‹ Le Cancer de la Grande Courbure de l'EstomacChapitre 18 sur 35 · MAD · texte numérisé non relu

MAD

Il ne nous reste donc qu’à pratiquer la gastrectomie, qui est évidemment l'opération idéale. Du reste, reportons-nous aux faits pour nous convaincre :

Sur dix-huit observations de malades que nous publions, nous avons :

Non opérés : 6.

Laparotomies exploratrices : 4.

Gastrectomies : 8.

Qu’ont donné ces 8 gastrectomies ?

Comme résultats immédiats : d’un côté, nous avons trois malades qui meurent dans les quelques jours qui suivent l’opération, un deux mois: après; de l’autre côté, quatre guérisons. Pour ces dernières, nous ne pouvons donner les résultats éloignés car ils ne sont pas indiqués. Nous savons seulement que dans l’observation Il, :deux ans et demi après la’malade était en vie. Enfin, que la malade de notre observation personnelle, le 13 janvier 1931, c’est-à-dire 14 mois après l’opération, était en ‘excellente santé.

Quant aux malades non opérés et ceux auxquels on a fait une laparotomie exploratrice, ils sont tous morts.

Nous ne pouvons donc conclure qu’en faveur de la gastrectomie.

Mais pour la grande courbure de l’estomac, cette gastrectomie offre quelques particularités.

Ce doit être d’abord une pyloro-gastrectomie et non'une! résection annulaire (quoique dans quelques observations, en particulier les observations V et VI, on ait employé le procédé avec succès, mais nous n’avons pas.les résultats éloignés). De plus, la résection annulaire offre un inconvénient : on tend à être trop économique, d’où mauvaise opération.

Cette pyloro-gastrectomie doit se terminer par: un Billroth IT ou un Polya, qui sontlà les deux procédés de: choix.

— Ab

Enfin, l'opération doit être faite en un temps. En effet, si dans le premier temps on fait une gastro-entérostomie, on est gèné ensuite dans le second temps de son intervention, d’où aucun intérêt à la pratiquer.

L'avantage de cette intervention sur la grande courbure est que l’on n’est pas obligé de remonter aussi haut sur la petite courbure comme dans les gastrectomies pratiquées pour les autres localisations. Toutefois, dans certains cas, lorsque le néoplasme siège très à gauche sur la partie haute de la grosse tubérosité, aux environs du cardia, l’opération devient plus grave, plus dangereuse, parce que plus mutilante. | ; die

Les inconvénients de l’intervention sur la grande courbure résident dans la possibilité de l’envahissement des ganglions du hile de la rate lorsque la tumeur siège sur la partie supérieure de la grande courbure ou de l’infiltration du côlon transverse et du mésocôlon lorsque la tumeur s’est «développée à son contact. N'oublions pas également que dans cette localisation l’épiploon est souvent envahi.

Pour la première éventualité, les observations que nous publions ne mentionnent aucune indication, cependant cette complication peut être possible en raison de la disposition des lymphatiques de la grande courbure et elle peut donner lieu à un curage ganglionnaire.

Quant à la deuxième, certaines de nos observations la citent. Dans ce cas, il faut faire une gastrectomie, que l’on complétera par une résection d’une partie du côlon transverse et du mésocôlon et, s’il y a lieu, par une résection de l’épiploon gastro-colique.

Cette opération, dit Leriche, a été pratiquée avec succès. Charrier et Charbonnel, dans leur article sur le traitement du cancer de l’estomac (Revue de Chirurgie de 1927), disent que l’envahissement du côlon et du mésocôlon ñe constitue

EAP =

pas une contre-indication opératoire absolue, si par ailleurs il n’y a pas d’autres contre-indications locales ou générales.

En particulier, pour la localisation à la grande courbure, ils précisent et conseillent la résection en bloc. Cette opération, qui fut pratiquée dans l’observation III, a donné un bon résultat. Quant à l’observation IX, nous ne pouvons préciser les suites opératoires.

En résumé, en face d’un cancer de la grande courbure de l'estomac, le diagnostic sitôt fait, il faut intervenir et pratiquer sur le malade une gastrectomie. Par cette opération seulement il risque d'échapper à une mort certaine.

Page 1