‹ Le cancer de la base de la langueChapitre 24 sur 33 · SEE · texte numérisé non relu

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à l’action des rayons, il est fort possible que dans une région voisine, les réactions histologiques de la tumeur soient totalement différentes, et par suite, défavorables aux radiations.

Il ne faut donc pas demander à la biopsie plus de renseignements qu’elle n’en peut fournir ; elle nous fait faire le diagnostic de tumeur maligne, nous montre à quelle variété de tumeur maligne on a affaire : c’est déjà beaucoup (on sait, en effet, qu’un épithéhoma est beaucoup moins sensible qu’un sarcome, et que parmi les épithéliomas, le spino-cellulaire est plus résistant que le baso-cellulaire) ; mais vouloir porter un pronostic certain de plus ou moins grande radio-sensibilité, d’après l’état du stroma, ou l’activité karyokinétique de la portion de tumeur examinée, serait sûrement s’exposer à de grosses désillusions thérapeutiques.

Nous venons de voir quelle était en théorie l’action des radiations sur le cancer; nous allons étudier maintenant les règles qui permettent, dans la pratique, d’appliquer ces radiations avec le maximum d'effet

Ces conditions indispensables d'efficacité ont été bien établies par Regaud et Coutard.

— L'action du rayonnement doit s'exercer sur tout le parenchyme tumoral et, pour cela, doit le dépasser en surface et en profondeur — comme le bistouri dans le traitement sanglant.

— Ïl faut administrer une dose de rayons suffisante pour détruire toutes les cellules néoplasiques, sinon il y a récidive; mais en conservant à un degré

suffisant et en tous points l'intégrité des tissus normaux, sinon il y a radionécrose.

— De plus cette irradiation devra être homogène, c’est-à-dire s'exercer avec la même intensité et la même durée en tous les points de la tumeur.

— Le traitement devra être continu, unique, sans coupure, en une seule attaque pour le radium, en plusieurs attaques suivies, quotidiennes, pour les Rayons X, car la radio-sensibilité initiale d’une tumeur diminue au fur et à mesure des séances, en raison de l’auto-vaccination progressive du néo. En même temps il se produit un phénomène inverse dans la radio-sensibilité des tissus normaux. « Il est donc primordial, dans la radiothérapie, écrit Regaud, d’obtenir la guérison à la suite d’un traitement unique, car les traitements successifs finissent par inverser l’ordre des sensibilités entre les tissus cancéreux et les tissus généraux, la guérison est alors impossible.

— Les irradiations, d’autre part, devront être prolongées, car dans les néos épidermoïdes la structure histologique n’est pas toujours la même, la poussée ne se fait pas d’un mouvement uniforme; les phases d'activité reproductrice et de différenciation alternent, et nous avons vu plus haut que la radio-sensibilité est surtout développée dans les cellules en période de multiplication. « On est donc amene à allonger la durée d'irradiation, sans dépasser évidemment la dose correspondant au seuil moyen de radiosensibilité des tissus généraux ; on profite ainsi du retour périodique du moment de la plus grande sensibilité des cellules pour les atteindre successivement,

On ménage ainsi davantage les tissus généraux que par la méthode des doses massives et uniques qui est celle des radiothérapeutes allemands. »

Cette nécessité de l’irradiation prolongée est «onfirmée par l’expérience sur lépithélium séminal du testicule, qui possède, comme le cancer épidermoïde, une multiplication alternante : on constate que lirradiation prolongée de cet épithélium est plus efficace, à dose égale, que l’irradiation courte.

— Il est utile également d'utiliser des portes d’enirées multiples, car on ménage ainsi davantage les téguments, et, d’autre part, le croisement des radiations dans la profondeur donne un grand accroissement de la dose de Rayons X employés (les radiothérapeutes allemands ont beaucoup insisté sur ce fait).

— Enfin nous avons déjà vu la nécessité d’utiliser des radiations fortement filtrées, de courte longueur d'onde.

Il nous a paru nécessaire de rappeler ces principes généraux sur les radiations, bien qu’ils soient universellement connus à l'heure actuelle, avant d’étudier leur application au cas particulier qui nous intéresse : le cancer de la base linguale.

Nous allons voir successivement la curiethérapie et la roentgenthérapie.

La Curiethérapie.

Cette méthode s’adresse soit aux lésions initiales, soit aux adénopathies.

Le radium peut être utilisé de diverses façons :

a) CURIETHÉRAPIE INTERSTITIELLE OU AIGUILLAGE.

Elle s'exécute par les voies naturelles, les aiguilles étant introduites dans la base de la langue fortement tirée hors de la bouche. On peut s’aider, pour aborder plus facilement la base linguale, de l’incision de Jaeger, ou de la section partielle, préconisé par Sébileau, de certains haubans anatomiques qui gênent la protraction linguale : tels que piliers antérieurs, frein, muqueuse sous-linguale.

On peut également employer, pour l'introduction des tubes de radium dans la base linguale, la voie transcutanée sus-hyoïdienne.

Voici les principales caractéristiques des aiguilles de radium habituellement employées pour cette curiethérapie intestitielle :

FER INR PE 0,6 mm.

DAISSOU. es <s 0,5 mm. de platine Diamètre extérieur .... 1,6 mm.

Parfois le radium est scellé dans une cellule en platine à paroi de 0,1 mm., que l’on introduit dans lPaiguille avant de la souder.

Les aiguilles contiennent :

1, 1,33, 2, 2,66 ou 3 milligrammes de radium élément. Longueur totale :

27,7 mm. pour une aiguille de 1 mgr. de radium

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