RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
qui lilit qu'un grand nombre de leurs fruits ne peuvent atteindre ni le développement ni la maturité, parce (ju ils portenten eux un élém( '.ît de désorganisation qu ils ont reçu de la sève altérée.
IMais la science, avec raison, ne se contente pas d'images, fussent-elles plus justes et plus brillantes encore; il lui faut rester dans le domaine des faits positifs, n'usant même de l'hypothèse qu'à la condition qu'elle lui servira d'éclaireur pour concourir à la recherche de la vérité.
Aussi m'a-t-il été facile d'apporter comme preuves de ce que j'avance, non pas une statistique établie d'après les faits qui se sont passés sous mes yeux, mais les faits eux-mêmes, ftiits irréfutables, que chaque praticien peut voir et a vu, afin de démontrer d'une façon péremptoire que le tubercule sort bien plus souvent du cancer et d'autres affections qui lui s(Mublent étrangères, (pi'il ne sort héréditairement de lui-même.
Car c'est un fait digne de remarque, (juc le tubercule qu(m[ue héréditain-, ne fournit qu'un quart ou un cin- (luiènie à peine de tulx-rcnleux, tandis que le iKjmbrede ceux (|ui sortent de parents non tubeiruleux estde trois fois supérieur. C'est un fait que même le monde médical a peine à comprendre et cependant ce fait est certain et évident. On ne devrait cependant pas s'en étonner, car les maladies chroniques, qui toutes ont pour caractère essentiel d'être ou de pouvoir être héréditaires, sont bien loin de se transmettre toujours avec leurs
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illl hliSUMÉ liT CONCLUSIONS.
formes nosologiques; on peut môme affirmer, que dans un grand nombre de cas, l'hérédité les transforme. Ceux qui ignorent ce fait considérable, commettent une grande et grave errem* nosologique. Ils nient la transmission, quand cependant elle est réelle et palpable ; et cela, parce qu'il leur semble qu'ils doivent toujours retrouver chez l'enfant la maladie des parents, telle qu'ils l'ont observée chez ces derniers.
Ce qu'il y a de positif, et ce que chaque jour chacun peut vérifier , c'est que le plus généralement, et je le répète encore après M. Pidoux (1), c'est que, dis-je, la transformation, quand elle se fait, marche des maladies capitales ou initiales vers les maladies mixtes, puis de celles-ci, vers les ultimes et organiques. Ainsi par exemple, de l'arthritisme, de la scrofule, de la syphilis, maladies capitales, vers l'herpétisme, les névroses, les névralgies, les catarrhes, etc. , maladies mixtes ; et de cellesci, vers les maladies organiques, comme le cancer, les vévroses graves ou les dégénérations incurables des centres nerveux, lesquelles en dernier ressort se terminent dans la tuberculose.
Enfin pour terminer, j'ai dit encore que cette question n'a pas seulement pour elle, d'être d'ufl intérêt anatomo-pathologique des plus sérieux ; mais que plus encore, elle embrasse une question médico-sociale concernant l'hérédité de la plus haute importance, j'allais
(1) Lococitaio.
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dire de la plus haute gravité, en ce sens qu'elle touche à l'hygiène, à la famille et à la société.
C'est alors, qu'envisagée à ce point de vue, j'ai dit qu'elle était liée de la manière la plus intime à la question des alliances et des croisements, lesquelles créent ii l'hygiène des ressources immenses pour régénérer l'espèce et par conséquent restreindre d'une manière fructueuse, les victimes de ces dégradations morbides.
Tous les praticiens d'un certain âge, qui appelés par la confiance des taniilles, ont pu vivre longtemps auprès d'elles, leur prodiguant leurs soins, pouvant les suivre de très-près et assister par conséquent à toutes les péripéties des drames pathologiques auxquels notre humanité est condamnée, ont pu observer, ainsi que nous l'avons ftiit nous-môme, les heureuses transformations apportées par les alliances.
Pour ma part, par ces conditions, j'ai pu voir disparaître de quelques lignées, des diathèses héréditaires dont la fatale puissance n'eût certainement pas manqué son effet. Mais ces observations, que je possède en un certain nombre déjà et dont(iuelques-unes datent de plus devingt-cin([ ans, ont trop besoin de la sanction du temps et du contrôle de l'avenir, pour qu'elles aient acquis une véritable valeur et pour que je me permette de les publier aujourd'hui. Si donc Dieu me prête vie et si je suis encore à môme de suivre ces observations, je ne manquerai pas, si les résultats sont heureux, de les livrer à rap[)réciatiijn du monde médical ; ce sera le
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complément obligé de ce travail et la réalisation des espérances qui doivent seconder dans l'avenir, les efforts de la science envisagée plus spécialement sous ce nouveau point de vue.
Et maintenant, que le lecteur veuille bien me pardon • ner d'une part, de n'avoir su être plus court dans l'exposition de ce travail, de l'autre de m'être répété plus souvent que je n'aurais dû; — mais semblable à l'ouvrier qui frappant le fer, le tourne et le retourne dans tous les sens pour lui donner avec la forme convenable, plus de cohésion et plus de résistance; j'ai cru, moi aussi, devoir revenir plusieurs fois vers les mêmes points, afin de leur donner du relief et de cette façon les rendre plus saisissants. Enfin, si j'ai pu réussir à mettre ces points en saillie, ou pour parler plus simplement, si je suis parvenu à mettre la grande question de la dégéut'rescence cancéreuse à l'ordre du jour, aussi bien dans le champ d'observation des cliniciens que dans l'assemblée des corps savants, afin qu'elle soit étudiée et discutée sous cet aspect, toute mon ambition sera satisfaite, et ma patiente et persévérante investigation sera récompensée au delà de mes espérances.