I. —— RÉTENTION BILIAIRE SANS RÉTENTION PANCRÉATIQUE
On peut observer deux cas :
1° On retire un liquide incolore :
Qui ne contient pas de bile (ni pigments, ni sels biliaires), même après l’épreuve de Meltzer-Lyon.
Qui contient des ferments pancréatiques, ayant tantôt une activité normale, tantôt une activité diminuée.
Qui ne contient pas de sang.
C’est ce que nous avons obtenu dans une de nos observations personnelles (Obs. 1). Et c’est ce qu'ont noté également, CARNOT et LIBERT, chez leur malade à un premier tubage.
Il y a dans ce cas une dissociation cholélipasique, sur l’importance de laquelle, CARNOT a insisté ;
2° On ramène un liquide :
Qui ne contient pas de bile.
Qui contient des ferments pancréatiques ayant une activité normale cu diminuée.
Qui contient du sang.
La présence du sang est tantôt évidente, le liquide duodénal étant rosé, ou même nettement rouge.
Tantôt découverte seulement par les réactions chimiques habituelles.
Chez un de nos malades (Observation n° X) nous avons obtenu un liquide fortement hémorragique, qui ne renfermait pas de bile, mais qui possédait des ferments pancréatiques.
L'activité lipasique était d’ailleurs fortement diminuée, tandis que l’activité trypsique était normale.
BOLGERT a noté, chez son malade, à une première épreuve les mêmes résultats que nous.
Dans l'observation de CHiRAY, BENDA et MicocHEviTcu, le liquide était sanguinolent, et avait des ferments pancréatiques normaux.
Il en a été de même, dans le cas de CARNOT et LIBERT aux troisième et quatrième tubages.
La constatation du triple facteur suivant : absence de bile, présence de ferments pancréatiques, présence de sang, serait pour CARNOT « pathognomonique d’un néoplasme vatérien ou des voies biliaires inférieures ».
CHIRAY, BENDA et MiLOCHEVITCH, attribuent à la présence du sang dans le liquide de tubage duodénal, une grande importance et ils écrivent : « Cette constatation d’une hémorragie duodénale persistante est beaucoup plus précise et beaucoup plus significative que la recherche des hémorragies occultes par la coprologie. Cette dernière ne fixe, en effet, ni l’origine précise, ni l’importance de la dite hémorragie. Le tubage duodénal, en montrant que le liquide gastrique ne contient pas de sang et que celui-ci apparaît au contraire dès que le pylore est franchi, établit d’une façon indubitable l’hémorragie duodénale ».