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leur action que les tissus parasites : c’est cette différence de sensibilité tissulaire qui est le fondement même du traitement radiothérapique.
Quel est le mécanisme de l’action des radiations sur les tissus de l’organisme ?
On peut admettre que les radiations ont une double action sur les tissus :
d’une part, sur le tissu conjonctif,
d’autre part, sur la cellule elle-même.
— Action sur le tissu conjonctif : elles semblent exciter le processus de défense de ce tissu ; par un mécanisme encore assez obscur, elles agiraient en ‘ibérant du tissu conjonctif une substance particulière, toxique pour les cellules néoplasiques, substance qui aurait ainsi tendance à détruire le cancer ;
— Action sur les cellules : c’est l’action cytolytique qui s'exerce avec prédilection sur certains néoplames, en détruisant les mitoses naturelles pour les remplacer par des mitoses monstrueuses aboutissant à ia mort de la cellule.
Lacassagne et Monod ont étudié en détail cette action cytolytique des radiations, et ont établi que les cellules frappées passaient par trois phases :
a) une phase de chute des karyokinèses en évolution,
b) une phase de repos cellulaire,
c) une phase de reprise karyokinétique s’orientant, non pas vers la multiplication cellulaire, mais vers la déchéance et la mort.
Les radiations, si elles ne sont pas correctement utiusées, peuvent également avoir sur les tissus, l’épi-
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derme en particulier, une action nécrogène dûe principalement aux rayons mous, et c’est pour celà que Jon est obligé d’éliminer ces rayons mous par la filtration à travers des épaisseurs d'aluminium, de cuivre ou de platine.
Cette filtration laisse passer les rayons durs qui vont dans la profondeur agir sur le néoplame luimême.
Telle est donc l’action générale des radiations sur les parenchymes tumoraux ; mais cette action est loin d’être la même pour toutes les variétés de tumeurs ; les unes voient leurs cellules se cytolyser rapidement sous l'influence des radiations : ce sont les tumeurs radio-sensibles ; les autres, au contraire, présentent une longue période d’hyperactivité cellulaire avec hypertrophie du protoplasma des cellules, avant d'évoluer vers la nécrobiose, ce sont les tumeurs radiorésistantes ; et c’est malheureusement, dans ce deuxième groupe, qu’entrent la grande majorité des cancers de la base linguale.
Mais, même parmi ces tumeurs dites radio-résistantes, ie y a des variations, des degrés de résistance. Il semblerait donc intéressant, tant du point de vue thérapeutique que pronostic, de pouvoir connaître à l'avance le degré de radio-résistance d’une tumeur ; en un mot, y a-t-il des lois qui permettent, d’après Vexamen histologique, de soupçonner la plus ou moins grande radio-sensibilité d’une tumeur, avant d’instituer le traitement radiothérapique ? De nombreux auteurs, tels que H. Dominici, Roussy, Bergonié, Tribondeau, se sont efforcés d’établir des règles qui per-
mettent de prévoir, dans une certaine mesure, cette radio-sensibilité.
Voici ces règles :
La radio-sensibilité d’une tumeur, est d’autant plus grande :
a) que sa flore cytologique est plus jeune, c’est-àdire plus près de l’état embryonnaire ;
b) que la reproduction mitosique est plus active ;
c) que le tissu conjonctif de la tumeur est meilleur, c’est-à-dire, se présente avec des vaisseaux à parois intactes, des faisceaux conjonctifs denses, sans plages nécrotiques, sans œdème interstitiel ;
d) que l’activité circulatoire de la région irradiée est plus grande. Jolly a montré, en effet, que l’ischiémie de la zone tumorale atténuait l’effet des radiaons (la ligature préalable des artères linguales aurait ainsi un effet défavorable, avant un traitement radioihérapique).
Ces différentes règles, qui ne sont d’ailleurs pas admises intégralement par tous les auteurs, sembleraient donc permettre, en présence d’un examen histologique bien fait, de prévoir comment la tumeur réagira aux rayons. Elles n’ont malheureusement qu’une valeur très relative, du point de vue pratique, car nous avons vu que le cancer de la base linguale était loin d’être une tumeur homogène : plages nécrotiques et bourgeons néoformés voisinent ; de même que les zones de repos cellulaires avec celles en pleine activité mitosique ; et si, par exemple, dans la région où la biopsie a été faite, le stroma est bon, et l’activité cellulaire intense, facteurs éminemment favorables