‹ Le Cancer du Côlon droitChapitre 24 sur 90 · FRA · texte numérisé non relu

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A. — N° 11.450 (Ogs. 38). — Nodule néoplasique (n. n.) en muqueuse saine (ep) à distance du cancer.

Envahissement d'une artère.

B. — N° 47 (Ogs. 22).

N° 2.122 (OBs. 29). — Segment B de la planche IX. Modifications de la muqueuse qui borde la crypte cr'. Les cellules, en apparence normales, ont une architecture atypique (a) basophilie marquée b).

et une

Anatomie pathologique

nants, mais leur élimination entraîne secondairement celle des tissus cancéreux. La nécrose est d’autant plus marquée que le cancer croît plus vite et que le tissu épithélial est plus abondant par rapport au tissu conjonctif. Elle aboutit à la création de vastes ulcérations, de zones hémorragiques, de fissures qui sont une voie ouverte à l'infection (obs. 27). Sur certaines coupes, on voit la nécrose prendre un aspect finement granuleux pseudo-caséeux qui, à l’œil nu, rappelle un processus tuberculeux (obs. 26). Quelquefois, si le cancer n’évolue pas trop vite, ces plages pseudo-caséeuses ont le temps de s'organiser et un processus de fibrose commence à s’y développer (obs. 33). L'extension. — Le cancer qui a débuté dans la muqueuse, se dirige de très bonne heure vers la profondeur en rompant le muscularis mucosæ, ce qui, à côté des caractères mêmes de la cellule néoplasique, est le meilleur témoin topographique de la malignité. Puis, parmi les éléments néoplasiques, certains continuent à se diriger en profondeur jusque dans la sous-séreuse, à travers les interstices conjonctivo-musculaires. D’autres glissent horizontalement dans la sous-muqueuse où l’envahissement est toujours prédominant; ils repassent souvent à travers la muscularis muscosæ qu’ils arrivent à disloquer et attaquent à nouveau la muqueuse saine par sa face profonde (pl. XIII et XIV). Ainsi, l'extension dans la sous-muqueuse déborde généralement la limite macroscopique de la tumeur, mais cette extension histologique a des aspects variables. Stæmmiler individualise deux formes : la forme massive et la forme diffuse. Dans la forme massive, le cancer forme bloc, envoie peu d’essaims dans le tissu conjonctif et le prolongement tumoral qui sape la muqueuse ne s’étend guère à plus de x centimètre (75 %), 2 ou 3 exceptionnellement (15 %, et alors il s’agit de formes colloïdes). La forme diffuse, au contraire, n’a point d’aspect nodulaire; ses cellules ne s’insinuent guère sous la muqueuse mais s’éparpillent librement en poussière, entre les fibres musculaires qui semblent les canaliser, le long des vaisseaux et jusque dans la sous-séreuse. Malgré les différences d’aspect de ces deux formes tumorales et la gravité évidente de la seconde, il serait inexact de considérer la première comme bénigne. Il faut remarquer que si, par elle-même, la masse est peu diffuse, elle envoie souvent au loin des métastases. Les vaisseaux Iymphatiques les conduisent tantôt vers la séreuse, tantôt à quelq ue distance sous la muqueuse, Les cellules malignes, charriées par les Iymphatiques, s'embolisent en un point, perforent bientôt le vaisseau et donnent naissance à des nodules secondaires qui paraissent distincts de la tumeur principale,

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Des coupes en série permettent cependant de prouver la continuité de l’envahissement néoplasique. C’est à cet essaimage à distance dans la muqueuse (pl. XVA), que M. Masson a donné le nom de métastases résurgentes. Notons toutefois les différences fondamentales qui séparent le cancer du côlon du cancer de l’estomac. Dans ce dernier, l’extension lymphatique intra-pariétale est considérable; elle est très réduite, au contraire, dans le cancer du cêlonet, en coupant l'intestin à 4 ou 5 centimètres des berges apparentes de la tumeur, les risques de récidive locale sont à peu près nuls. Quant, au contraire, à l’envahissement à distance dans les ganglions lointains, nous verrons plus tard sa fréquence et son importance chirurgicale.

L'extension profonde ne s'attaque pas uniquement aux voies lymphatiques. Les veines (obs. 48), les artères (pl. XVF) peuvent être envahies. On sait de plus la fréquente atteinte des tuniques nerveuses, surtout au voisinage des renflements ganglionnaires du plexus d’Auerbach.

L’envahissement muqueux marche de pair avec l’extension profonde. La progression de l’épithélium cancéreux qui « glisse à la surface de la basale, écrase, expulse de proche en proche les cellules normales et les remplace » (M. Masson), est bien connue (pl. If et XI). Remarquons cependant que, quand le néoplasme s'attaque à des zones hyperplasiques, le remplacement se fait beaucoup plus irrégulièrement, moins méthodiquement que quand la muqueuse est normale (pl. X et XVI).

RÉACTIONS ÉPITHÉLIO-CONJONCTIVES

Le cancer est souvent entouré d’une zone de muqueuse hyperplasiée ; certains ont voulu y trouver la preuve d’une dégénérescence progressive de l’épithélium sain sous l’influence du cancer et considèrent ces modifications comme des témoins d’un état pré-cancéreux (Hauser, MM. Quénu et Landel). La majorité pense au contraire qu’il n’y a pas dégénérescence mais seulement envahissement, et que l’hyperplasie n’est qu’une réaction de voisinage analogue et superposable à la réaction du stroma (M. Masson, Borst, Petersen et Colmers, Stæmmler). Quoi qu'il en soit, leur importance est grande.

a) Hyperplasie muqueuse de voisinage. — On la voit particulièrement bien (pl. XVI) sur les parois de la crypte Cr1 adjacente à la fissure C72 provenant de l'attaque néoplasique de la face profonde de la muqueuse. On remarquera surtout les atypies architecturales (a),

té

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une basophilie du fond des culs-de-sac (b), la tendance de certains tubes glandulaires à gagner la profondeur à travers la musculaire muqueuse, en se coiffant d’un follicule lymphoïde (Dukes), aspect visible aussi en un point de la planche XIV. Stæmmler ne considère pas cet effondrement de la musculaire muqueuse comme une preuve de la transformation maligne des cellules épithéliales, car il l'aurait observé dans des lésions banales, dysentériques, tuberculeuses ou typhiques. Quelquefois les cellules muqueuses perdent, dans des zones avoisinant le cancer, leur pouvoir sécréteur : le calice disparaît, elles deviennent plus volumineuses, moins allongées. Ce sont les cellules sombres (c. s. pl. XVIT). Leur interprétation a donné lieu à de multiples controverses, car tandis que certains y voient de simples formes réactionnelles, d’autres croient y distinguer les caractères d’un stade pré-cancé-

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