OBSERVATION X
der séjour.
M. G... Ferdinand, employé, 35 ans, entre dans le service du Dr Bouchut, le 11 octobre 1934, pour douleurs gastriques accompagnées de vomissements.
Dans ses antécédents, on note que son frère est mort à 40 ans d’un cancer du pylore.
Personnellement, il a été porteur d’adénites cervicales dans l'enfance et a présenté en 1931 un chancre de la verge, régulièrement soigné. Il avoue un éthylisme de 2 ou 3 litres de vin par jour.
Les troubles actuels remontent au mois de juin 1934 ; il s’agit de pesanteurs épigastriques post-prandiales, accompagnées de vomissements alimentaires ; elles évoluent par poussées successives, apparaissant tous les quinze jours environ, On ne note ni hématémèse ni moelena, Mais le malade
a remarqué dans ses vomissements des aliments ingérés la veille.
A l'entrée; malade de 35 ans, paraissant plus âgé, pâle et amaigri,
L'examen abdominal révèle, au niveau de la région épigasrique, une induration légèrement douloureuse à la pression
et surtout un clapotage à jeun important ; l'examen déclanche de très belles ondes péristaltiques
AT De
Le reste de l'examen est négatif ; la température est normale.
Le Dr Bouchut note, le 15 octobre 1934 :
Ce malade est porteur de cicatrices d’adénites cervicales suppurées bilatérales, opérées en 1918 ; il est en outr: spécifique depuis trois ans, mais très régulièrement soigné, Il entre dans le service pour un syndrôme de sténose pylorique progressif avec vomissements, apparu depuis quelques mois, anorexie, amaigrissement. L’examen clinique montre de belles ondes péristaltiques ; pas de phénomènes douloureux importants et l'hypothèse de néoplasme ne paraît guère discutable.
Une radiosccopie a été pratiquée par le Dr Bouchut le 17 octobre 1934 :
Grand estomac dilaté en coupe, non complètement évacué au bout de 18 heures.
Contractions péristaltiques fortes, non suivies d'évacuation. On ne voit pas le pylore.
Le malade passe dans le service de chirurgie du Dr Ricard.
Intervention par le Dr Ricard, le 24 octoÿre 1934 :
Laparotomie médiane sus-ombilicale. Enorme tumeur pylorique envahissant tout l’antre avec d'énormes ganglions sous pyloriques s’en allant très loin sur le duodénum. Néanmoins, on peut donner au duodénum une mobilité suffisante pour permettre une gastrectomie larg: et satisfaisante, Celle-ci n’est pas poussée assez loin du cote duodénal à cause des masses ganglionnaires sous-pyloriques ; on rencontre là quelques difficultés du fait d’adhérences inflamatoirespos'érieures au niveau de la région gastro-duodénale. Enfouissement très satisfaisant du duodénum ; suture par un fil métallique.
Une radioscopie a été pratiquée par le Dr Bouchut, le 13
novembre 1934 :
Estomac s’évacuant normalement par la bouche anastomototique. Les contractions sont profondes et très fortes, Le malade revient quelques jours dans le service et demande à
rentrer chez lui.
2e séjour.
Le 23 sptembre 1935.
Après sa sortie de l’hôpital le malade a engraissé de 12 kgs, il ne souffrit plus, et reprit son travail ; puis les douleurs réapparurent au mois de juillet 1935 sous forme de pesanteurs gastriques après l’ingestion alimentaire,
Ces douleurs, qui font revenir le malade, débutent une demi-heure à trois quarts d’heure après la fin des repas, durent trois à quatreheures, et se sont accompagnées d’amaigrissement et d’anorexil. On ne note ni mœlena ni vomisse-
ments.
L'examen de l'abdomen révèle une masse épigastrique très volumineuse, dure et irrégulière et bloquant toute la région sus-ombilicale,
Le reste de l’examen est négatif ; la température est audessous de la normale.
Radioscopie le 25 septembre 1935 :
Seule la portion verticale de l’estomac est visible. La bouche d’anastomose à l’extrémité inférieure de la portion verticale paraît fonctionner très imparfaitement.
Le Dr Bouchut note le 27 septembre 1935 : il s’agit en effet -de métastases épigastriques qui paraissent intéresser le péritoine, la paroi et probablement le foie, survenue 10 mois environ après une gastrectomie pour néoplasme du pylore.
Durant ce deuxième séjour dans le service, le malade s’est cachectisé lentement, et en raison des accidents sténosants, l'alimentation a été impossible.
Le malade meurt le 28 octobre 1935.
On ne peut pratiquer l’autopsie,