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VAISSEAUX COLLECTEURS ET GROUPES GANGLIONNAIRES RÉCEPTEURS

Tous ces troncs collecteurs que nous avons trouvés réunis au niveau de la région sous-amygdalienne vont disparaître dans la profondeur en traversant la paroi pharyngée à des hauteurs différentes.

Les uns traversent le constricteur supérieur du pharynx; d’autres, plus postérieurs émergent au niveau du bord supérieur du constricteur moyen. Tous, ou presque tous, vont se jetter dans un gros ganglion placé sur la jugulaire interne, immédiatement audessous du ventre postérieur du digastrique : c’est le ganglion principal des lymphatiques de la langue, le « Haupt-ganglion » de Kuttner.

Quelques troncs cependant vont se jeter plus bas, au-dessous du tronc thyro-linguo-facial, dans un élément du groupe moyen des ganglions antérieurs de la chaîne jugulaire interne.

Enfin, Rouvière a décrit quelques troncs marginaux

postérieurs qui drainent la lymphe de la partie postérieure des bords latéraux de la langue, et qui, passant en dehors de la glande sous-maxillaire, vont se jeter dans un ganglion sous-maxillaire préglandulaire.

Rouvière insiste également sur l’existence possible de petits ganglions linguaux intercalaires, inconstants, véritables petits nodules interrupteurs, situés sur le trajet même des troncs collecteurs.

Donc la majeure partie de la lymphe issue de la base de la langue aboutit à un premier échelon ganglionnaire constitué :

par les ganglions antérieurs de la chaîne jugulaire interne entre le digastrique et l’omo-hyoïdien — ainsi que quelques ganglions sous-maxillaires.

Il est évident que ces groupes ganglionnaires ne constituent qu’une étape lymphatique, souvent très vite franchie par les embolies cancéreuses, qui vont alors infester les échelons ganglionnaires suivants, c’est-à-dire les ganglions latéraux profonds du cou, les ganglions du creux sus-claviculaire, plus rarement les ganglions parotidiens ou ceux de la chaîne du spinal.

Nous n’insisterons pas sur la disposition topographique de ces groupes ganglionnaires du cou, qui a été bien décrite par Rouvière, et qu’il est nécessaire de bien connaître pour pratiquer un évidement ganglionnaire cervical complet.

Telle est donc la voie principale suivie par la majeure partie de la lymphe de la base de la langue. Mais, à côté de cette voie principale, il est une autre

ste.

voie, accessoire du point de vue anatomique et physiologique, très importante à connaître, au contraire, du point de vue pathologique, c’est la voie des ganglions rétro-pharyngiens.

Nous avons vu en effet, tout à l’heure, que les lymphatiques de la base de la langue s’anastomosaient largement, au niveau du sillon amygdalo-glosse avec les lymphatiques amygdaliens. Il est donc logique d'admettre qu’une faible partie de la lymphe issue de ia base linguale pénètre dans ces lymphatiques amygdaliens et, de ce fait, va se jeter dans les groupes ganglionaires récepteurs de la Ilymphe amygdalieune. Or si la majorité de ces groupes récepteurs se trouve située elle aussi au niveau de la chaîne jugulaire interne, les recherches anatomiques de Descomps et Josset-Moure ont montré qu’une partie de la lymphe amygdalienne se rendait directement aux ganglions rétro-pharyngiens, avant de rejoindre les ganglions supérieurs de la chaîne jugulaire interne. Donc une faible partie de la lymphe de la base linguale, empruntant les lymphatiques amygdaliens, passe par le relai des ganglions rétro-pharyngiens avant d’aboutir finalement aux ganglions de la chaîne jugulaire interne.

Il est facile de concevoir l'importance pathologique de ce relai rétro-pharyngien; en effet, certains cancers de la base de la langue pourront, de ce fait, donner des métastases dans ce groupe ganglionnaire profond, en même temps que dans le groupe jugulaire interne ; et comme ces ganglions profondément situés, en arrière du pharynx, sont inaccessibles au

chirurgien, on conçoit aisément que, dans ces cas, un curage ganglionnaire cervical, aussi complet soitil, sera insuffisant pour extirper toutes les métastases ganglionnaires du cancer de la base linguale, et qu’il faudra fatalement avoir recours aux agents 5hysiques pour essayer de stériliser ces ganglions rétropharyngiens.

Cette voie ganglionnaire accessoire décrite par Descomps et J. Moure, n’a pas été retrouvée par Rouvière; cependant il semble bien qu’elle existe, au moins chez certains sujets, comme le prouvent de façon certaine les constatations cliniques de nombreux auteurs, en particulier celles du Professeur Ducuing et de ses élèves.

Voici d’ailleurs la description qu’en donnent Descomps et J. Moure dans une « note sur les lymphatiques amygdaliens » publiés en 1909 :

« On peut diviser en deux groupes les lymphatiques efférents de l’amygdale palatine :

— un groupe antérieur qui aboutit aux ganglions sous-angulo-maxillaires et jugulo-carotidiens;

— un groupe postérieur qui se rend aux ganglions rétro-pharyngiens et carotidiens profonds.

Ces lymphatiques efférents, flexueux, au nombre de quatre ou cinq, cheminent d’avant en arrière, dans une lame de tissu cellulaire intermédiaire au paquet vasculo-nerveux du cou et à la muqueuse pharyngée, lame celluleuse individualisée par Charpy et Escat; ils aboutissent finalement aux ganglions dits rétropharyngiens, dont le supérieur, très haut situé, se trouve très rapproché de la face interne du ganglion sympathique cervical supérieur.

D’autres troncs descendent en obliquant en dehors, pour aller, à la face profonde du paquet vasculaire carotidien, rejoindre la chaîne ganglionnaire jugulocarotidiene profonde. En sorte que le paquet vasculonerveux principal du cou se trouve cotoyé en surface par la chaîne Iymphatico-ganglionnaire principale sous-sterno-mastoïdienne, et en profondeur par une deuxième chaîne moins importante. Les lymphatiques des amygdales palatines aboutissent à l’une et à l’autre par deux voies différentes, formant deux pédicules : un superficiel antérieur, et un postérieur profond qui va aux ganglions rétro-latéro-pharyngiens, accolés à la face profonde du paquet vasculo-nerveux principal du cou ».

Ces ganglions rétro-pharyngiens, décrits pour la première fois par Most, se disposent, d’après Rouvière, de la façon suivante :

1° Ganglions rétro-pharyngiens latéraux. Ils sont situés de chaque côté, dans l’espace latéro-pharyngien, près du bord latéral de la paroi postérieure du pharynx, entre cette paroi et l’aponévrose prévertébrale, au devant du muscle grand droit antérieur.

Ils répondent : en arrière, aux masses latérales de l’atlas, en avant, au voile du palais et à l’amygdale palatine, en dehors à la carotide interne et au ganglion sympathique cervical supérieur.

Ces ganglions sont constants chez le nouveau-né : au nombre de un ou deux de chaque côté, rarement trois, échelonnés de haut en bas.

Ils s’atrophient parfois en partie chez l’adulte, mais persistent toujours, au moins d’un côté. Leur absence totale est extrêmement rare.

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Quant à leurs lymphatiques efférents, ils se rendent à un ganglion externe de la chaîne jugulaire interne, situé à un niveau variable.

2° Ganglions rétro-pharyngiens médians. Ce sont de petits nodules plus internes que les précédents, accolés à la paroi postérieure du pharynx; ils sont intercalés sur le trajet des lymphatiques qui se rendent aux ganglions rétro-pharyngiens latéraux.

Ils existent une fois sur cinq. Leur siège est variable en hauteur.

De cette étude un peu longue du système lymphatique de la base de la langue, il résulte que le relai ganglionnaire principal des lymphatiques issus de la base linguale est constitué par le groupe sous-digasirique principal, et quelques ganglions sous-angulomaxillaires et sous-maxillaires, avec, comme relais intermédiaires, soit les ganglions rétro-pharyngiens, soit les petits ganglions linguaux intercalaires très anconstants.

Quant au deuxième relai ganglionnaire, il est constitué par les ganglions latéraux profonds du cou, et les ganglions sus-claviculaires.

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