et 3.571.000 G. R
Le 18 octobre on note : depuis l’entrée de la malade, la fièvre a notablement baïissé et la température oscille entre 37° et 38° ; l’état anémique reste stationnaire et les troubles gastriques se présentent maintenant sous forme de douleurs
nocturnes assez vives à type de crampes, calmées par l’ingestion d’un peu de lait. Dans la journée, ces douleurs un peu moins fortes, paraissent 2 ou 3 heures après les repas. Il semble donc qu’on soit en présence de la forme anémique d’un ulcère gastrique ou duodénal, en notant cependant l'examen radioscopique négatif, l’hypochlorhydrie décelée par le chimisme gastrique, le Weber négatif dans liquide de l’estomac et les selles.
Le 20 octobre 1923 : la malade fait un nouvel épisode, cette fois diarrhéique, accompagné de vomissements et de douleurs diffuses dans l’abdomen ; la température est montée à 39°, la rate est plus grosse que précédemment et le foie, augmenté de volume, très douloureux, occupe tout l’épigastre. On se trouve dans l'impossibilité de déterminer la cause de «cette affection, à moins d’incriminer le rôle pathogène des coccidies trouvées à plusieurs reprises dans les selles. La diarrhée a disparu au début du mois de décembre ainsi que la température revenue à 37° 4 coincidant avec un traitement quininique..
Cependant cette rémission ne dure pas longtemps ; la malade ne vomit plus.
La palpation fait sentir une résistance anormale de la paroi dans toute la région sus-ombilicale ; la pression de l’épigastre est très douloureuse : il semble que l’on sente !2 masses l'une à gauche paraissant être la ratte, l’autre surtout épigastrique paraissant être le foie. On ne parvient pas à établir un diagnostic précis ; les examens radioscopiques successivement négatifs invitent à abandonner le premier diagnostic d’ulcus à forme anémique pour celui bien plus vague d’anémie symptomatique d’un état spticémique à évolution lente avec hépato et splénomégalie, sans qu’on puisse déceler l’agent causal.
A partir du mois de janvier, l'évolution s'accélère, la température est toujours élevée la malade se cachectise et présente une phlégmatia bi-latérale. L'examen de l'abdomen reste toujours analogue et la malade meurt le 9 février 1924.
A lJ’autopsie, on constate que la masse épigastrique sentie à lexamen correspond au pylore et à la petite courbure épaissis. L’estomac, adhérent au foie, montre une volumineuse tumeur bourgeonnante remontant jusqu’au cardia, s'étendant sur les deux faces de l'estomac entourant Complètement le pylore et la région pré-pylorique. Le pylore est perméable. C’est cette masse adhérente au foie et au diaphragme que l’on percevait pendant la vie.
Le duodénum est entièrement sain ainsi que l’œsophage el l'intestin.
Examen histologique (Dr Bouchnut) : Estomac : la couche glandulaire est profondément remaniée, remplacée par des cordons cellulaires formés de cellules épithéliales tassées entre de minces tractus conjonctifs ; quelques uns de ces boyaux présentent une ébauche de lumière centrale.
La sous-muqueuse, la couche musculaire, et la couche souspéritonéale sont infiltrées de nappes cellulaires, çà et là coupées par des travées conjonctives,
I s’agit de cellules épithéliales assez volumineuses, la plupart avec des noyaux atypiques et de nombreuses figures de kariokynèse, Les nerfs, vaisseaux et lympathiques sont bourrés de cellules épithéliales analcgues. Ça et là quelques rares ébauches de néo-formation glandulaires.
Foie très graisseux avec quelques cellules rondes au niveau des espaces portes.
Rate simplement congestionnée.