EVOLUTION DU CANCER DU CCECUM
. Marche. — Le développement du cancer du cæcum suit ordinairement une évolution régulière.
Après une période de début très lente que caractérisent seuls les symptômes fonctionnels, la tumeur apparaît et avec elle commence la période d’état ou suivant la division de Mickulicz pour le cancer du cæcum, la période des signes décelables cliniquement. Dès lors la maladie évolue lentement vers la terminaison fatale que l’apparition de l’occlusiçn aiguë vient hâter dans un
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certain nombre de cas.
Durée. — La durée de l’évolution du cancer du cæcum est relativement longue. Elle atteint et dépasse dans certaines observations, 2 ans, 2 ans 1/2, 3 ans et plus. Et bien qu’il faille faire
quelques réserves pour les cas de durée aussi longue, nous
regardons comme trop courte la durée de 12 à 18 mois qu’accorde Cumston au cancer du cæcum. D’ailleurs l’impossibilité dans laquelle on se trouve de fixer exactement la date du début de l’affection ne permet pas d’apporter des chiffres exacts. Ce que l’on peut noter c’est en général la lenteur remarquable de l’évolution du cancer du cæcum.
Terminaison. — Les malades ne succombent pas en général aux progrès de la cachexie cancéreuse.
C’est d’ordinaire l’apparition d’une complication qui vient terminer la scène.
En première ligne, il faut marquer l’occlusion aiguë que nous allons étudier et qui dans bien des cas* vient hâter la terminaison fatale. (
Puis ce sont les complications septiques.
Un abcès rétro-cœcal peut s'euvrir dans la grande cavité péritonéale. Le docteur Pierre Duval nous citait récemment un cas de cancer de l’extrémité du colon ascendant pour lequel il pratiqua une iléo-sigmoidostomie ; le malade succomba quelques jours après avec tous les signes d’une péritonite aiguë et l’autopsie montra l’existence d’une perforation sur le colon ascendant cancéreux. Le contenu du colon avait diffusé dans la grande cavité péritonéale.
Métastase dans le cancer du cæcum. — - Parfois la tumeur peut envahir le péritoine qui apparaît soit sur certains points, soit dans toute son étendue couvert de nodosités cancéreuses. Il nous fut donné d’observer un cas semblable chez un malade du docteur Arrou dont Inobservation est consignée à la fin de ce travail.
L’ascite est de règle dans ces cas de propagation péritonéale ; elle est en général peu abondante et fréquemment de nature hémorragique. Dans un cas la tumeur remonta vers le diaphragme, la séreuse diaphragmatique fut intéressée et une pleurésie emporta le malade.
Lent dans son évolution le cancer se généralise rarement. Hochenegg signale un cas où après ablation de la tumeur cœcale, la récidive se fit dans la paroi rectale, ce cas ne peut être regardé comme une propagation et peut-être rentrerait-il plutôt dans les cas exceptionnels où la localisation cancéreuse se fait simultanément en deux des points du gros intestin. Ici cependant l'envahissement rectal paraît avoir été secondaire au néoplasme cœcal. C’est le foie qui est atteint presque toujours quand le cancer a le temps de se généraliser, ce qui est rare. En seconde ligne le poumon parait être l’organe le plus fréquemment atteint.
Desmirest