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CONCLUSIONS

Le cancer de la base linguale doit être considéré comme un cancer pharyngé se différenciant nettement des néoplasmes linguaux antérieurs qui eux sont des cancers buccaux.

Difficile à atteindre par les voies naturelles, diagnostiqué souvent très tard, essaimant précocement dans des groupes ganglionnaires multiples, c’est un cancer particulièrement redoutable, de pronostic excessivement sombre ; beaucoup plus grave que les cancers linguaux antérieurs.

Sa thérapeutique est malaisée ; le traitement chirurgical longtemps seul employé, malgré des désastres opératoires, a fait entièrement place aujourd’hui aux agents physiques, tout au moins en ce qui concerne la lésion initiale.

Sa radio-sensibilité bien que très faible, semble cependant légèrement supérieure à celle des cancers marginaux et apicaux.

Curie-puncture, télécuriethérapie, roentgenthérapie sont les procédés thérapeutiques habituellement utilisés.

Mais ce qui fait l'intérêt du traitement radiothérapique de ce cancer, c’est le fait que le siège habituel des métastases ganglionnaires permet de prendre

celles-ci dans le même champ d'irradiation que la lésion initiale.

Le traitement qui nous semble le plus logique est donc le suivant :

On peut classer, d’une façon évidemment très théorique, les cancers de la base de la langue en trois catégories :

Première catégorie. — La lésion initiale est très étendue, l’adénopathie, volumineuse et fixée, souvent bilatérale, l’état général du malade est déficient : celui-ci n’a aucune chance de guérison quel que soit le traitement employé. On se contente de quelques séances de radiothérapie à titre purement moral ; on peut également y joindre un traitement biologique.

Deuxième catégorie. — La lésion initiale est moyennement étendue, les ganglions gros mais encore mobiles, l’état général semble assez bon ; on institue alors le traiteraent suivant :

a) Aiïguillage de la tumeur, b) Curage ganglionnaire cervical, c) Irradiation externe (télécuriethérapie ou

Rayons X).

Les résultats obtenus sont d’ailleurs toujours assez mauvais.

Troisième catégorie. — La lésion initiale est peu

étendue, l’état général est bien conservé ; il n’y a pas de ganglions, ou, tout au moins, si ceux-ci existent ils sont petits, parfaitement mobiles, ne dépassant pas le volume d’une olive, et leur siège permet de les prendre dans le champ d'irradiation de la base linguale ;

le traitement est dans ce cas uniquement confié aux agents physiques ; pas de chirurgie :

Soit que l’on fasse une curie-puncture suivie d’irradiation externe (télécuriethérapie ou Rayons X).

Soit que l’on se contente de l’irradiation externe seule.

C’est évidemment dans cette catégorie que l’on obtient les meilleurs résultats ; mais ceux-ci sont encore trop peu nombreux.

On est donc obligé de conclure que la thérapeutique du cancer de la base de la langue est loin d’être loujours efficace, puisque les meiïlleurs statistiques ne ‘lonnent que de 8 à 10 % de guérison, alors qu’elles varient entre 15 et 30 % pour les cancers linguaux antérieurs.

Il faut espérer que, dans l’avenir, ces résultats pourront être améliorés grâce à :

a) Au perfectionnement des conditions physiques d'irradiation, qui. en augmentant la puissance des foyers, permettrait d'accroître la « distance d’irradiation ».

b) A l’accroissement de nos connaissances de radiophysiologie qui permettrait de préciser la « chronologie » des séances d'irradiation.

c) Au perfectionnement des divers traitements biologiques du cancer.

Vu : Le Doyen, Le Président de la Thése, JEAN LEPINE. REBATTU.

Vu et permis d'imprimer :

Lyon, le 26 Mai 1939.

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