HISTORIQUE
L'histoire du cancer de l'estomac des jeunes est une histoire déjà ancienne puisque nous y trouvons les noms de médecins vivant au début du siècle dernier ; sans remonter si loin dans le passé et plus près de notre époque, nous voyons trois thèses consacrées à ce sujet ainsi que de très nombreuses publications.
Aucun de ces travaux, cependant, ne donne lieu à des redites fastidieuses ou inutiles, car chacun s’est attaché, ainsi que nous allons le voir, à un aspect particulier de la question : l’un à montré la fréquence du cancer de l'estomac chez les jeunes et ses formes atypiques ; l’autre ses formes ordinaires ; le troisième l’importance primordiale de la radiologie. Chaque travail éclaireit l'horizon de cette question embrumé très longtemps de beaucoup
d’ignorance.
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En effet, pendant de longues années, les auteurs se sont refusés à admettre la possibilité du cancer d'estomac avant l’âge mur, et c’est ainsi que l’on voit suecessivement Chardel en 1808, puis Bayle, Cayrol et Louis nier l'existence de «skirrhe» de l'estomac chez les jeunes.
Puis la question du cancer fut mise à l’ordre du jour par des articles, par des recherches pathogéniques et pathologiques, et à cette occasion, les auteurs sont à peu près unanimes à admettre qu'il n'y à pas de problème concernant le cancer d'estomac des jeunes sujets, car pour la plupart ils n’en ont jamais vu et les observations publiées sont d’un nombre infime (3 environ).
Telle est l'opinion d'auteurs français et étrangers comme : Valleix, Bamberger, Wilson Fox, Leube, Ebstein et Meissener ‘qui admettent tous le caractère exceptionnel du cancer gastrique avant l’âge mur. Jaccoud et R. Bartholow le nient avant 40 ou 45 ans.
Cependant la question fait lentement son chemin ; différentes statistiques sont établies : Mare d’Espine signale un Cas avant trente ans sur cent cinquante neuf observations de cancer d'estomac ; Ott et Reichert 8 avant 30 ans sur 400 ; Katzeneiebogen sur 60 ; Dittrich de Prague 2 sur 60 ; Lebert 3 sur 314 en 25 ans de pratique médicale.
On put retenir de toutes ces statistiques l’idée que le cancer gastrique se voyait chez les jeunes dans la proportion de 1 à 2 % et la conclusion suivante fut tirée de tous ces travaux : le cancer gastrique des jeunes est d’une : telle exception qu’il est pratiquement inexistant et qu’on ne peut en tenir compte dans la pratique clinique. Quel-
PS 1: Je
ques auteurs, cependant, recommandaient plus de prudence pour traiter ce sujet difficile et ne concluaient pas ; mais pour la plupart, l’âge restait le grand signe qui per mettait, devant un cas douteux d'admettre ou d'éliminer le diagnostic de cancer d'estomac.
C'est alors qu’à la suite de recherches plus poussées notamment sur le cancer latent, Loiseaux puis Ruhle et Scheffer acquirent la certitude que la degenereseence maligne de l’estomac s’observait à tous les âges de l’existence ; quelques années plus tard, Bard publiait deux observations de eancer gastrique chez des malades âgés de 28 ans, qui devaient servir de base à la thèse de Mathieu. Cette thèse, écrite en 1884. clot l’ère des controverses et surtout des erreurs écrites à ce sujet durant quatre-vingts ans, et fait entrer le cancer d'estomac des jeunes comme une entité véritable dans la clinique journalière.
Mathieu a réuni avec peine 27 observations de cancer du «ventricule » aux environs de trente ans ; il insiste sur la rareté relative de l'affection et surtout sur les caractères «exception qu'il lui découvre : évolution rapide en quelques mois, symptomatologie anormale, absence des signes classiques tels que l’anorexie ou la cachexie, terminaison fréquente par des accidents plus ou moins brutaux et par conséquent méconnaissance fréquente de l’affection. Et comme autrefois on avait admis la fréquence exceptionnelle du cancer d’estomac chez les jeunes, à la suite du travail de Mathieu, on admit le caractère exceptionnel de sa symptomatologie: c’est la notion que l’on trouve, dès lors, répandue dans tous les traités classiques et ad-