‹ Le Cancer de la Grande Courbure de l'EstomacChapitre 19 sur 35 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Félix Papin (inédite).

M°° C..., 65 ans, Sainte-Foix-la-Grande.

Cette malade a commencé, il y a six mois environ, à se plaindre de troubles gastriques, de pesanteur d’estomac et d’'inappétence. ;

Elle n’a consulté son médecin qu’alors que ces troubles dataient de plusieurs mois. Celui-ci, après un traitement peu poursuivi, l’a envoyé consulter un spécialiste des voies digestives.

La radioscopie pratiquée à cette occasion montre une volumineuse image lacunaire sur la grande courbure dans la position verticale de celle-ci. Le diagnostic porté par le spécialiste est celui de cancer de la grande courbure de l’estomac. Cette localisation, le gros volume de la lésion à en juger par la radioscopie, l’âge de la malade et son état général ne lui font pas conseiller l’intervention chirurgicale.

Son médecin, d'accord avec la famille pour essayer une intervention si la chose est encore possible, adresse la malade au docteur Papin, en novembre 1929.

Il s’agit d’une femme grande, faible et de teint pâle; sa paroi abdominale, tout à fait souple, laisse percevoir une masse que l’on sent monter sous le rebord costal gauche et qui descend à peu près à mi-chemin entre le rebord costal gauche et l’ombilic.

Autant qu’on puisse en juger, la masse est unique, mobile dans la partie que l’on peut délimiter, mais il est impossible

UT

d'apprécier les connexions de la portion qui s’enfonce sous le

rebord costal.

Foie non volumineux, sans métastases. Pas d’ascite. Pas d’adénopathie perceptible.

Opération (26 nov. 1929). — Anesthésie locale de la paroi et anesthésie des splanchniques. Il existe un gros néoplasme médiogastrique situé sur la grande courbure déterminant presque une biloculation gastrique, mais n’atteignant pas tout à fait la petite courbure, qui reste souple.

Bien que la masse s'enfonce sous le rebord costal gauche, la paroi abdominale est suffisamment flasque et l’estomac suffisamment atone pour qu’on puisse l’attirer de façon à permettre une gastrectomie. Celle-ci, bien que se présentant difficile et grave, est faite en accord avec la famille.

La gastrectomie est faite de droite à gauche. Avant de faire l’exérèse, et l’estomac étant rabattu vers le haut et vers la gauche, on attire la première anse jéjunale de manière à la fixer à la partie supérieure de l’estomac avant que celui-ci ne soit réséqué.

La résection de l’estomac est faite jusqu’au niveau du pôle inférieur de la rate. Le rétablissement de la continuité gastrointestinale est faite par le procédé de Polya, sur toute la hauteur de la tranche gastrique.

La pièce opératoire enlevée présentait un cancer à la fois végétant et ulcéreux situé sur la grande courbure, à quatre travers de doigt environ de l’endroit où aboutissaient les vaisseaux venant de la rate.

L'examen histologique, fait par MM. Bonnard et Piéchaud, a confirmé le diagnostic d’épithélioma.

Suites opératoires. — Les suites opératoires furent sans incidents au point de vue local, maïs l’état général de cette femme, très affaiblie et anémiée avant l’opération, donna des inquiétudes pendant dix jours (injections de sérum, cacodylate, strychnine, etc.). Les points furent enlevés le quinzième jour et la malade se leva au bout de trois semaines. Sa convalescence fut retardée par une grippe et elle ne rentra chez elle qu'au mois de février.

En juin 1930, ses nouvelles étaient très bonnes.

b Re

13 janvier 1931. — La malade va aussi bien que possible, elle a légèrement engraissé. Elle ne souffre nullement et accuse simplement un peu de flatulence après les repas. Aucun autre trouble digestif. L’appétit est bon. La palpation de son ventre n’a décelé ni douleur anormale ni tuméfaction.

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