‹ Le Cancer de l'Esophage: Technique de la Curiethérapie ModerneChapitre 2 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

| os début de once Aie deux malades atteints du cancer de l’œsophage se présentèrent presque simul-

| tanément à la clinique chirurgicale À de l'Hôpital civil

de Strasbourg, Service de M. le Professeur SENCERT. Ils furent traités, après examen, suivant les données modernes par le radium. ; |

Revus deux mois plus tard, ils ne présentaient à l’œsophagoscope aucun signe de récidive.

Comme la question de la Cuers du cancer de

l’œsophage est actuellement à l’ordre du jour, il nous a paru intéressant de publier ces deux cas dans tous leurs détails et à cette occasion de passer en revue les différents travaux publiés dans ces dernières années sur ce sujet afin d’en dégager les enseignements dont nous pourrons être à même de profiter.

Après de courtes généralités sur le cancer de l’œsophage, nous envisagerons la technique du’ diagnostic moderne.

Nous insisterons tout particulièrement sur l’emploi de l’œsophagoscope et sur le grand rôle joué de nos jours par la biopsie.

Nous étudierons ensuite les différents modes de traitement préconisés par les auteurs tant français qu’étrangers, et après avoir exposé les résultats qu'ils ont publiés, nous chercherons à l’aide de leurs observations et des nôtres de préciser ce que l’on peut attendre dans ces cas du traitement par le radium.

https Jlarchive.org/details/ IA41 537311 0046

Généralités:

Dans presque chaque publication traitant de cette question se trouve relatée la statistique de LAMY mentionnant 410 cancers du tube digestif passés par le Service du Professeur MATHIEU à Paris au courant des années 1905 à 10900, dont 134, soit 30%, étaient des cancers de l’œsophage. Ces chiffres nous prouvent la fréquence de ce mal.

Il est à remarquer que le cancer se localise de préférence dans les parties basses de l’œsophage: le segment aortico-bronchique et le segment broncho-diaphragmatique.

Autre particularité: la fréquence du cancer chez l’homme. D’après les données de Lamy, il s'agirait de 64 % pour les hommes et de 36 % pour les femmes. Cette proportion est néanmoins très variable. Le maximum des cas de cancers œsophagiens se sont trouvés chez des individus de 50 à 60 ans. Cette maladie prédomine dans la classe ouvrière, ce qui s'explique par l'abus du tabac et de l’alcool, facteurs bien connus dans l’étiologie des cancers. N'oublions pas en outre l’importance de la leucoplasie œsophagienne pré-cancéreuse.

GuIzEz :) parle de spasmes se portant principalement

1) Guizez, Etiologie de certains cancers ; Gazette des Hôpitaux, 1919, n° 31, p. 479 à 480.

ES Ph

au niveau de la traversée diaphragmatique ou au ni-

veau de l’orifice supérieur; les phénomènes suivants se

succéderaient alors d’après lui: spasme — stase — œsophagite — sténose inflammatoire et enfin néoplasme siégeant au-dessus de cette sténose dans la poche de rétrodilatation, lieu où les fermentations produisent une irritation chronique.

Symptômes :

Généralement le cancer æsophagien débute sous forme d'infiltration dans l’épithélium de la muqueuse, se fraye un passage à travers les fibres musculaires, mais trouvant le chemin libre vers la lumière intérieure il s’y développe de préférence en bourgeonnant.

Il présente par lui-même un caractère peu malin, il se développe lentement, insidieusement, sans douleurs, sans tendance à la généralisation, laissant longtemps l'appétit du malade satisfaisant.

Il n’en est pas de plus grave, car se développant dans une portion relativement étroite du tube digestif, il en amène progressivement la sténose et tue le malade par la faim.

Dans la majeure partie des cas, la tumeur est unique et s'étend sur une hauteur de 4 à 7 cm. sans envahir toute la circonférence du col. (LAMY, Thèse Paris, 1910.) Par cette évolution lente, insidieuse, le début exacte de la cancérisation ne peut être fixé; c’est le malade qui rapporte son premier symptôme à n'importe quelle cause extérieure, moment où le cancer progressait déjà depuis un certain temps.

Le malade se plaint particulièrement de la dysphagie :

qui se manifeste progressivement avec l’évolution de la

pain et oo elle ne tarde De à se hi pour | ; liquides.

Les douleurs ne se manifestent pas dès le début de la maladie. Elles sont le signe d’atteinte des nerfs sensibles du feuillet pariétal de la plèvre, nerfs qui entourent comme une gaine les muscles de l’œsophage et les ganglions lymphatiques. Les nerfs sont atteints

- soit par progression réelle du cancer au delà de la couche

musculaire, soit par lymphangite progressive, événement lui-même tardif, car suivant les travaux de PAPE :) il n’existerait pas de communication entre les vaisseaux lymphatiques de la muqueuse et ceux de la musculeuse.

‘Une hyperproduction de salive visqueuse et filante, la sialorrhée se fait remarquer, produite soit par compression du laryngé supérieur (réflexe de ROGER) soit plus simplement par la mastication lente du malade. Quelquefois on y constate des petites stries sanguinolentes. L’haleine est fétide et d’une odeur sphacélique et le bas de la langue est d’un aspect sabural.

L’amaigrissement est plus ou moins rapide, mais résulte uniquement de la difficulté d’alimentation, la vraie cachexie cancéreuse n'étant qu’un signe précurseur de la mort.

Abandonné à lui-même et parvenu à ce stade, le cancer a une évolution rapide et fatale. C’est un cancer sténosant, interdisant l’alimentation, d’où il s’en suit une inanition complète agravée par les complications nombreuses dues à l’envahissement des organes voisins,

1) Pape Karl, Diagnose des Œsophaguskrebses ; Dissertation Heidelberg, 1913.

bronche et aorte, se trouvant en contact intime avec les tissus de l’œsophage.

La mort survient dans l'intervalle de 6 à 10 mois par inanition, par broncho-pneumeonie ou par hémorrhagies.

Métastases ganglhionnaires:

Pour le traitement ultérieur la question des métastases ganglionnaires exige une mention spéciale. La fréquence des métastases des cancers de l’œsophage reste presque inconnue. Anatomiquement, nous avons deux groupes de chaînes ganglionaires pour le segment cervical: les ganglions carotidiens et cervicaux-inférieurs situés dans la fosse sus-claviculaire entre la veine jugulaire interne et la veine sus-claviculaire ; pour le segment thoracique: le groupement intertrachéo-bronchique et péri-œsophagien de Vesale, indépendant suivant les travaux de BEITZKE du groupement cervical, ce qui rendrait illusoire la recherche des ganglions dans la fosse sus-claviculaire dans les affections cancéreuses de la portion thoracique. Rarement en effet il est donné d’observer des ganglions sus-claviculaires, le ganglion de TROISIER notamment, ou quelques ganglions carotidiens durs au niveau du chef sternal du cleido-mastoiïdien.

Ces réserves faites, voici les conclusions de: GORDON F. HELSLEY: Dans 64 % des cas il n’y avait aucune métastase, ni dans les ganglions, ni dans un organe voisin. Dans 6 % des cas il y avait des métastases dans les ganglions voisins, dans le médiastin postérieur en arrière de l’œsophage. Dans 30 % des cas — cas avancés

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