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CHAPITRE IV

EXAMEN RADIOLOGIQUE

1° LA RADIOGRAPHIE simple de l’hypochondre droit, au cours du cancer de l’Ampoule de Vater, montre simplement l’absence d’image de calcul ;

2° Plus important est l’EXAMEN DU DUODÉNUM (radioscopie et radiographies en série) qui a pu fournir dans certains cas des renseignements intéressants.

Le plus souvent on note, comme dans nos observations personnelles, l’absence de déformation et d’élargissement du cadre duodénal.

Cependant, CARNOT et VARANGOT chez son deuxième malade ont localisé à la radioscopie un point douloureux très net au niveau de la partie moyenne de la portion verticale du auodénum.

D’autres auteurs ont observé des déformations de cette deuxième portion duodénale.

BRULÉ, HILLEMAND et HERRENSCHMIDT dans leur deuxième observation, ont trouvé « un aspect particulier de la deuxième portion du duodénum, qui sur 12 films, est rétrécie, filiforme, spasmodique sans encoches en un point précis ».

Chez le malade de BLocH, CAROLI et LAFFITE, la moitié supérieure du deuxième duodénum était rétrécie et rigide ; et la muqueuse présentait à ce niveau un aspect anormal dans la disposition de ses plis.

Dans le cas de BOLGERT (observation XIV de sa thèse), et dans celui de LACHAPELLE et DUMON, la portion descendante du duodénum était rétrécie et déformée.

Signalons encore que LAUWERS, chez son premier malade, a noté l'existence « d’une petite lacune persistante au niveau du bord interne de la deuxième portion ».

Ces déformations sont en rapport avec un envahissement plus ou moins étendu du duodénum par la tumeur.

Au total, nous voyons que l’examen radiologique est susceptible parfois de fournir des indications importantes, permettant de localiser la lésion au niveau de la région vatérienne.

3° L’ANGIOCHOLÉGRAPHIE n’a été pratiquée, dans le cancer vatérien, qu’une seule fois jusqu'ici, par BLocx, CaAROLI et LAFFITE ; ces auteurs ont tiré de leur examen des conclusions tout à fait intéressantes que nous allons rapporter.

Leur malade, dont nous avons résumé plus haut (page 55) l’observation, présentait des signes d’angiocholite. Il a été opéré et on lui a fait une cholécystostomie qui a permis de pratiquer, quelque temps après, l’exploration lipiodolée des voies biliaires.

Celle-ci a montré la dilatation de la voie biliaire principale qui présentait une sténose complète à sa partie terminale, au niveau de 1 Ampoule de Vater (comme a permis de le préciser l’ingestion concomitante de baryte). De plus, faits importants, l’image cholédocienne avait des parois régulières et sa terminaison était « effilée et régulièrement cônique ». Cette image radiolipiodolée est, pour CaRorïI, « tout à fait particulière ».

Le calcul du cholédoque, le cancer de la tête du pancreas, la pancréatite chronique donnent des images différentes. L’aspect de ces dernières a été bien précisé par M. MALGras dans sa thèse.

Dans le calcul du cholédoque, ce canal est très dilaté et le liquide de contraste.

— Tantôt « cerne exactement toute la périphérie du calcul qui se présente comme une tache transparente aux rayons, se détachant sur la plage opaque du liquide de contraste » (MALGRAS).

— Tantôt n'ayant pu passer le long du calcul, « moule très exactement son pôle supérieur, dessinant un contour à concavité inférieure, aspect dit « en cupule » ou en « ménisques » (MALGRAS).

En pratique, l’image du cancer vatérien ne sera à différencier que de celle du calcul enclavé dans l’ampoule. Mais, alors que dans le premier cas, la terminaison de l’image cholédocienne est « effilée en cône », dans le second cas elle est, au contraire « en cupule ».

Dans le cancer de la tête du pancréas, le liquide s’arrête brusquement et complètement très haut dans le cholédoque, à peu près, au bord supérieur du pancréas. Il y a une véritable amputation de la partie rétro-pancréatique du cholédoque (CAROLI-MALGRAS).

Dans la pancréatite chronique, la partie rétro-pancréatique du cholédoque est très rétrécie, filiforme même, et irrégulière (CAROLI-MALGRAS).

Pour CAROLY, il est très difficile de différencier le néoplasme de l’Ampoule de Vater, de la sténose bénigne serrée de l’ampoule qui donne la même image. C’est alors que prend toute sa valeur la recherche du sang dans les selles et dans le liquide de tubage. Parfois même, le diagnostic différentiel ne pourra être fait qu’à l’intervention, après ouverture du duodénum.

En résumé, l’image radiologique du cancer de l’Ampoule de Vater est identique à celle de la sténose bénigne serrée de l’ampoule, mais tout à fait différente de celles du calcul du cholédoque, du cancer de la tête du pancréas et de la pan-

créatite chronique.

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