mission, dans de semblables études, que d'étabhr des classifications et des divisions plus ou moins savantes et à confesser qu'à leur égard, non-seulement pour le présent, mais encore pour l'avenir, elle demeure dans une impuissance presque fatale? Non, la science peut plus encore, et elle est loin, nous le croyons, d'avoir dit son dernier mot, même vis-à-vis des maladies rangées, comme celles qui nous occupent aujourd'hui, parmi les plus incurables de toutes.

Notre impuissance tient le plus souvent à ce que nous voulons nous heurter trop de front avec l'obstacle luimême, regardant comme secondaires les causes qui ont fait naître cet obstacle; aussi nos efforts viennent-ils fréquemment se briser et nous démontrer notre fiiiblesse.

C'est en vain qu'on cherche à guérir et à faire disparaître le tubercule, alors qu'il est déjà développé et qu'il a envahi la trame des poumons; on peut, sans doute, dans un très-petit nombre de cas, en arrêter le développement, ou tout au plus en suspendre révolution. Mais, hélas! ces cas sont rares, si rares, que pour beaucoup encore ils sont un objet de doute;

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