‹ Le cancer considéré comme souche tuberculeuseChapitre 54 sur 58 · COMME PROPHYLAXIE DE CETTE DÉGÉNÉRESCENCE · texte numérisé non relu

COMME PROPHYLAXIE DE CETTE DÉGÉNÉRESCENCE

Mais si l'on ne peut arrêter la tuberculisation alors qu'elle apparaît, ou qu'elle va apparaître, il n'est pas impossible, disons mieux, il est permis d'espérer de pouvoir en prévenir le développement, non pas tant sur l'individu chez lequel la diathèse existe au moins à l'état amorphe, que dans la famille et surtout dans l'espèce.

Le cultivateur, qui sait que les graines, lorsqu'elles sont reproduites et semées plusieurs fois dans le même champ, s'altèrent et dégénèrent, se garde bien de s'en servir plusieurs fois pour ensemencer son champ. Il ne se contente pas de modifier la nature et la qualité de son terrain par des engrais et des amendements ; il fait mieux : il va chercher d'autres graines nées et mûries sur un autre terrain que le sien. Il apporte donc à son sol un grain nouveau, et à ce grain nouveau il donne un autre sol ; aussi est-il à peu près assuré de récolter toujours des grains sains, fertiles et riches dans tous leurs principes.

Ainsi doit l'entendre l'hygiène sociale ; que par les mariages et les croisements l'espèce soit modifiée, et le tubercule^ s'il ne disparaît pas, deviendra du moins beaucoup plus rare.

Cette question se rattache donc d'une manière intime à celle des alliances en général; et par conséquent aussi à celle des mariages consanguins, dont la presse médicale et l'Académie ont eu à s'occuper pendant ces dernières années, et à laquelle on avait donné un

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peu trop d'importance, eu égard au point de vue oii l'on se plaçait.

Ce n'est pas du fond de son cabinet que le médecin peut traiter ce sujet ; il faut qu'il ait vieilli dans les familles, qu'il ait pu lui-même assister les aïeux et la descendance ; il faut qu'il ait été témoin de tous les actes dramatiques que la maladie et la mort font naître éternellement, pour pouvoir apprécier cette question comme elle mérite de l'être. Triste mérite quelquefois, sans doute, mais qui parfois aussi n'est pas sans compensation par rapport à la science et à l'humanité.

Car on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens. Mais dans l'œil du \ieillard on voit de la lumière.

Ainsi que l'a si bien dit M. Marchai (de Calvi), et en effet, ce n'est pas dix ans ni vingt ans qui suffisent pour que cette observation soit complète et puisse devenir un témoignage irréfutable, c'est la vie tout entière, c'est la vie longue et active qu'il faut, car a dit le père de la médecine, au commencement de ses aphorismes : Vita brevis, ars longa, afin d'indiquer aux jeunes néophytes qui embrassent la carrière, que sur beaucoup de points ils ne sauraient rien s'ils n'observaient longtemps. Et encore, la vie a beau être longue, surtout eu égard à ce sujet, souvent le médecin qui a pu être spectateur attentif de toutes les premières scènes, disparaît du théâtre alors seulement que va se jouer le dénoûment. Et tandis ([u'il emporte avec lui la moitié

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