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TRAITEMENT BIOLOGIQUE DU CANCER

Le cancer de la base de la langue, nous l’avons vu, est une maladie locale, qui gagne, de proche en proche, et qui s’étend aux régions voisines, par la voie lymphatique. Comme rien, jusqu’à ce jour, ne nous permet de rendre l’organisme réfractaire au cancer, son traitement sera donc exclusivement local : il faudra, ou enlever le cancer par exérèse chirurgicale, ou le détruire sur place par des agents physico-chimiques.

Certes, de nombreux auteurs ont essayé un traitement général du cancer : traitement spécifique ; action des sels halogènes de magnésium, étudiée par Pierre Delbet ; injections quotidiennes de pyoformine (qui est un mélange de pus aseptique et d’uroformine) qui favoriserait le développement de tissu conjonctif dans le cancer, augmentant ainsi sa radio-sensibilité. Dufour et Cottenot ont rapporté, en 1932, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, une très belle observation d’épithélioma épidermique de la base de la langue avec adénopathie sous-angulo-maxillaire, chez un homme de 67 ans, syphilitique, guéri par un traitement radio-thérapique intense combiné à des injec-

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tions quotidiennes de pyoformine. Les auteurs soulèvent à propos de cette observation la question de la sensibilisation des tumeurs aux rayons X par les substances biochimiques.

Il en est de même des injections quotidiennes de ferri-scorbone, pratiquées assez fréquemment au centre anti-cancéreux de Lyon, par le Docteur Josserand.

Ces injections, font parfois diminuer l'infection péri-cancéreuse, augmentent la mobilité des masses ganglionnaires, améliorent les troubles fonctionnels du malade ; il semble même que dans certains cas, elles font légèrement diminuer le volume de la tumeur.

Mais tous ces effets sont assez inconstants ; 1l est, d’autre part, certain que l’action sur la cellule cancéreuse elle-même, est nulle, si bien qu’il est encore impossible de fonder de grands espoirs sur ce traitement par les ferri-scorbones.

Il semble donc bien, qu’en l’état actuel de nos connaissances, on puisse affirmer, comme nous le faisions plus haut, que le traitement du cancer lingual est purement local.

Malheureusement, il est impossible de préciser, d’une manière absolue, les limites de l’ensemencement cytologique du cancer, aussi, quelque soit le moyen thérapeutique utilisé, devra-t-on toujours se souvenir de ces trois faits qui dominent le traitement du cancer lingual comme d’ailleurs celui de tous les cancers des voies aéro-digestives supérieures, faits que Sebileau énonce ainsi :

« Le premier est que l'obligation s’impose à nous

d'exercer notre action d’anéantissement bien au delà des lignes que les moyens cliniques dont nous disposons, nous indiquent comme ayant été atteintes par le processus tumoral.

« Le second est que malgré le caractère en apparence radical que nous nous appliquons à donner à toutes nos interventions, tant en profondeur qu’en surface, celles-ci ne peuvent pas mettre dans tous les cas le patient à l’abri des récidives.

« Le troisième est que ces interventions, de quelques natures qu’elles soient, ont d’autant plus de chances d'aboutir à une cure définitive, qu’elles s'adressent à un cancer plus jeune, et par conséquent moins étendu. »

Nous allons maintenant faire une étude détaillée des divers moyens thérapeutiques dont on dispose actuellement pour lutter contre le cancer de la base lHinguale.

Nous ferons ensuite une critique de ces différents moyens, puis nous verrons comment il faut, à notre avis, les utiliser.

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