‹ Le Cancer Du Bassinet Et De L'UrètreChapitre 6 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il n’y a pas longtemps encore, les traités de pathologie (1), soit généraux, soit spécialement consacrés aux af-. fections des reins ou des organes urinaires, passaient complètement sous silence le cancer du bassinet et de l’uretère. On y trouvait bien indiqué, au chapitre du cancer du rein, que le néoplasme peut pousser dts prolongements dans le bassinet ou encore à propos du cancer de divers organes voisins, surtout du col de lutérus, que l'uretère se trouve parfois intéressé. Mais, en dehors de ces faits de cancer secondaire, on ne trouvait rien qui püût

faire croire que le cancer du bassinet ou de l’uretère püt

1 Dictionnaires de Dechambre et de Jaccoud. — Manuel des & Agréges. — Trailés ou Manuels de Pathologie; de Grisolle, de Jaccoud, de Follin et Duplay, de Poulet et Bousquet, de Gross, Rohmer et Vautrin, de Laveran et Teissier. — Maladie des reins, par Labadie-Lagrave, 1885. — Trailé des maladies des reins, par Lecorché, 1875. — Dans ce dernier ouvrage, au chapitre de l’hydronéphrose, on trouve mentionnées comme cause possible « des tumeurs fongueuses qui nées de la muqueuse uretérale, obstruent la lumière des conduits ». Mais ce n’est là qu'une iudication isolée et comme perdue, dans un chapitre consacré à autre chose.

SIGO TOR exister conime cancer primitif, ou constituer une affection autonome. ;

Il faut arriver au Traité de Chirurgie Duplay-Reclus, au Traité de médecine Charcot-Bouchard, et au Manuel de médecine Debove-Achard, pour voir signalée, au chapitre du cancer du rein, cette notion que le point de départ du cancer du rein peut être le bassinet, et que le fait est démontré par des observations de Gaucher, Israël, B. Windle, Hartmann, Guyon, Kundrat. De même, ce n’est que dans ces derniers temps qu’on voit le Traïté des affections chirurgicales des reins et des uretères de Le Dentu (1), et le Traité de Chirurgie Duplay-Reclus, consacrer un petit paragraphe au cancer de Puretére: encore se bornent-ils à mentionner quelques observations, sans en dégager de conclusions d’ensemble ni tenter la moindre esquisse de l'affection.

Dans ces dernières années, aux observations déjà anciennes sont venues s’ajouler quelques nouvelles. Récemment, l'attention était un peu attirée sur cette question par une très intéressante observation de MM. Toupet et

aul Guéniot, puis par M. Albarran, qui vient de montrer, par deux observations, le parti qu’on peut tirer, pour le diagnostic du cancer du bassinet ou de l’uretère, du cathétérisme de l'uretère.

Il nous a semblé qu'il y avait intérêt à essayer, pour la première fois, une étude d'ensemble sur le Cancer du

bassinet et de l’uretère, Comme il s’agit d’un sujet nou-

41e Dentu. Affections chir urgicales - des rein, des PRE eg capsules surrénales. G.Masson, 1889,

veau, sur lequelles observations que nous possédons sont encore peu nombreuses, nous ne saurions avoir la prétention dans ce travail d’avoir constitué, sur aucun chapitre, une étude définitive. Mais rous avons pensé, du moins, que cette étude aurait l’utilité d'appeler l’attention sur. une question nouvelle et à peine explorée, et

d'autre part de poser en quelque sorte un premier Jalon,

en rassemblant en un faisceau les observations éparses,

en en groupant les éléments et faisant, dans la mesure : L que permettent les documents déjà acquis, une étude

d'ensemble du cancer du bassinet et de l’'uretère.

Nous avons cru dans cette étude devoir réunir le cancer du bassinet et le cancer de l’uretère. Bassinet et uretère sont en quelque sorte deux segments d’un même orqane, ayant une origine embryologique commune, une structure histologique identique, et jouant un même rôle physiologique de conduit vecteur de l'urine; au point de vue pathologique enfin, souvent associés dans leurs maladies, qui donnent lieu en grande partie à une séméioloqie commune : ce sont deux parties d’un tout, qu’on peut appeler le condutt excréteur du rein. Spécialement en ce qui concerne le cancer, si celui-ci est souvent localisé ou prédominant sur le bassinet ou sur luretère, souvent aussi il s'étend aux deux. Aussi avons-nous réuni en une seule étude le cancer de ces deux organes, employant même volontiers une dénomination mixte, le cancer pyélo-uretéral, qui embrasse l'ensemble des cas et comporte simplement quelques variétés suivant que le bassinet et

luretère sont tous deux atteints par le néoplasme ou que

ne 12e

celui-ci se localise ou prédomine sur telle ou telle partie du conduit excréteur du rein ({).

Bornant notre étude aux cas de cancer proprement dit indiscuté, nous avons volontairement exclu de notre cadre les tumeurs de nature encore mal définie connues sous les noms de papillomes ou de tumeurs villeuses du bassinet, villous diseases des Anglais, signalées dès longtemps par Rokitansky, et dont Roberts et de Morgan, Murchison, Lancereaux, Neelsen, Battle, Kohlhardt, ont publié des observations reproduites za extenso dans un récent travail, un peu confus, de J. Pantaloni (Le papillome du bassinet, Arch. province. de Chirurg., 1% janv. 1899). Il semble qu'on soit mal fixé sur la nature et sur la bénignité ou la malignité de ces néoplasmes, et peut-être y a-t-il, comme. le suppose Pantaloni, des papillomes de deux ordres, les uns malins (épithéliome, etc.), d’autres bénins (fibromes diffus, etc.). Quoi qu'il en soit, Pantaloni a opéré un malade atteint d’un papillome, qui succomba, quelques mois après la néphrectomie, à une récidive avec généralisation qui était de nature épithéliale à cellules cylindriques. D’autre part, il faut reconnaître que l’as-

pect des figures représentant les villosités du cas de

1. Pour ne pas répèter continuellement et inutilement des indications bibliographiques, toujours les mêmes, relatives aux observations publiées de cas de cancer du bassinet ou de l'uretère, nous avons banni ces indications de notre texte, pour les rassembler à la fin du travail en un index bibliographique par ordre alphabétique des noms d’auteurs. Il sera facile, en se reportant à cet index, de trouver dans quel recueil les auteurs cités dans le texte ont publié leurs observations. #

ER RE RER VS RU PENTIUM 77e # RUE: < : LE os £ è à <

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Roberts et de Morgan, par exemple, publié commé

tumeur villeuse du bassinet, d’ailleurs typique, n’est as ; ypique, P

sans quelque analogie avec celui des préparations de la

pièce de Toupet et Guéniot, reconnue comme épithélioma

végétant. Il semble donc qu'il y ait certaines transitions entre les papillomes types et d'autre part les cancers, transitions représentées par des cas d’épithélioma végétant ou papillaire comme ceux de Toupet et Guéniot ou d’Albarran, Le fait de Pantaloni semble établir de même une transition au point de vue clinique. Il y a là un pro-

blème dont la solution appartient à l’avenir.

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