CHAPITRE III
MOYENS THERAPEUTIQUES
Ils sont au nombre de deux :
La Chirurgie (et accessoirement l’électro-coagulation).
Les Radiations (curiethérapie et roentgenthérapie).
A. La chirurgie.
Cette méthode s’adresse soit aux lésions initiales, soit aux adénopathies.
Nous ne voulons pas insister sur l’exérèse chirurgicale de la lésion initiale, car c’est une méthode abandonnée aujourd’hui par la plupart des auteurs, et qu’en tous cas, nous condamnons formellement.
Cependant, pour être complet, nous rappellerons les différentes techniques chirurgicales qui ont été utilisées.
La glossectomie par les voies naturelles, même avec les incisions jugales de Joeger et de Maisonneuve, n’est pratiquement pas réalisable pour le cancer de
la base, beaucoup trop postérieur — certains auteurs l’ont cependant utilisée pour des cancers de la portion para-staphilienne, ou du sillon amygdalo-glosse.
Au contraire, les voies artificielles, sus-hyoïdiennes ou transmaxillaire permettent d’atteindre plus aisément la base linguale.
— la voie transpelvienne médiane est obscure et dangereuse, d’après Sebileau. Son manuel opératoire détaillé. a été exposé, par Vallas, au Congrès de Chirurgie de 1919. Le Professeur Bérard, à Lyon, l’a également utilisée une fois ou deux pour des tumeurs de la base linguale ;
— Ja voie transpelvienne latérale, qui passe en arrière du digastrique et du stylo-hyoïdien, après évidement sous-maxillaire et pharyngectomie latérale, conduit sur le segment juxta-épiglottique de la base linguale — elle a été utilisée trois fois au centre anticancéreux de Lyon pour des tumeurs de la base linguale (thèse d’Etienne Martin) ;
— quant aux glossectomies par voie transmaxillaire, seule la voie transmaxillaire latérale, s’accompagnant de résection permanente ou temporaire du maxillaire inférieur, peut être utilisée pour la base linguale. Employée par Vallas, Morestin, Sebileau, elle conduit à des opérations effroyablement graves, donnant une mortalité immédiate de 40 à 50 %,.
2° ADÉNOPATHIES.
L’évidement prophylactique ou curatif des chaînes ganglionnaires sous-maxillo-carotidiennes, a fait l’obiet de multiples travaux au cours desquels les tech-
Id
niques ont été minutieusement décrites et codifiées — tels sont les travaux de Kuttner, Crile, Monod, Forgues, Roux-Berger, Taillefer, Ducuing, et bien d’autres encore ; ces méthodes se trouvent exposées dans de nombreuses monographies, nous ne les décrirons pas ici. Nous énoncerons seulement les trois principes fondamentaux de l’évidement cervical, rapportés par Sebileau, de la manière suivante :
a) Evider tout gîte ganglionnaire dont une ou plusieurs unités sont atteintes, ou paraissent simplement suspectes. Du côté où il y a adénopathie, faire l’évidement de tous les gîtes, sous-maxillaire, jugulocarotidien et sus-claviculaire, même s’il n’existe qu’un seul groupe atteint. En cas d’adénopathie bilatérale, se comporter de la même manière de chaque côté, en dissociant naturellement les deux actes opératoires, car l’adénectomie bilatérale extemporanée, constitue une intervention chirurgicale grave.
b) En l'absence de toute adénopathie apparente, évider, du côté de la lésion initiale, le gîte ganglionnaire sous-maxillaire et sous-digastrique, à moins qu’il ne s’agisse d’un cancer tout à fait au début, sur un inalade pouvant se soumettre à une surveillance réguiière.
c) Dans un cas comme dans l’autre, dès l’instant qu’on se résoud à l’adénectomie, pratiquer non pas une ablation étroite et parcimonieuse, mais une sorte d’adéno-cellulectomie, une ablation large de tous les lymphatiques avec leur entourage cellulo-graisseux, et les organes auxquels ils adhèrent : sterno-cléidomastoïdien et jugulaire interne, en se tenant constamment au contact même des plans musculaires.